SIR LE (.UN D'OS PROCÈS IMINFI CONTRE SON MARIAGE
Quels nouveaux concerts d'allégresse Retentissent de toutes parts !
i Voyez Oi ide, Métam. m . M>. i\ et x. • Lors, probablement, du séjour que Rousseau y lit en 1721 pour l'impression de tes ou\ ragi -
ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU
Quelle lumineuse déesse Attire ici tous les regards !
C'est Thémis qui vient de descendre; Thémis empressée à défendre L'honneur de son sexe outragé, Et qui, sur l'Envie étouffée , Vient dresser un juste trophée Au mérite qu'elle a vengé.
Par la Nature et la Fortune Tous nos destins sont balancés ; Mais toujours les bienfaits de l'une Par l'autre ont été traversés.
0 déesses ! une mortelle Seule à votre longue querelle Fit succéder d'heureux accords :
Vous voulûtes , à sa naissance , Signaler votre intelligence , En la comblant de vos trésors.
Mais que vois-je? la noire Envie , Agitant ses serpents affreux, Pour ternir l'éclat de sa vie , Sort de son antre ténébreux.
L'Avarice lui sert de guide; La Malice , au souris perfide , L'Imposture , aux yeux effrontés , De l'Enfer filles inflexibles » , Secouant leurs flambeaux horribles , Marchent sans ordre à ses côtés.
L'Innocence , fière et tranquille , Voit leurs complots sans s'ébranler, Et croit que leur fureur stérile En vains éclats va s'exhaler.
Mais son espérance est trompée ; De Thémis, ailleurs occupée, Les secours étaient différés ; Et , par l'impunité plus fortes , Leur audace frappait aux portes Des tribunaux les plus sacrés.
Enfin , divinité brillante , Par toi leur orgueil est détruit, Et ta lumière étincelante Dissipe cette affreuse nuit. Déjà leur troupe confondue , A ton aspect tombe éperdue!
Leur espoir meurt anéanti ; Et le noir démon du mensonge Fuit , disparaît , et se replonge Dans l'ombre dont il est sorti.
Nesclaque humanjs precibus mansuesccre corda.
Virg. r.eorg. iv, 470.
Quitte ces vêtements funèbres , Fille du ciel , noble Pudeur :
La lumière sort des ténèbres , Reprends ta première splendeur.
De cette divine mortelle, Dont tu fus la guide éternelle, Les lois ont été le soutien.
Reviens , de festons couronnée , Et de palmes environnée, Chanter son triomphe et le tien.
Assez la Fraude et l'Injustice , Que sa gloire avait su blesser, Dans les pièges de l'artifice Ont tâché de l'embarrasser.
Fuyez, Jalousie obstinée; De votre haleine empoisonnée , Cessez d'offusquer ses vertus :
Regardez la Haine impuissante , Et la Discorde gémissante, Monstres sous ses pieds abattus.
Pour chanter leur joie et sa gloire, Combien d'immortelles chansons Les chastes filles de Mémoire Vont dicter à leurs nourrissons!
Oh! qu'après la triste froidure Nos yeux , amis de la verdure , Sont enchantés de son retour !
Qu'après les frayeurs du naufrage , On oublie aisément l'orage Qui cède à l'éclat d'un beau jour!
Tel souvent un nuage sombre ,
Du sein de la terre exhalé,
Tient sous l'épaisseur de son ombre
Le céleste flambeau voilé.
La nature en est consternée,
Flore languit abandonnée,
Philomèle n'a plus de sons ;
Et , tremblante à ce noir présage ,
Cérès pleure l'affreux ravage
Qui vient menacer ses moissons.
Mais bientôt vengeant leur injure,
Je vois mille traits enflammés
Qui percent la prison obscure
Qui les retenait enfermés.
Le ciel de toutes parts s'allume;
L'air s'échauffe , la terre fume ,
Le nuage crève et pâlit ;
Et , dans un gouffre de lumière ,
Sa vapeur humide et grossière
Se dissipe et s'ensevelit.