‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 51 sur 96 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Division du pouls développé ou critique.

Hippocrate a indiqué dans ses Aphorismes (i) une division générale des maladies , dont les commentateurs ne paroissent point avoir senti l’importance et l’étendue ; elles sont , dit-il , au-dessus ou au-dessous du diaphragme.

Hippocrate n’avoit d’autre modèle que la nature ; il ne la perçoit jamais de vue , et il savoit la suivre exactement y il se trouve en effet que le diaphragme divise le corps en deux parties , et qu’il résulte de cette division plusieurs effets très-remarquables j les maladies de nléine genre ont dans leur marche des différences essentielles, selon qu’elles sont au-dessus ou au-dessous du diaphragme.

On trouvera en son lieu , dans la suite de cet ouvrage , les remarques qu’il y a à faire au sujet d’une autre division du corps par son axe , qui le partage en deux moitiés latérales.

Il est à propos de jeter un coup d’oril sur la manière dont la première de ces divisions peut être justifiée aux yeux des anatomistes, relativement aux lois générales de la circulation.

Les troncs des gros vaisseaux sanguins percent le diaphragme : les orifices sont disposés de manière que le cours du sang ne sauroit être entièrement suspendu , et intercepté par les mouvemens de ce muscle singulier* mais est-il possible de démontrer à la rigueur, vu la manière dont l’aorte passe derrière le diaphragme , et dont elle est contenue entre ce muscle et l’épine du dos , qu’aucun effort du diaphragme ne puisse influer sur les mouvemens du San g ? ^

H seroit trop long de rapporter et de discuter ici tout ce qui regarde cette question , qui est bien digne de l’attention des anatomistes , ainsi que l’examen du passage de la veine-cave à travers le diaphragme, et son union, de meme que celle de l’aorte , avec la plèvre et le péritoine.

Quoi qu’il en soit , si , comme on l’a avancé dans le chapitre III, toutes les parties influent sur l’aclion du cœur et des vaisseaux sanguins^ et par conséquent sur les mouvemens du pouls, les parties qui sont dans des régions différentes , doivent produire des changemens différens ^ ces cliangemens doivent avoir quelque res-

(1) Voyez les chapitres XXVII, XXYIII, etc.

(2) Aphorisme 18 , section 4,

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semblance entre eux, lorsqu’ils sont l’effet de l’action des parties qui se trouvent dans la même région , sous la direction et dans le département des nerfs qui viennent des mêmes plexus.

Il suit de cette remarque, que l’action des organes du bas-ventre doit opérer sur le pouls une modification particulière ; celle des organes de la poitrine , une autre , ainsi que celle des organes de la tête.

On ne s’attend pas à trouver ici des expositions anatomiques , non plus que des discussions de théorie; d’autant plus que tout ce qui peut résulter des différences de l’action des nerfs sur le mouvement du cœur et sur celui des vaisseaux sanguins, est assez connu en général, pour qu’il soit aisé d’en faire quelque application aux efforts respectifs des parties organiques.

Mais l’observation , qui est la principale boussole à consulter , démontre qu’il y a une différence marquée entre le j)ouls des maladies dans lesquelles les évacuations critiques se font par les organes situés au-dessus du diaphragme, et celui des maladies dont les excrétions se font par les organes situés au-dessous du diaphragme ; il n’y a qu’à voir des malades pour vérifier ce fait , que les observations rapportées dans cet ouvrage mettront dans tout son jour.

On peut , ce semble , appeler l’un de ces pouls supérieur, puisqu’il paroît principalement déterminé ou régi par l’action des parties supérieures au diaphragme; et l’autre inférieur, puisqu’il paroît dépendre des efforts des parties inférieures : ils ont chacun leur caractère particulier et très-reconnoissable , comme on va le voir dans les chapitres suivans.

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