‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 574 sur 672 · LIVRE I. n?i · texte numérisé non relu

LIVRE I. n?i

Voila comment le hou (ils de Mercure Vous préserva de sinistre aventure.

Nymphes et dieux sur vous veillent ici : Bien savent-ils, et le savons aussi , Que votre vie acquise et conservée Esl pour le bien des mortels résem e : Non des mortels de mérite indigents , Mais des mortels de vertus réfulgents.

Or, remplissez vos hautes destii Que tous vos ans soient brillantes années : Et cependant , nous autres gens de bien A notre emploi ne manquerons en rien , Vous admirant , non pas dans le silence , Mais par beaux vers et pièces d'éloquence : Tant que puissions une œuvre concevoir.

Digne de vous et de notre vouloir !

A M. LE COMTE DU Ll

ALOBS AMBASSADEUR DE FBANCK EN SL1SSK.

Ministre né pour soutenir la gloire Du plus grand roi que vante notre hisl Et pour transmettre aux yeux des nations De sa vertu les plus nobles rayons :

Depuis longtemps sur ce bord helvétique J'admire en vous le pouvoir sympathiqu De la raison , lorsque la dignité Sait de ses traits tempérer la fierté, Et retenir, par la douceur des charmes ; Les cœurs conquis par la force des armes : Car, après tout, c'est peu de poss L'art de convaincre : il faut persuader.

Le cœur encor saignant de ses blessures . Dans vos discours, même dans vos censun - . En peuple lier chérit tout a ia fois Sa liberté, sa patrie, et ses lois; Et de là vient que son âme attentive Vole au-devant du joug qui la captive; Et que l'esprit, adorant son vainqueur, Prévient en eux les révoltes du cœur.

Mais croyez-vous . pour quitter le haut style . Qu'a vos leçons il soit aussi facile De réveiller dans son obscurité l .'esprit quinteux (Yun rim< ur déroute . Qui du sommeil d'une oisi Depuis trois ans goûte >ii paix la mol, Et . détrompé <; douceurs

Dont on s'eni\re en Minant les neufSœurS, Conçoit enfin que le seul bien suprême i le tout fuir, rse chercher soi-même?

C32 ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Oui, dites-vous : un ténébreux oubli

Est du néant le portrait accompli.

Sur le sommet d'une montagne aride Est un vieux temple , où la gloire solide Tient son séjour ; et par divers chemins Vers ce seul but tendent tous les humains En tout pays, en tout siècle, à tout âge , Du plus haut rang jusqu'au plus bas étage, Princes, guerriers, ministres, courtisans, Prélats , docteurs , gens de robe , artisans , Chacun, dans Tordre où le destin le range , Veut du public mériter la louange :

Tout homme enfin brûle d'être estimé, Et n'est heureux , qu'autant qu'il est aimé.

Fort bien : je sais que le désir frivole De notre vie est la grande boussole ; Et que souvent nous faisons tous nos soins De plaire à ceux que nous prisons le moins. Mais, sans chercher si le devoir du sage Est de combattre ou de suivre l'usage , Vousêtes-vous, seigneur, imaginé Le cœur humain de près examiné , En y portant le compas de l'équerre, Que l'amitié par l'estime s'acquière?

De grands talents font toujours un grand nom. Oui J'y consens : mais beaucoup d'amis , non. De sa grandeur César fut la victime ; Et pour trouver Tendresse sur Estime " , Il faut chercher, au pays des romans , Un lieu proscrit , même chez les amants. Je dis bien plus : aux vertus de Socrate Réunissez les dons de Mithridate; Soyez orné de cent talents divers ; De vos hauts faits remplissez l'univers ; Ayez vingt fois, armé pour la patrie , Fait en vous seul admirer l'industrie , L'art , la valeur d'un parfait général ; D'un vrai héros , sage , heureux , libéral , Ajoutez-y l'air, le port, la démarche , Et des aïeux célèbres depuis l'arche :

Plus vous croirez pouvoir à si haut prix Vous acquérir les cœurs et les esprits , Plus vous aurez à combattre la rage De cent rivaux que votre gloire outrage , Et qui , toujours vous trouvant sur leurs pas, Craignent en vous les vertus qu'ils n'ont pas. Telle est du cœur la perverse nature.

