‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 50 sur 96 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Division générale du pouls.

Le pouls naturel et parfait des adultes ^ indiqué et décrit dans le chapitre I®’' , est le point dont il faut partir pour se former une idée exacte de la division la plus générale du pouls.

Ce pouls est égal ses pulsations se ressemblent parfaitement ^ elles sont à des di^ances parfaitement égales ; il est mollet , souple , libre , point fréquent , point lent, vigoureux, sans paraître faire aucune sorte d" effort.

11 semble que l’harmonie qui résulte de Faction de toutes les parties , forme et entretienne l’existence et la durée de ce pouls parfait : quelle que soit la manière dont les organes concourent aux mouvemens du cœur et des artères , il paroît certain que l’aisance de leurs fonctions , et les compressions ou les efforts gradués et ménagés qui en sont la suite , sont la vraie cause de l’aisance et de la liberté du pouls : les vaisseaux éclateroient s’ils n’étoient

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pas contenus : s’ils sont trop comprimes , les mouvemens du sang en sonftrent : la dilatation et la constriction des artères ne sont peut-être que l’effet du contre-balancement perpétuel de toutes les parties sensibles.

Mais si quelque partie se dérange par quelque cause que ce puisse être , l’harmonie des mouvemens du corps est troublée ; le pouls se ressent de ce trouble : semblable au mouvement d’un vaisseau qui fend la mer à pleines voiles , par un vent favorable , et qui est aisément dérangé dans sa course par les cliangemens que le vent et les cordages peuvent faire dans l’effet des voiles ^ le pouls est de même troublé dans sa marche dès que quelque organe du corps fait un effbrt , une compression , un tiraillement extraordinaire.

ïl est enfin démontré , par mille expériences trop aisées à faire , que le pouls se dérange jusqu’à un certain point par la plus petite douleur, par le moindre effbrt , par une passion un peu vive.

Or le pouls naturel des adultes , duquel il est question , se dérange de deux manières principales , surtout dans les maladies : le pouls, de libre , dilaté, souple, mollet, et d’assez plein qu’il étoit , se resserre il devient fréquent, nif., dur , sec , pressé ^ il acquiert des modifications semblables à celles du pouls des enfans , quelquefois sans perdre son égalité y ou bien il se dilate , il devient plus saillant, plein , fort , fréquent et souvent inégal^ voilà donc deux cliangemens considérables et presque directement opposés : l’un apprend à se former une idée de l’autre.

La première espèce de pouls sera appelée pouls avec trop de sensibilité , pouls d’irritation , nerveux , convulsif., non critique ; ce pouls n’annonce pas d’excrétion critique , ce qui est démontré par l’expérience ^ il est très-ordinaire dans le commencement des maladies , et surtout dans les maladies nerveuses ; il mérite d’être étudié avec beaucoup de soin. Un médecin prudent devient trèscirconspect lorsqu’il le trouve , sachant bien , par son expérience , que ce pouls exclut toute crise favorable (i).

La deuxième espèce de pouls sera appelée pouls dilaté , développé , ramolli , étendu , critique , parce qu’il précède les évacuations critiques , surtout lorsqu’il se montre avec des inégalités.

Ce pouls développé est connu des médecins y il est toujours d’assez bon augure , pourvu qu’il se soutienne pendant un certain temps. Si ses pulsations sont égales en tout , et par leurs, distances et par la force de l’artère , alors il n’annonce qu’une disposition aux évacuations en général , et non point à quelque, évacuation particulière y la révolution qu’on appelle coction , ou la préparation des humeurs qui seront la matière de l’excrétion critique , se fait dans ce temps-là y mais l’organe par lequel l’excrétion va se faire , n’est pas déterminé.

Ce pouls ne demeure pas long-temps dans cette indécision , surtout dans les maladies qui parcourent promptement leur temps ; à peine se montre-t-il dans quelques-unes de ces maladies j c’est dans leur milieu ou dans leur état c^ixon l’aperçoit ordinairement,

(i) Voyez le cliapitre XXIV.

Tl faut le regarder comme une condition nécessaire pour que la crise soit complète et heureuse. S’il arrive que les excrélious qui semblent critiques ne soient pas précédées du pouls développé y et , ce qui est pire encore , qu’elles se fassent avec le pouls d’/rr/^<2/zo72 , alors il y a tout cà craindre ^ c’est le cas des complications qui seront examinées plus loin ('i)-

Toutes ces vérités seront étendues et éclaircies dans la suite ; riiistoire du pouls déx^eloppé et critique y ou qui annonce des excrétions critiques , va précéder celle du pouls à’ irritation ou non critique.

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