CHAPITRE VIIL
Du pouls des excrétions du nez ou nasal simple.
Le pouls nasal simple est celui qui Indique que les humeurs sont portées à la tête , principalement vers les émonctoires et les vaisseaux du nez , qui sont les voies ordinaires des excrétions de la tête.
Or, comme les évacuations du nez sont communément aussi pituiteuses ou muqueuses que sanguinolentes, il arrive souvent que le pouls nasal indique une évacuation pituiteuse : d’ailleurs, l’excrétion du nez étant la plus commune de toutes celles de la tête , il suit que le pouls du nez ou nasal pourroit être pris pour le pouls qui indique d’abord des humeurs du côté de la tête.
Ce pouls a vraisemblablement ses espèces particulières , et chaque espèce ses signes caractéristiques ; mais il n’est question ici que du pouls nasal simple, comme le plus ordinaire.
Il est bon de remarquer d’avance , par rapport au pouls que, c|uoiqLi’il soit appelé simple^ il est néanmoins presque tou-
flje RECHERCHES
jours compliqué aTfîc le pouls d* irritation ^ aussi est-il rare qué rexcrétion du sang par les narines soit bien critique et termine une maladie ; elle est , le plus souvent , symptomatique , et ne juge qu’imparfaitement.
Cependant Hjppocrate dit « que ceux qui ayant des fièvres >» aiguës ont eu un flux abondant et copieux de sang par le nez , » sont tous échappés , et il n’en est mort aucun en cette consti- » tution. La fille de Larissea , qui avoit une fièvre ardente, fut » parfaitement jugée au sixième jour (quoique ce jour soit mau- 1» vais en soi) par une abondante hémorrhagie du nez, et resta » sans fièvre : Methon fut jugé à la santé le cinquième jour par »> un flux de sang de la narine gauche. »
Quoi qu’il en soit , voici les caractères du pouls nasal : il est redoublé, ainsi que le pouls guttural^ mais il est plus plein , plus dur ; il a beaucoup plus de force et de célérité.
Solano appelle ce pouls dicrotus , après les anciens (terme qui a été rendu en français par celui de rebondissant) \ il regarde ce pouls dicrotus comme un signe certain âéune hémorrhagie critique par le nez ^ mais des observations faites avec plus de soin démontrent que ce pouls n’est pas toujours suivi d’iiémorrhagie , et que cette hémorrhagie , lorsqu’elle survient , n’est pas toujours critique : voici les principales remarques qu’il y ait à faire sur cette espèce de pouls.
Premièrement, si le pouls est dur, plein, rebondissant ai>ec vivacité , et qu’il se soutienne un certain temps dans cet état, il sera presque toujours suivi du saignement de nez , surtout si on ne fait point de remèdes qui soient quelquefois capables d’interrompre ou de détourner cet effort : cette espèce de pouls, presque toujours accompagné d’un degré considérable di irritation , ne saurait , par cette raison , être aussi souvent critique que Solano l’a prétendu.
En second lieu , le pouls moins dur, moins plein , et rebondissant avec beaucoup moins de véhémence et de constance , est une deuxième espèce de pouls nasal qui paroît être plus critique, plus excréteur que le précédent j il annonce une excrétion comme purulente , muqueuse ou pituiteuse par les narines , cette excrétion est plus naturelle , et paroit être plus sûrement critique que le saignement de nez : les observations suivantes fert>nt voir que l’excrétion muqueuse des narines arrive plus souvent vers la fin des maladies, au lieu que le saignement de nez arrive souvent au commencement 5 ce qui prouve que la première évacuation est critique , et que l’autre n’est en partie que symptomatique .
Troisièmement, lorsque les évacuations critiques ou symptomatiques annoncées par le pouls nasal ne peuvent point s’exécuter par un défaut de disposition dans l’organe, ou d’une détermination convenable de la part de l’effort critique , il arrive des délires, des affections soporeuses, des érysipèles au visage, des saignemens d’oreilles , des ophtalmies : ces événemens sont déterminés par une si prompte révolution dans la marche de l’effort
critique , qu’à peine peut-on saisir les cliangemens que cette révolution doit produire dans les caractères du pouls nasal.
