POUR L'HIVER
Vous dont le pinceau téméraire Représente l'hiver sous l'image vulgaire
CANTATES
D'un vieillard faible et languissant , Peintres injurieux , redoutez la colère
De ce dieu terrible et puissant :
Sa vengeance est inexorable, Son pouvoir jusqu'aux cieux sait porter la terreur ; Les efforts des Titans n'ont rien de comparable Au moindre effet de sa fureur.
Plus fort que le fils d'Alcmène , Il met les ileuves aux fers ; Le seul vent de son baleine Fait trembler tout l'univers.
Il déchaîne sur la terre
Les aquilons furieux :
Il arrête le tonnerre
Dans la main du roi des dieux.
Plus fort que le fds d'Alcmène, Il met les fleuves aux fers ; Le seul vent de son baleine Fait trembler tout l'univers.
Riais si sa force est redoutable;
Sa joie est encor plus aimable :
C'est le père des doux loisirs; Il réunit les cœurs, il bannit les soupirs, Il invite aux festins , il anime la scène : Les plus belles saisons sont des saisons de peine ;
La sienne est celle des plaisirs.
Flore peut se vanter des fleurs qu'elle nous donne;
Cérès, des biens qu'elle produit; Bacchus peut s'applaudir des trésors de l'automne : Mais l'hiver, l'hiver seul en recueille le fruit.
Les dieux du ciel et de l'onde, Le soleil , la terre, et l'air, Tout travaille dans le inonde Au triomphe de l'hiver.
C'est son pouvoir qui rassemble Bacchus, l'Amour et les Jeux :
Ces dieux ne régnent ensemble Que quand il règne avec eux.
I es dieux du ciel et de l'onde , Le soleil, [a terre et l'air, Tout travaille dans le monde Au triomphe de l'hiver
\\ CALISTO .
Déesse des forets, à VOS pieds je m'engage ' C'est encore au fécond . a L'ingénieux <^ ide que a
A mépriser l'amour, à détester ses feux. Puissé-je devenir, si je trahis mes vœux, Des objets de ces bois l'objet le plus sauvage 5 ! Calisto, ce fut là ton serment; mais, hélas! Ta fatale beauté ne le confirmait pas 2.
O beauté , partage funeste , A tous les autres préféré , Vous êtes du courroux céleste Le gage le plus assuré !
Mille embûches toujours certaines Semblent conjurer vos malheurs :
La volupté forme vos chaînes, Votre orgueil les couvre de fleurs.
D beauté , partage funeste, A tous les autres préféré , Vous êtes du courroux céleste Le gage le plus assuré !
En vain mille mortels avaient brûlé pour elle : Sa constante vertu lui fut toujours fidèle. Mais qui peut, dieux cruels, braver votre pouvoir ? Jupiter sous les traits de Diane elle-même 3 ,
Séduit enfin cette nymphe qu'il aime , Et la force à trahir ses vœux et son devoir.
Feux illégitimes, Trompeuse douceur, Dans quels noirs abîmes Plongez-vous mon cœur ?
La sombre tristesse Toujours me poursuit :
La crainte me presse .
Le repos me fuit.
Feux illégitimes, Trompeuse douceur, Dans quels noirs abîmes Plongez-vous mon cœur ?
C'en est fait; et déjà la sévère Diane I
mes redevables de cette cantate. Il a traité deux fois la fable Jiste. Vétatn. Ii\. !! , \. I09;< I P •. u ■
1 Uobjet leplussauvagi . Allusion anticip mor
phose ''H ourse.
Ta fatal beauté in h confirmait pas. littéralement traduit d'Ovide :
non formosa raisset
Jupiter, tout les tra Vi tant. :
ProUJUU iii'luilur f.nii'in i ultumque l'i-m.v. « nul. il. mil restis adetnU i
on., poslta , audo patull cum corpore crlmen.
MtlA.M. 11
A reconnu le fruit d'un malheureux amour.
Sors de mes yeux , objet profane ■ !
Ne souille plus , dit-elle , un si chaste séjour ;
Transformée en ourse effroyable, Va cacher dans les bois ta honte et tes plaisirs :
Sous cette forme épouvantable , Que Jupiter, s'il veut, t'offre encor ses soupirs 2.
Vous qui dans l'esclavage Tenez le cœur des dieux , Craignez toujours l'hommage Qu'ils rendent à vos yeux.
Aux douceurs du mystère Le calme est attaché :
Ce que la gloire éclaire N'est pas longtemps caché.
Vous qui dans l'esclavage Tenez le cœur des dieux , Craignez toujours l'hommage Qu'ils rendent à vos yeux.