‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 562 sur 672 · POUR L'HIVER · texte numérisé non relu

POUR L'HIVER

Vous dont le pinceau téméraire Représente l'hiver sous l'image vulgaire

CANTATES

D'un vieillard faible et languissant , Peintres injurieux , redoutez la colère

De ce dieu terrible et puissant :

Sa vengeance est inexorable, Son pouvoir jusqu'aux cieux sait porter la terreur ; Les efforts des Titans n'ont rien de comparable Au moindre effet de sa fureur.

Plus fort que le fils d'Alcmène , Il met les ileuves aux fers ; Le seul vent de son baleine Fait trembler tout l'univers.

Il déchaîne sur la terre

Les aquilons furieux :

Il arrête le tonnerre

Dans la main du roi des dieux.

Plus fort que le fds d'Alcmène, Il met les fleuves aux fers ; Le seul vent de son baleine Fait trembler tout l'univers.

Riais si sa force est redoutable;

Sa joie est encor plus aimable :

C'est le père des doux loisirs; Il réunit les cœurs, il bannit les soupirs, Il invite aux festins , il anime la scène : Les plus belles saisons sont des saisons de peine ;

La sienne est celle des plaisirs.

Flore peut se vanter des fleurs qu'elle nous donne;

Cérès, des biens qu'elle produit; Bacchus peut s'applaudir des trésors de l'automne : Mais l'hiver, l'hiver seul en recueille le fruit.

Les dieux du ciel et de l'onde, Le soleil , la terre, et l'air, Tout travaille dans le inonde Au triomphe de l'hiver.

C'est son pouvoir qui rassemble Bacchus, l'Amour et les Jeux :

Ces dieux ne régnent ensemble Que quand il règne avec eux.

I es dieux du ciel et de l'onde , Le soleil, [a terre et l'air, Tout travaille dans le monde Au triomphe de l'hiver

\\ CALISTO .

Déesse des forets, à VOS pieds je m'engage ' C'est encore au fécond . a L'ingénieux <^ ide que a

A mépriser l'amour, à détester ses feux. Puissé-je devenir, si je trahis mes vœux, Des objets de ces bois l'objet le plus sauvage 5 ! Calisto, ce fut là ton serment; mais, hélas! Ta fatale beauté ne le confirmait pas 2.

O beauté , partage funeste , A tous les autres préféré , Vous êtes du courroux céleste Le gage le plus assuré !

Mille embûches toujours certaines Semblent conjurer vos malheurs :

La volupté forme vos chaînes, Votre orgueil les couvre de fleurs.

D beauté , partage funeste, A tous les autres préféré , Vous êtes du courroux céleste Le gage le plus assuré !

En vain mille mortels avaient brûlé pour elle : Sa constante vertu lui fut toujours fidèle. Mais qui peut, dieux cruels, braver votre pouvoir ? Jupiter sous les traits de Diane elle-même 3 ,

Séduit enfin cette nymphe qu'il aime , Et la force à trahir ses vœux et son devoir.

Feux illégitimes, Trompeuse douceur, Dans quels noirs abîmes Plongez-vous mon cœur ?

La sombre tristesse Toujours me poursuit :

La crainte me presse .

Le repos me fuit.

Feux illégitimes, Trompeuse douceur, Dans quels noirs abîmes Plongez-vous mon cœur ?

C'en est fait; et déjà la sévère Diane I

mes redevables de cette cantate. Il a traité deux fois la fable Jiste. Vétatn. Ii\. !! , \. I09;< I P •. u ■

1 Uobjet leplussauvagi . Allusion anticip mor

phose ''H ourse.

Ta fatal beauté in h confirmait pas. littéralement traduit d'Ovide :

non formosa raisset

Jupiter, tout les tra Vi tant. :

ProUJUU iii'luilur f.nii'in i ultumque l'i-m.v. « nul. il. mil restis adetnU i

on., poslta , audo patull cum corpore crlmen.

MtlA.M. 11

A reconnu le fruit d'un malheureux amour.

Sors de mes yeux , objet profane ■ !

Ne souille plus , dit-elle , un si chaste séjour ;

Transformée en ourse effroyable, Va cacher dans les bois ta honte et tes plaisirs :

Sous cette forme épouvantable , Que Jupiter, s'il veut, t'offre encor ses soupirs 2.

Vous qui dans l'esclavage Tenez le cœur des dieux , Craignez toujours l'hommage Qu'ils rendent à vos yeux.

Aux douceurs du mystère Le calme est attaché :

Ce que la gloire éclaire N'est pas longtemps caché.

Vous qui dans l'esclavage Tenez le cœur des dieux , Craignez toujours l'hommage Qu'ils rendent à vos yeux.

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