‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 524 sur 672 · R. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

R. ROUSSEAU

A PHILOMELE.

Pourquoi , plaintive Philomèle , Songer encore à vos malheurs , Quand , pour apaiser vos douleurs , Tout cherche à vous montrer son zèle ?

L'univers , à votre retour, Semble renaître pour vous plaire; Les Dryades à votre amour Prêtent leur ombre solitaire.

Loin de vous l'Aquilon fougueux Souffle sa piquante froidure ; La terre reprend sa verdure ; Le ciel brille des plus beaux feux.

Pour vous l'amante de Céphale Enrichit Flore de ses pleurs ; Le Zéphyr cueille sur les fleurs Les parfums que la terre exhale.

Pour entendre vos doux accents , Les oiseaux cessent leur ramage ; Et le chasseur le plus sauvage Respecte vos jours innocents.

Cependant votre âme, attendrie Par un douloureux souvenir, Des malheurs d'une sœur chérie * Semble toujours s'entretenir.

Hélas ! que mes tristes pensées M'offrent des maux bien plus cuisants!

Vous pleurez des peines passées, Je pleure des ennuis présents ;

Et quand la nature attentive Cherche à calmer vos déplaisirs , Il faut même que je me prive De la douceur de mes soupirs.

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