‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 640 sur 672 · POUB MADAME ***, QUI LUI RECOMMANDAIT LE PLACET D'UN DE SES AMIS · texte numérisé non relu

POUB MADAME ***, QUI LUI RECOMMANDAIT LE PLACET D'UN DE SES AMIS

Ministre aussi sage qu'affable ,

Aussi généreux qu'équitable, Par qui le dieu Plutus , de Paris exilé ,

Doit être, ou jamais, rappelé:

Recevez ce placet que ma main vous présente ;

Et d'une dextre bienfaisante

Mettez au bas ces mots exquis :

Soit fait ainsi qu'il est requis ,

La justice vous le conseille,

Par pitié pour le suppliant.

On sait que vous savez accorder à merveille , Et l'intérêt du prince , et celui du client.

Mais peut-être m'ai lez- vous dire

Que j'en parle bien aisément, Et que ces mots qu'ici je vous presse d'écrire, Ne se prodiguent pas si libéralement.

Sans doute, et je sais bien, moi toute la première,

Qu'on me ferait telle prière Où je ne voudrais pas dire en termes précis :

Soit fait ainsi qu'il est requis.

Au sexe féminin sied bien la négative; Et quoique les beautés , surtout en ce temps-ci , Négligent quelquefois cette prérogative , L'ordre veut néanmoins que cela soit ainsi :

Mais chez vous, c'est tout le contraire.

Ministre tant qu'il vous plaira ,

Quand notre sexe vous prîra, L'ordre veut qu'aussitôt , prompt à le satisfaire , Le ministre réponde, ainsi que le marquis ,

Soit fait ainsi qu'il est requis.

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