ET LES OUVRAGES DE BORDEE
Sans le meme esprit qui faisoit regarder le célibat, Eignorance , l’oisiveté comme des vertus , et la théologie comme la première des sciences. Bordeu put croire qu’à l’exemple d’Hippocrate et des anciens, il seroit désormais permis aux ministres de l’art de ne regarder aucune des parties de son domaine comme étrangère. Quelle apparence que l’esprit de corps réussît à dénaturer et à obscurcir des notions aussi simples , et que leur triomphe dût être différé jusqu’à l’époque d’un entier bouleversement des institutions sociales !
Revenu dans sa famille , Bordeu éprouva bientôt le besoin d’une instruction plus complète ; il retourna donc à Montpellier, s’y livra de nouveau à l’enseignement particulier, fit un voyage à Paris, d’où il retourna en Béarn , décoré du titre de surintendant des eaux minérales de l’Aquitaine, et paroissant principalement occupé, durant ces premières années, du projet d’assurer aux eaux minérales des Pyrénées la vogue dont elles ne jouissoient point encore. C’est dans ce projet louable et patriotique, et pour remplir les devoirs que lui imposoit le titre pompeux dont il étoit revêtu , qu’il composa cette foule d’ouvrages dont ses Hecherelles sur les maladies chroniques présentent le résumé et l’analyse. Outre ses Lettres sur les Eaux minérales du Béarn , et de quelques-unes des provinces voisines , i/z-i 2 , 1 74fi“ 1 74^9 1^ Journal de Barèges , à la rédaction duquel son père et son frère participèrent, et qui renferme plus de deux mille observations, sa Dissertation Utrum Aquitaniœ minérales aquœ Moi'his clironicis ? il n’est aucun des ouvrages de Bordeu qui ne renferme un hymne à la louange des eaux minérales de sa patrie , et l’on peut dire que c’est autant à ses efforts qu’à leurs vertus que ces eaux doivent leur juste célébrité.
vj NOTICE SUR LA VIE
Les travaux d’une pratique assez étendue, des cours d’accouchemens pour les s âges -fe mm es , l’inspection des eaux minérales et la direction des malades qui chaque année venoient s’y rendre , ne l’empêchèrent point de se livrer de nouveau aux recherches anatomiques, et le premier fruit de son retour à ces études favorites fut un Mémoire sur les articulations des os de la face. Ce Mémoire ingénieux , envoyé de Pau à l’Académie royale des Sciences, parut à cette compagnie digne d’être inséré dans le Recueil dit des Savans étrangers , et valut à Bordeu le titre de son correspondant. Il y démontre que tous les os dont l’assemblage forme la face sont disposés de manière à résister avec avantage aux efforts de la mâchoire inférieure ^ qui , en agissant sur l’arcade dentaire supérieure , tend sans cesse à pousser en haut ou à écarter en dehors les os dans lesquels sont implantées les dents de cette arcade. Son projet favori d’illustrer les eaux minérales des Pyrénées n’en étoit pas poursuivi avec moins de chaleur; le Journal de Barèges, institué dans ce but, publioitde toutes parts leurs merveilles; mais il s’aperçut bientôt que les échos de ses montagnes répandroient moins promptement leur gloire que ne le feroit leur panégyriste en transportant son séjour au sein de la capitale. Il vint donc à Paris, non sans regretter ses vallées , auxquelles il adressa un dernier adieu dans le langage simple et naïf des pâtres qui les habitoient : Hommage à la vallée (T Ossan en patois des Basques j
Ce fut en que Bordeu , âgé de trente ans , s’établit à Paris, et y annonça sa présence par la publication de l’un de ses meilleurs ouvrages , les FiechercJies anatomiques sur la position des Glandes , et sur leur action^ Le peu de temps écoulé entre son arrivée
dans la capitale et la publication de ce beau travail