‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 568 sur 672 · SUR UN BAISER · texte numérisé non relu

SUR UN BAISER

Par un baiser ravi sur les lèvres d'Iris, De ma fidèle ardeur j'ai dérobé le prix ; Mais ce plaisir charmant a passé comme un somre :

1 Ce n'était d'abord qu'un simple madrigal de six ver>: 1 1 l'auteur n'aurait dû changer ni le titre, ni la destination de cette petite pièce.

Au surplus, il est juste d'observer que ces dernières cantates, celle d'Europe exceptée, ont été constamment rejetées pu l'auteur, dans les éditions de ses œuvres , faites ou préparées de son vivant; mais nous n'avons pas dû les écarter de celkque nous offrons aujourd'hui au public.

Ainsi je doute encore de ma félicité : Mon bonheur fut trop grand pour n'être qu Mais il dura trop peu pour une vérité.

Amour, ceux que tu captives Souffrent des maux trop cruels ; Leurs douceurs sont fugitives, Et leurs tourments éternels.

Après de mortelles peines , Tu feins de combler nos voeux ; Mais tes rigueurs sont certaines, Et tes plaisirs sont douteux.

Amour, ceux que tu captives Souffrent des maux trop cruels ;

CANTATES

[songe; un men-

Leurs douceurs sont fugitives , Et leurs tourments éternels.

Qui peut donc m'affranchir de cette inquiétude Qui rend mon bonheur incertain?

Iris, guérissez-moi d'une peine si rude : Le remède est en votre main.

Si sur cette bouche adorable , Que Vénus prit soin d'embellir, Je pouvais encore cueillir Quelque autre faveur plus durable!

Cette douce félicité Fixerait mon âme incertaine ; Et je ne serais plus en peine Si c'est mensonge ou vérité.

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