‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 633 sur 672 · LETTRE A M. DE LA FOSSE · texte numérisé non relu

LETTRE A M. DE LA FOSSE

POKTF. TBAGIQ1 l ',

ÉCHITI Dl ROI in.-.! L'AI m i B \ril M.ui i\ \ usai M 1..1 i. PASSI B l v Ut< i i il IUU-:.

Depuis que nous prîmes c

Du réduit assez mal rangé ou rotre muse pythonisse Évoque les ombres d*l Ivsse,

!»•■ i ii- se et de m rdius,

i seule de ses tragédit qui soil restée au théatn, Vanliut Capitolinus, fut n | nu la premi

--■' avait e Ire i

el traduit, ou plutôt parodié Auacréon en vers mais il \ .1 . d .n- ^ .i, v *:: tut . .!.•. beautés d'un ordre rieur.

ŒUVRES POÉTIQUES DE .T. D. ROUSSEAU

Comme l'auteur d'Héraclius Faisait jadis celles d'Horace, De Rodrigue et de Curiace , J'ai quatre mauvais jours passé Sans , je vous jure , avoir pensé (Dussiez-vous me croire un stupide) Qu'il fût au monde un Euripide.

Toutefois je me souviens bien De notre dernier entretien , Que je terminai par vous dire Que j'aurais soin de vous écrire.' Je vous écris donc ; et voici De mon voyage un raccourci.

L'aube avait bruni les étoiles , Et la nuit repliait ses voiles , Lorsque je quittai mon chevet Pour m'acheminer chez Blavet.

Un carrosse sexagénaire D'abord s'offre à mon luminaire , Attelé de six chevaux blancs , Dont les côtes, à travers flancs, A supputer peu difficiles, Marquaient qu'ils jeûnaient les vigiles Et le carême entièrement.

J'entre; et dans le même moment Je vois arriver en deux bandes Trois Normands et quatre Normandes , Avec qui , pauvre infortuné, J'étais à rouler destiné.

On s'assemble , chacun se place.

Sous le poids de l'horrible masse Déjà les pavés sont broyés :

Les fouets hâtifs sont déployés , Qui de cent diverses manières Donnent à l'air les étrivières. .

Un jeune esprit aérien , Trop voisin de nous pour son bien , En reçut un coup sur le râble , Qui lui fit faire un cri de diable :

Car, si vous n'en êtes instruit, Le son qu'un coup de fouet produit (N'en déplaise aux doctes pancartes Et des Rohault et des Descartes) Vient beaucoup moins de l'air froissé, Que de quelque Sylphe fessé, Qui , des humains cherchant l'approche, En reçoit bien souvent taloche , Puis va criant comme un perdu.

Nos coursiers , ce bruit entendu , Connaissant la verge ennemie, Rappellent leur force endormie; Ils tirent : nous les excitons, Le cocher jure; nous partons.

Nous poursuivions notre aventure Lorsque l'infernale voiture , Après environ trente pas, Nous renversa de haut en bas.

Horrible fut laculebute!

Mais voici le pis de la chute :

Les chevaux , malgré le cocher, S'obstinent à vouloir marcher. En vain le moderne Hippolyte S'oppose à leur fougue subite :

Sans doute, en ce désordre affreux *, Un dieu pressait leurs flancs poudreux.

A la Gn leur fureur s'arrrête ; Et moi , non sans bosse à la tête , Avec quelque secours d'autrui , Je sors de mon maudit étui.

Par cet événement tragique Je mettrai fin à ma chronique ; Et, de peur de vous ennuyer, Je supprime un volume entier D'aventures longues à dire, Et plus longues encore à lire.

Vous saurez seulement qu'enfin J'arrivai , dimanche matin , A Rouen , séjour du sophisme , Accompagné d'un rhumatisme , Qui me tient tout le dos perclus Et me rend les bras superflus.

En ce fâcheux état , beau sire , Je ne laisse de vous écrire , Et me crois de tous maux guéri Au moment que je vous écri ; Car en nul endroit du royaume Il n'est cataplasme ni baume Qui pût me faire autant de bien Que cette espèce d'entretien.

A tant , seigneur, je vous souhaite Longue vie et santé parfaite , Et toujours ample déjeuné Des lauriers de Melpoméné ; Tandis que pour sortir de France Prenant mes maux en patience , J'attends entre quatre rideaux Le plus paresseux des vaisseaux.

' Parodie de ces beaux vers du récit de Théramène, dans Phèdre , acte V :

Et même on a cru voir, dans ce désordre affreux , Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux.

POÉSIES DIVERSES

LETTRE A M. DUCHE,

Page 1