« Je ne hais point ces gens, » disait Voiture »,

1 Allusion à la carte du pays de Tendre, dans le roman de délie, où l'on distingue , en effet , Tendre sur Estime, sur Inclination, sur Reconnaissance. Ce sont trois rivières , figurées sur cette-étrange carte.

2 Vincent Voiture, de l'Académie française, né à Amiens, en 1598; mort à Paris, en 1648.

Sur le propos d'un fameux cardinal,

« Dont par le monde on dit un peu de mal :

« Si sur la terre aucun ne vous croit digne

« D'être haï, c'est un fort mauvais signe. »

Mais, dira-on, n'est-il point de vertu

Franche d'atteinte , en ce siècle tortu ,

Point de talent à couvert de l'envie?

Pardonnez-moi : j'en connais dans la vie

Un qui met l'homme en pleine sûreté :

Et quel est-il ? La médiocrité.

Quelque pétri que l'on soit de malice ,

On veut paraître ami de la justice ;

Et pour montrer qu'on a le sens commun ,

Encor faut-il qu'on approuve quelqu'un :

Joint à cela que la simple machine

Vers quelque objet toujours nous détermine.

Mais pour jouir d'un caprice si doux,

Faites si bien , qu'on ne remarque en vous

Que ce qu'il faut pour donner le courage

De vous louer, et non pour faire ombrage :

Ou tenez-vous parfaitement certain

D'avoir affaire à tout le genre humain.

C'est bien avant pousser le paradoxe ;

Et ce discours serait plus orthodoxe ,

Je l'avoûrai , si mes réflexions

Se renfermaient dans les professions.

Le trop d'éclat peut blesser l'œil superbe

D'un concurrent, et c'est le vieux proverbe :

Le forgeron médit du forgeron ;

L'homme de cœur est haï du poltron :

Flore1 déplaît à la vieille coquette,

Et le rimeur porte envie au poète.

Mais voilà tout ; et sans être insensé ,

Me direz-vous , on n'a jamais pensé

Que , par exemple , un barbet d'Hippocrène

Puisse envier Alexandre ou Turenne.

Excepté ceux qui font même métier,

Chez tout le reste on trouve bon quartier.

Ainsi je veux qu'en faisant sa carrière ,

IS'otre vertu trouve quelque barrière :

Ce sont peut-être un , deux ou trois rivaux ,

Importunés de nos heureux travaux ;

Tandis qu'en nous un juge incontestable

Sait respecter la gloire véritable ;

Car le public... — Le public, dites-vous?

— Oui , le public , en dépit des jaloux , Hausse la voix , et venge le mérite Des attentats de l'Envie hypocrite.

— Bon ! Justement. C'est sur de tels discours

1 Courtisane célèbre, dont le grand Pompé* fut passionnément épris dans sa jeunesse. Elle était si belle , que son portrait l'ut placé dans le temple de Castor et de Pollux. Juvénal fait mention (satire u , 49) d'une autre courtisane du même nom.

ÉHTRES, LIVRE I.

Que les plus fins s'embarquent tous les jours. Mais ce publie , l'objet de leurs caresses , Les pousse-t-il aux honneurs , aux ricbesses? Sur cet appui sont-ils bien affermis Contre les traits de leurs fiers ennemis? « Je ne crains point leur baine conjurée : „

« La voix du peuple est pour moi déclarée ; « Je le sers bien. » C'est parler comme il faut : Dormez en paix : vous apprendrez bientôt Ce que l'on gagne à servir un tel maître ; Et l'inconstant vous punira peut-être Avant six mois , si ce n'est aujourd'hui , De tout le bien que vous faites pour lui. « Quiconque a mis, dit un auteur antique, « Son seul espoir dans l'amitié publique, « Vit rarement sans trouble et sans chagrin, « Et n'a jamais fait une heureuse fin1. » Non qu'à ses yeux on soit sur de déplaire , Dès qu'on est né vertueux : au contraire. Mais que lui sert de trouver des appas Dans la vertu , s'il ne la connaît pas ; Si tous les jours son aveugle ignorance Lui fait quitter le vrai pour l'apparence; Et si son zèle, indiscret, éventé, Fait pis encor que la malignité ?

