PRÉLIMINAIRE
tre le système de Galien, des Chinois et des modernes, et celui de ces Recherches , il n y a d’autre rapport que celui qui doit nécessairement se trouver entre des ouvrages faits sur la même matière; mais l’objet, les vues, les preuves, tout y est diflérent; et ces différences sont si marquées, qu’ou ne sauroit trouver aucun moyen , non-seulement de soutenir, mais même de soupçonner le contraire.
Ceux qui voudront s’en mieux assurer ^ n’ont qu’à consulter \ Histoire de la médecine par Leclerc ; on y trouve un extrait exact du Traité de Galien sur le pouls. Ce qu’on sait de plus positif du système des Chinois, est rapporté dans un ouvrage connu (1). Enfin, le Dictionnaire de médecine contient une exposition très-détaillée du système des modernes.
On dira qu’au moins cet ouvrage n’est qu’une exposition et une répétition des observations de Solano : il est certain qu’on ne peut disputer à ce grand observateur d’avoir eu des idées neuves sur le pouls; il a jeté les fondemens d’un système qui doit renverser tout ce qu’on a publié jusqu’ici sur cette matière ; et quoique M. Nihell ait beaucoup ajouté aux observations de Solano, il ne sauroit pourtant, de ce côté-là, entrer en concurrence avec lui ; mais il n’y a qu’à comparer ces Recherches avec l’ouvrage de Solano, et même avec les additions de M. Nihell, pour en apercevoir les différences, qui sont en grand nombre.
Solano n’a parlé ni de pouls critique ^ ni de pouls non cri-tique ; il n’a pas observé le pouls qui annonce les crachats critiques ; il n’a pas dit un mot du pouls des règles , non plus que de celui des hémorrhoïdes ; il n’a pas connu les pouls compliqués y qu’il est cependant très-important de bien distinofuer : Solano n’a rien dit de l’action des remèdes sur le pouls ; il a omis de faire des remarques sur le pouls dans l étal de santé , remarques sans lesquelles on ne peut presque rien statuer sur les pouls dans l’état de maladie,
Solano n’a presque rien observé sur les exceptions qu’il y a à faire aux règles qu’il a établies (à quoi M. Nihell a néanmoins un peu suppléé , ainsi qu’à d’autres articles), Solano n a* parlé que fort légèrement du pouls du vomissement et de celui des urines; ce qu’il a avancé sur le pouls du dévoiement est aussi très-incomplet ; il a beaucoup trop généralisé ses observations ou ses règles sur le saignement de nez ; sa méthode pour annoncer, d’après les changeinens du pouls, le jour d’une évacuation critique , est obscure et trèsimparfaite; il n’a presque rien dit des pouls composés^ ou des pouls simples combinés entre eux; ce qui est une partie
(i) Histoire des CKinois et des Japonois , etc.,
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ass.ez considérable de l’histoire des diverses modifications du pouls.
Enfin, et c’est ici une différence bien importante entre cet ouvrage et celui de Solano , c’est que tout ce qu’il a publié sur cette matière se réduit à quelques observations fort détachées ; il ne paroît seulement pas s’étre douté qu’on pût les pousser beaucoup plus loin , et les ramener par là à des principes généraux, propres à répandre sur la théorie de l’art autant de lumière que sur la pratique : au lieu que ce sont là les vues qui forment l’objet principal de ces Recherches : partout on s’y attache à comparer , d’après une scrupuleuse observation, la marche, les phénomènes et les événemens des maladies livrées à elles-memes, ou traitées suivant les préceptes de l’art , avec toutes les diverses modifications critiques ou non critiques du pouls , observées pendant les différens temps , les divers degrés et les diverses tournures de ces maladies.
Il est vrai que , dans le commencement de cet ouvrage , on trouvera beaucoup moins de cet esprit de comparaison, d’analyse, de discussion , qu’il n’y en a dans la suite; c’est qu’en effet le sujet ne le permet pas : il falloit nécessairement commencer par l’exposition des caractères des pouls qu’on a nommés pouls simples, avant que de venir à celle des pouls composés et des pouls compliqués.
Les maladie's dont les crises sont précédées et annoncées par des pouls simples , ne sont jamais des maladies de mauvaise espérance; celles, au contraire, dans lesquelles se trouvent les pouls compliqués , sont ordinairement des maladies graves; or, comme il s’en faut de beaucoup que les différens ressorts du jeu de l’économie animale se rendent aussi sensibles, aussi reconnoissables dans de médiocres lésions des fonctions que dans un état de grandes maladies , ce n’est donc que dans l’exposition des pouls compliqués qu’on a dii placer les examens et les discussions qui ont conduit aux principes féconds et aux importantes règles qu’on a cherché à établir.
Au reste, qu’il nous soit permis de remarquer que les tnatières contenues dans toutes les parties de cet ouvrage sont liées entre elles , et par conséquent traitées de manière à se prêter réciproquement des forces : ce n’est donc qu’après avoir bien examiné leurs l’apports qu’on en pourra solidement juger.