‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 634 sur 672 · QUI LUI AVAIT ENVOYÉ DES VEKS QU'IL AVAIT FAITS ÉTANT MALADE · texte numérisé non relu

QUI LUI AVAIT ENVOYÉ DES VEKS QU'IL AVAIT FAITS ÉTANT MALADE

Est-ce la fièvre, est-ce Apollon,

Qui t'inspire ces sons attiques, Dignes d'être écoutés sur le sacré vallon ? Non , ce ne sont point là des songes fantastiques Qu'enfante en ses vapeurs un cerveau déréglé , De spectres, de lutins , et de monstres trouble. Mais cependant, ami, quelle peur enfantine Te fait désapprouver cette écorce divine Dont l'atlantique bord fit présent aux humains? Quoi ! toujours résister aux dons de la nature ; Mépriser la santé que tu tiens dans tes mains, Et de tes maux par choix te rendre la pâture! Prends-y garde : crois-moi, le péril est pressant. La fièvre est comme un loup cruel et ravissant Qui vers les antres sourds traîne un agneau timide , Et , des coups de sa queue hâtant ses pas rétifs , Devance le berger et le dogue intrépide Qu'appellent au secours ses bêlements plaintifs ; Bientôt le ravisseur, tout palpitant de joie, Au fond d'un bois obscur dévorera sa proie. Préviens un sort si triste , et par de prompts efforts Dissipe cette humeur pesante et léthargique, Qui peut-être pourrait , par quelque fin tragique , Que sais-je? dévorer et l'esprit et le corps.

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