Examinons dans les plus grandes choses Ses mouvements, leurs effets, et leurs causes.

Un moine vain, factieux , impudent, Sort de son cloître ; et , d'un faux zèle ardent , Déjà s'apprête à duper cent provinces.

Il monte en chaire ; écoutons : « Tremblez, princes ! « Tremblez , chrétiens ! depuis douze cents ans , « Vous n'avez eu foi , piété, ni sens : « Dieu n'a pour vous pris une chair fragile, « Et de son sang scellé son Evangile , « Qu'afinde tendre, en ces siècles troublés , « Un nouveau piège aux hommes aveuglés;

Et de l'Église, en tout ce long espace, « Il n'est resté ni vestige, ni trace. b Suivez-moi donc; et pour la relever, « Pour la servir, enfin pour vous sauver, « Portez partout vos fureurs téméraires. «•. Abreuvez-vous dans le sang de vos frères : « Faites trembler le trône de vos rois; « Foulez aux pieds la nature, les lois , « La piété, le devoir, la patrie :

m Allez. » Il dit. Tout s'euieut , tout s'écrie. Le peuple court aux armes, aux flambeau : Temples, autels , simulacres, tombeaux , En un instant tout n'est.plus dans les villes

1 c'est laréflexiondePausanias( tttiqw . chap, vui ,ausujel de Démosthène-, livré par on certain archias , de Thurium , a la vengeance d'Anlipater.

Qu'un vain monceau de pierres inutiles, Tristes témoins des brutales fureurs Dont ce discours a rempli tous les cœurs.

En peu de mots , voilà le protocole De ce public , notre superbe idole.

Veut-on encor quelque autre échantillon De ce droit sens qui lui sert d'aigurilon ? Faut-il ici, rappelant tous ses crimes, Lui confronter cent héros magnanimes Qu'a su noircir son souffle venimeux , Des rois puissants, des ministres fameux, Dont à jamais le temps et la mémoire Consacreront les vertus et la gloire?

Mais à quoi bon retracer dans mes vers Le déshonneur de nos aïeux pervers ?

Laissons périr dans une nuit profonde Ces noms affreux et de Ligue et de Fronde, Qu'a replongés dans l'oubli ténébreux L'ange d'un prince aussi sage qu'heureux. Parlons-en mieux : ces horreurs excitées Ne peuvent être au public imputées :

La seule voix de cinq ou six mutins Entretenait nos troubles intestins, Et rassemblait , sous ces odieux titres. Un noir concours d'implacables bélîtres ', Parmi lesquels se trouvaient , j'en conviens , Enveloppes quelques vrais citoyens, Qui naviguaient sur cette mer profane , Au gré des flots et de la tramontane J.

Oui , je sais bien qu'on peut le disculper Sur son penchant à se laisser tromper : Qu'il fut toujours la dupe des rebelles : Et que, malgré tant d'épreuves cruelles, Il ne lui faut qu'un cbétif mandarin3, Pour faire encor crier : Au Mazarin !

Mais c'est de là que je tiens pour maxime. Que qui bâtit sur sa volage estime Sa sûreté, son bonheur, son appui.

Est", s'il se peut , encor plus fou que lui : Fi qu'un troisième enfin qui ne s'applique Qu'à consulter l'autorité publique, Ft qui prétend que tout est eclairci .

Quand il a dit : n Fe public juge ainsi : o .le émis en lui comme a tous les apôtre^. ■ Kst de beaucoup plus fou que les deux autres.

