‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 2 sur 96 · NOTICE SUR LA VIE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LA VIE

ses Recherches anatomiques sur la position des ûlandes et sur leur action.

On auroit lieu d’étre surpris que, sortant à peine de l’adolescence, notre auteur eût posé les bases les plus solides de sa réputation, si l’on ne savoit qu’en médecine comme dans d’autres carrières plus brillantes, la prématurité est un des caractères du talent; Bordeu , Baglivi , et , sans sortir de l’époque où nous vivons, Bichat s’étoient immortalisés à cet âge que l’injuste médiocrité déclare inhabile aux productions du génie. « Quant à moi j’estime, dit Montaigne, que nos » âmes sont dénouées à vingt ans ce qu’elles doibvent » être, et qu’elles promettent tout ce qu’elles pour- » ront. Jamais âme qui n’ayt donné à cet aage la arrhe » bien évidente de sa force n’en donna depuis la » preuve». L’histoire de notre art fournit, comme on voit, plus d’un témoignage en faveur de cette opinion.

Le bonnet de docteur fut accordé à Bordeu en r ^44 ? avec le titre qui dut paroître alors singulier, de médecin-chirurgien ,, titre auquel le jeune docteur paroissoit tenir beaucoup, et auquel, comme on le verra bientôt , il ne fut pas infidèle. Une déclaration du roi, rédigée par l’illustre d’Aguesseau, venoit (174^) de rétablir les chirurgiens dans l’état où ils se trouvoient avant leur ignoble alliance avec la barberie. L’Académie royale de chirurgie publioit le premier volume de ses Mémoires, et cette société naissante répandoit le plus vif éclat. Tout faisoit croire que le public, éclairé par l’autorité, renonceroit à ce préjugé bizarre, suivant lequel l’homme qui possède la plénitude des moyens que l’art de guérir met en usage , seroit inférieur à celui qui se borne à l’ein ploi de la diète et des médicamens , inhabile aux opérations chirurgicales. Cette idée absurde prenoit sa source

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