‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 52 sur 96 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du pouls supérieur , et de ses différentes especes.

Le pouls supérieur indique l’embarras des organes situés audessus du diaphragme; il précède l’excrétion critique de ces organes. Cette espèce de pouls a ses caractères particuliers trèsdistinctifs , du moins lorsqu’il est bien décidé supérieur.

11 est toujours remarquable par une réduplication précipitée dans les pulsations des artères y cette réduplication , qui le con-^ stitue essentiellement , ne par oit être que le fond d’une seule pulsation partagée en deux temps ou en deux pulsations ; elle est sujette à laisser de temps en temps des intervalles y ces intervalles sont plus ou moins longs , ou plus ou moins fréqiiens , selon la nature ou le degré de la maladie.

Cette dilatation , qui se fait en deux temps ou par un double effort, paroît assez comparable à l’effet d’un piston qui pousseroit une liqueur dans un cylindre élastique , de manière que le second jet de la liqueur n’attendît pas que le premier se fut répandu dans le vaisseau.

Ce qui caractérise donc le pouls supérieur , n’est que la dilatation qui devroit se faire naturellement en un temps y qui cependant se fait en deux temps ou par deux efforts sensibles y et qui succède à une contraction naturelle de l’ artère.

On peut compter trois espèces de pouls supérieur critique : la première est celle qui annonce , qui suit ou qui accompagne les excrétions de la poitrine 5 et par cette raison, il ne paroît guère possible de la mieux désigner que par la dénomination de pouls pectoral.

La deuxième espèce est le pouls guttural ; celui qu’on trouve , par exemple , à la tin de la plupart des. maux de gorge ordinaires et simples , et qui est suivi de crachats qui viennent des glandes de la gorge.

La troisième espèce de pouls supérieur esi\e <3/, qui précède les excrétions qui se font par le nez y cette troisième espèce est sujette à des variations qui sembleroient former une quatrième espèce , lorsque toutes les parties de la tête participent à l’etfort excrétoire , comme on le verra dans son lieu.

Il s’agit à présent de bien décrire le pouls pectoral , le gut-^ tiiral et le capital ^ ces dilFérentes espèces de pouls sont quelquefois seules , c’est lorsque l’excrétion se fait par un organe seulement : dans ces cas-Ià , le pouls sera nommé simple j le pouls compliqué sera celui qui se rencontre lorsque l’excrétion critique se fait assez librement par deux ou plusieurs organes ; on pourroit appeler cette espèce de pouls composé , et nommer compliqué celui qu’on observe dans les cas où l’effort critique se trouve interrompu ou contrarié par un état àé irritation qui s’oppose au progrès de la crise (i).

Dans quelque état que se trouvent ces différentes espèces de pouls supérieur y elles conservent toujours un caractère générai qui les fixe dans leur classe. Tout cela sera établi et décrit exactement dans les observations détaillées aux chapitres suivans.

Il sera d’abord question des pouls simples , pour passer ensuiteaux composés et aux compliqués ; c’est l’ordre le plus facile et le plus naturel y mais tel est l’enchaînement de ces matières , que l’intelligence complète de l’une dépend toujours de celle de l’autre; il faut donc les examiner toutes avec le même scrupule et la même attention , et surtout ne pas trop s’arrêter à des difficultés qu’on croiroit d’abord pouvoir se faire.

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