Carde quel droit à ses vains jugements

i /;. Utre , de l'allemand '■ Ul» r, un mendianl , un rucux.

' Cest proprement le nom de l'étoile polaire, en tant qu'elle dirige but mer la r.iur-i' des \ aisseaux. De la l'expression familière )'i rdn /•( tramontatu , en parlanl d'un homme qui Be trouble, qui oe Bail plu- ce qu'il fui ni ce qu'il dit.

l 1 a chef tant soit peu distingué de la populace, par une supériorité quelconque, donl il abuse bientôt , pour la conduire a BOD Rré.

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

Prétendrait-on lier mes sentiments,

Si, devant lui, le merveilleux des fables

Tient toujours lieu des faits les plus palpables;

Et si sa haine ou ses affections

N'ont pour garants que les impressions

Du premier grand , qui , suivant son caprice ,

Veut ou vous perdre , ou vous rendre service?

Un homme en place, et caractérisé

Par un pouvoir qui lui rend tout aisé,

Fait , au mépris de tous tant que nous sommes

Son favori du plus affreux des hommes,

D'un imposteur, d'un fourbe invétéré :

C'en est assez. Il faut , bon gré , mal gré ,

Fùt-il vingt fois plus larron que Sisyphe ',

Et plus damné qu'Hérode , ni Caïphe ,

Le respecter comme un héros d'honneur,

Si l'on ne veut déplaire à monseigneur,

Et s'attirer la fureur inflexible

D'une cabale à qui tout est possible.

Non , non : qui veut sagement procéder,

Passé trente ans , ne doit plus décider :

Car, en un mot, le vulgaire stupide

Ne suit jamais que le plus mauvais guide,

Et ne voit rien qu'à travers les faux jours

D'un verre obscur, qui le trompe toujours.

D'un œil confus, il cherche, il développe

Quelques objets; tournez le télescope :

Ce qui d'abord lui parut un géant ,

Semble à ses yeux rentrer dans le néant.

J'en conclus donc que notre vrai salaire Doit se borner au plaisir de bien faire ; Et qu'à l'écart laissant là les humains , Le sage doit se payer par ses mains.

Toute vertu qui veut être admirée , De quelque vice est toujours bigarrée : Et quand par elle on songe à s'élever, D'un peu de fard il faut l'enjoliver.

Sans vermillon , sans clinquant, sans affiche, Le saint tout nu se morfond dans sa niche : On veut le voir paré de ses habits , Tout brillant d'or, tout chargé de rubis. Du peuple alors le zèle s'évertue :

Riais il lui faut décorer sa statue.

Sans l'éblouir on ne peut l'éclairer, Et qui l'instruit doit le savoir leurrer.

Voulez-vous donc gagner sa bienveillance, Et dérober à la nuit du silence Ces riches dons , ces talents précieux , Dont en naissant vous ont doué les cieux ?

1 Sisyphe, fils d'Éoleet d'Énarète, est célèbre dans l'antiquité mythologique par ses brigandages , et par les cruautés qu'il exerçait envers les malheureux voyageurs, après les avoir dépouillés.

Ce n'est pas tout de briller par vos œuvres ,

Il faut encor des ressorts , des manœuvres ,

Des partisans chez le sexe dévot ,

Une cabale, un théâtre; en un mot,

Tout l'attirail des petites adresses

Qui du public captivent les tendresses.

Alors partout vous verrez les mortels

Faire fumer l'encens sur vos autels ;

Et, vous offrant leurs vœux et leurs hommages,

De fleurs sans nombre égayer vos images.

Mais, en échange, adieu tranquillité ,

Adieu plaisirs, repos et liberté!

C'est peu d'avoir illustré votre vie

Par le trépas du dragon de l'envie :

Nouveau Cad mus ■ , il faut , au champ de Mars ,

Attaquer seul cent escadrons épars

Que contre vous la terre fait éclore.

