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ET APPLIQUÉE A LA DERNIÈRE CUERRE DES TIRCS

Le Seigneur est connu dans nos climats paisibles : Il habite avec nous; et ses secours visibles Ont de son peuple heureux prévenu les souhaits. Ce Dieu, de ses faveurs nous comblant à toute heure,

A fait de sa demeure

La demeure de paix.

Du haut de la montagne où sa grandeur réside, Il a brisé la lance et l'épée homicide « Sur qui l'impiété fondait son ferme, appui. Le sang des étrangers a fait fumer la terre ;

Et le feu de la guerre

S'est éteint devant lui.

Une affreuse clarté dans les airs répandue A jeté la frayeur dans leur troupe éperdue : l';ir l'effroi de la mort ils se sont dissi , Et l'éclat foudroyant des lumières célestes \ disperse leurs restes Aux glaives échappés.

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ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B ROUSSEAU

Insensés , qui , remplis d'une vapeur légère , Ne prenez pour conseil qu'une ombre mensongère Qui vous peint des trésors chimériques et vains , Le réveil suit de près vos trompeuses ivresses;

Et toutes vos richesses

S'écoulent de vos mains.

L'ambition guidait vos escadrons rapides; Vous dévoriez déjà , dans vos courses avides , Toutes les régions qu'éclaire le soleil : Mais le Seigneur se lève; il parle, et sa menace

Convertit votre audace

En un morne sommeil l.

O Dieu , que ton pouvoir est grand et redoutable 2 ! Qui pourra se cacher au trait inévitable Dont tu poursuis l'impie au jour de ta fureur? A punir les méchants ta colère fidèle

Fait marcher devant elle

La mort et la terreur.

Contre ces inhumains tes jugements augustes S'élèvent pour sauver les humbles et les justes Dont le cœur devant toi s'abaisse avec respect. Ta justice paraît de feux étincelante ;

Et la terre tremblante

S'arrête à son aspect.

Mais ceux pour qui ton bras opère ces miracles N'en cueilleront le fruit qu'en suivant tes oracles, En bénissant ton nom , en pratiquant ta loi. Quel encens est plus pur qu'un si saint exercice !

Quel autre sacrifice

Serait digne de toi !

Ce sont là les présents , grand Dieu ! que tu demandes. Peuples , ce ne sont point vos pompeuses offrandes Qui le peuvent payer de ses dons immortels : C'est par une humble loi, c'est par un amour tendre,

Que l'homme peut prétendre

D'honorer ses autels.

Venez donc adorer le Dieu saint et terrible Qui vous a délivrés par sa force invincible Du joug que vous avez redouté tant de fois ; Qui d'un souffle détruit l'orgueilleuse licence ,

Relève l'innocence ,

Et terrasse les rois.

1 Dormierunt somnum su uni, et nihil invenerunt (mines viri divitiarum in rnanibus suis. Ps. lxxv.

2 Tu terribilis es, et quis resistet tibi ? Ibid.

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