CHAPITRE VIL
Du pouls des excrétions critiques de la gorge, ou guttural simple.
Le pouls guttural simple , ou qui n’annonce simplement que leç excrétions des glandes de la gorge , est assez rare ; il est fort ordi-» naire de trouver ce pouls compliqué avec le pouls dé irritation ^ ou combiné avec le pectoral ou le nasal / examinons d’abord Iç pouls guttural simple. ,
Ce pouls est développé , comme le pectoral, qualité essentielle ^ ainsi qu’on l’a déjà remarqué , à toute sorte de pouls bien critique ^ il tient évidemment de la disposition qui caractérise le poul^ supérieur , c est-à-dire qu’il est fort , avec un redoublement dans chaque battement • il est moins mou moins plein, souvent plus fréquent que le pouls pectoral ^ ilparoit être intermédiaire entre le pouls pectoral décrit dans le chapitre précédent y et le nasal
qui sera décrit dans le chapitre suivant ^ il faut donc , pour con-*' noître ce pouls, avoir une idée exacte du pouls pectoral et du nasal; il lient de Tun et de l’autre de ces deux pouls ; et il se trouve sou» vent si confondu avec eux, qu’il est difficile de le distinguer d’abord ; mais on verra dans la suite que cette mé2)rise seroit de petite conséquence.
Au reste , les qualités moyennes du pouls piiltural entre celles du pectoral et du nasal ^ ])euvent être naturellement déduites de la j30sition de la gorge entre le nez et les poumons.
Obs. XIJ^ . Un homme qui avoit la mâchoire inférieure trèspetite et très-reculée , étoit sujet à des ma.ux de gorge, et en avoit déjà eu , à l’âge de trente ans , neuf attaques avec fièv]-e , gonflement des amygdales , etc. Son pouls étoit , au commencement d’une de ces attaques , XYé?>~vif , Xxh%-petit , serré , dur; il se raivollit et se développa un peu vers le quatrième jour • les glandes de gorge devinrent alors prodigieusement gonflées , et vers le sixième le pouls devint redoublé ^ à peu près comme le pectoral , mais il étoit moins souple , moins libre , les redoublemens de V artere étoient moins égaux , plus durs, plus secs , et les battemens plus fréquens qu’ils ne le sont ordinairement dans le pouls pectoral ; le malade cracha du neuf au douze une quantité iDrodigieuse de mucosité un peu puriforine , qui paroissoit évidemment sortir des glandes de la gorge y la maladie se termina par cette évacuation.
Obs. Une personne qui avoit un goitre assez considérable,
avec un gonflement habituel de toutes les glandes de la gorge , étoit fort sujette , dans tous les changemens de temps , à des maux de gorge violens ; le jio^ds étoit tendu , sec , et assez r/imdans lescommencemens de la fièvre qui accompagnoit toujours ces sortes de paroxysmes., avec une inflammation de tous les coiqDs glanduleux de l’arrière-bouche.
Lorsque la fièvre étoit dans ses derniers temps , le malade rendoit une grande quantité de matière muqueuse , glaireuse et presque purulente , et les glandes de la gorge se dégorgeoient considérablement; le fiouls étoit constamment , pendant le temjis de cette excrétion et deux ou trois jours avant, dilaté , vif, redoublé , avec quelque chose d’aigu dans les pulsations ; le malade avoit lui-même remarqué que lorsque les évacuations des glaires n-e se faisoient jjas avec aisance , la chaleur et la fièvre angmenloient, et il y avoit un saignement de nez plus ou moins abondant; on en trouvera la raison dans le chaj)itre suivant.
Obs. XVI. Ehie fille âgée de quarante ans , qui étoit au point de ]3erdre ses règles , eut un mal de gorge dans lequel les amygdales furent extrêmement prises; il en sortit dans les derniers temps de la maladie beaucoup de petits paquets de matières comme purulentes; le pouls étoit vif, concentré et fréquent dans le coininenceinent de la maladie ; il se dilata beaucoup vers le sixième jour, il devint redoublé avec une vivacité remarquable ; et depuis ce jour jusqu’au onze , les excrétions de la gorge furent Irèsabondanles; il ne sortit que quelques gouttes de sang du nez , et
tin peu de mucosité ou de matières cuites , vers la terminaison de la maladie.
Obs. XVJL Une angine se tertoine par la suppuration dans les glandes amygdales ; le pouls est , sur la fin de la maladie , dilaté , fréquent , redoublé, et le second coup de V artère dans chacune des pulsations doubles est notablement plus aigu que le précédent.
Un malade aUquel on a percé un dépôt dans une des amygdales depuis deux jours 5 a le pouls vif et convulsif', il y a "des redoublemens évidens dans les pulsations ; il sort Beaucoup de matières de Fouverture qui a été faite dans le corps de Famygdale; ce pouls continue jusqu’au déclin de la suppuration. On fera voir , en traitant du pouls propre à la suppuration , quelles sont les qualités qui le caractérisent.
Obs. XKIII. Gonflement considérable d’une des glandes maxillaires et de Famj^gdale du même côté , accompagné de fièvre avec un pouls qui est d’abord convulsif, et qui vers le septième jour de la maladie devient dur, plein, légèrement redoublé à proportion qu’il se fait une évacuation considérable de mucosité par la gorge , et que les glandes affectées reviennent dans leur état naturel.
Obs. XIX. Fièvre putride maligne , sur la fin de laquelle le pouls devient plein, assez dur, redoublé avec une vitesse re- 111 arqu cible , et faisant sur le doigt l’impression d’une sorte de pulsation aiguë ^ ce pouls fut suivi d’une excrétion abondante de crachats qui parolssoient venir de la gorge.
On Fa déjà dit au commencement de ce chapitre , le pouls guttural simple est assez rare ; il est pour l’ordinaire combiné avec le pouls pectoral et le nasal ; ce pouls de la gorge est aussi souvent compliqué avec le pouls éC irritation. ( Worez les chapitres xxm, XXIV, etc.)