Ce n'est pas tout : il faut combattre encore

Mille ennemis invisibles , cachés ,

A votre char en public attachés,

Mais en secret armés pour votre perte;

Et qui, brûlant d'une rage couverte,

Creusent sous main le gouffre ténébreux

Qui doit bientôt , sous des.débris affreux,

Ensevelir jusqu'à vos derniers restes :

Monstres cruels, et d'autant plus funestes ,

Qu'il n'est poison souvent moins redouté ,

Que le venin d'un fourbe velouté,

Qui , vous cachant sa malice imprévue,

Et d'un faux zèle offusquant votre vue ,

Du voile obscur d'une paisible nuit,

Couvre l'abîme où sa main vous conduit.

0 Jupiter ! écarte ce nuage ,

Et daigne au moins éclairer mon naufrage ! Mes ennemis ne me font point de peur ; Je ne crains rien que mon ami trompeur. Mais quoi ! faut-il qu'une crainte futile Rende le sage à son siècle inutile?

On sait assez les contre-temps divers Que la vertu souffre en cet univers.

Des imposteurs on connaît la souplesse, Et du public la maligne faiblesse , Qui , sur les mers où vous vous engagez , Faisant siffler le vent des préjugés, Voit sans pitié flotter votre fortune A la merci d'Éole et de Neptune.

Mais quand ces dieux armeraient contre vous L'onde , la terre et les cieux en courroux ; Il est des dieux plus doux , plus équitables , Qui , vous sauvant de leurs mains redoutables , Sauront pourvoir à votre sûreté

1 T'oyez Ovide, Mêtamorph. Iiv. III, v. 59 et suiv.

ÉPITRES

Contre les flots de la malignité.

Soit : je veux bien en accepter l'augure ; Et j'avoûrai , pour parler sans figure , Que par hasard nous voyons quelquefois Les gens de bien faire entendre leur voix , Quand du public les fougues méprisées Sont, par le temps, à peu près apaisées. Mais s'il s'agit de tenter quelque effort , De partager vos périls , votre sort , De repousser la brigue par la brigue, Ou de forger les ressorts d'une intrigue ; Cherchez ailleurs. Le plus petit vaurien En fera plus que tous vos gens de bien : Son zèle actif peut vous rendre service; La vigilance est la vertu du vice :

Au lieu souvent que vos amis discrets , Pour vous servir n'ont que de vains regrets. Rendez-leur donc un devoir légitime; Efforcez-vous d'acquérir leur estime ; Immolez tout à leur noble amitié, Afin qu'un jour leur oisive pitié , Par les douceurs d'une tendre homélie , Puisse enchanter votre mélancolie !

Mais toutefois , illustres mécontents, En déclamant contre les mœurs du temps , Souvenez-vous que c'est une sottise De trop parler des honneurs qu'on méprise; Que qui s'érige en censeur de la cour Doit, avant tout, la quitter sans retour; Et qu'il n'est point de spectacle plus fade, Que les éclats d'un chagrin rétrograde.

Ce mot d'avis peut , je crois, terminer Le long sermon que je viens d'entonner ; Et pour quitter la morgue cathédrale ', Souffrez, seigneur, qu'ici de ma morale J'ose égayer la sèche vérité, D'un dernier trait de la Fable emprunté.

Aux premiers temps de sa métamorphose», Pour Philomèle, a peine encore éclose, Ces lieux déserts, les paisibles forets, Furent longtemps un séjour sans attraits; El de sa sV^ur non encor séparée, Du sort d'Itvs , des fureurs de Térée , Par des accents du ciel même chéris, Elle instruisait les peuples attendris.

D'un monstre obscur le courroux indocile Lui fit, dit-on , déserter cet asile.

Dans les horreurs d'une profonde nuil .

Par l'imposture Ascalaphe conduit ,

1 Le ton pédantesque d'un professeur dans sa chaire. 1 F oyez les Métamorphoses d'Ovide, n, 660; et surtout la Jolie fable de la Fontaine, Philomèle et Progné, liv. 11!

fab- xv.

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