SUR M" LA DUCHESSE DE BOURGOGNE
Entrez , Amours, votre reine s'éveille.
Venez , mortels , admirer ses attraits : Déjà l'enfant qui près d'elle sommeille De sa toilette a rangé les apprêts.
Mais gardez-vous d'approcher de trop près! Car ce fripon, caché dans sa coiffure , De temps en temps décoche certains traits Dont le trépas guérit seul la blessure.
DE J B. ROUSSEAU
De ce bonnet , façonné de ma main , Je te fais don , me dit un jour ma belle : Sache qu'il n'est roi ni prince romain Qui n'enviât faveur si solennelle.
Malheur plutôt , dis-je , à toute cervelle Que vous coiffez : le grand diable s'y met. Va , va , j'en coiffe assez d'autres , dit-elle , Sans leur donner ni toque ni bonnet.
Qui vous aimant, ô fantasque beauté.
Veut obtenir amitié réciproque , Y parviendra par mépris affecté , Mieux que par soins ni gracieux colloque : Car je connais votre cœur équivoque; Respect le cabre, amour ne l'adoucit; Et ressemblez à l'œuf cuit dans sa coque : Plus on l'échauffé , et plus se rendurcit.
Ce pauvre époux me fait grande pitié, Incessamment son diable le promène :
Au moindre mot que nous dit sa moitié, Il se tourmente , il sue , il se démène. Fait-elle un pas; le voilà hors d'haleine : Il cherche, il rôde , il court deçà, delà. Hé! mon ami, ne prends point tant de peine *. Tu serais bien dupé sans tout cela.