On a pourtant remarqué que les évacuations indiquées par le pouls nasal étant interrompues par des causes propres à produire rérvsipèle du visage , ou à déterminer le saignement des oreilles, le pouls nasal, pendant ce temps-là, ne perd presque point son caractère ordinaire ^ au lieu que dans les affections soporeuses qui y succèdent, il cesse tout d’un coup d’être nasal, et devient convulsif et non critique , comme dans les commencemens des maladies graves, surtout d’espèce nerveuse, et dans leurs funestes terminaisons (1).
Venons aux observations qui démontrent l’existence de ces trois principales espèces de pouls nasal.
Le pouls nasal simple suivi pour V ordinaire du saignement
de nez.
Ohs. XX. Un jeune homme d’une constitution robuste , paroissant être à peu près dans son état ordinaire de santé , me demanda de lui tâter le pouls l’ayant trouvé nasal bien déclaré , je dis que s’il étoit dans un état de maladie, je le croirois au moment d’avoir un saignement de nez ; il me répondit , avec un air d’étonnement, qu’il avoit saigné du nez la veille , et ce jour-là même.
Obs. XXL Un jeune homme de forte complexion est sujet presque tous les mois à des saignemens de nez très-abondans : il sent cette évacuation se préparer deux ou trois jours avant qu’elle n’arrive j la tête devient lourde , le visage rougit considérablement : je lui ai tâté plusieurs fois le pouls dans ces circonstances et en différens temps j je l’ai trouvé plein, dur, vigoureux , rebondissant avec effort presque à chaque pulsation ^ bien clairement nasal , l’hémorrhagie du nez annoncée n’a jamais manqué d’arriver; lorsqu’elle cesse, le pouls devient égal, souple, conservant cependant une sorte de pente au rebondissement.
Obs. XXII. Une fille âgée de dix-neuf ans , qui paroît trèsbien constituée, n’a jamais eu ses règles; elle est sujette presque chaque mois à un saignement de nez abondant; il est précédé d’un abattement général , à quoi se joint un violent rebondissement du pouls qui devient toujours dur, plein , fréquent , plus ou moins redoublé dans les différentes pulsations : ayant trouvé le pouls dans cet état , j’annonçai que vraisemblablement , dans trois ou quatre jours , il y auroit un saignement de nez , ce dont la fille ne fut point étonnée , parce qu’elle y étoit sujette ; ce saignement arriva en effet au troisième jour. Cette fille a désiré d’apprendre à connoître l’état du pouls qui annonce l’hémorrhagie , et elle y a très-bien réussi.
Obs. XXIII. Fièvre continue sans redoublemens bien marqués : le pouls est fréquent , serré , égal pendant les quatre pre-
(r) On trouvera dans les cliapitres XÏV et XXI beaucoup de cbos©? qui ont du rapport au chapitre préaeat.
miers jours : du quatrième au sixième le pouls se dilate , il devient plein et souple / il est, vers le septième, dur ^ fréquent, vigoureux, rebondissant à peu près de trois en trois pulsations ^ j’annOnçai le saignement de nez pour le neuvième ou le onzième jour de la maladie : le pouls est rebondissant juqu’au neuf^^ depuis ce. jourlà jusque vers le quatorzième , il y a un saigneinent de nez qui a paru à plusieurs reprises : vers le vingt le pouls redevient à peu près naturel , et le malade entre en convalescence.
Obs . XXJT^. Fièvre continue avec des redoublemens sans frisson : le pouls est resté, malgré les remèdes ordinaires, indécis, serré , coiu^ulsif , fréquent , jusque vers le onzième jour delà maladie ) alors le pouls devient rebondissant à peu près à chaque septième ou huitième pulsations : j’annonçai le saignement de nez , sans oser me hasarder à déterminer le jour. Le rebondissement fut plus manifeste et presque à chaque pulsation au treizième ; il sortit quelques gouttes de sang du nez au quatorzième : le rebondissement fut encore plus marqué au quinzième ) au seizième , FhémOrrhagie du nez fut plus considérable ) au dix-huitièrne , le rebondissement devint continuel , et le sang se mit à couler par petites gouttes sans discontinuer jusqu’au vingtième j du vingt au vingt-cinq , le rebondissement du pouls reparut , et fut suivi à peu près de la même espèce de saignement de nez* du vingt-cinq au trente , le pouls revint dans son état naturel , et le malade parut entrer en convalescence.
Obs. XX . Un jeune homme âgé de vingt-cinq ans ou environ , qui n’a point de luette , et dont le voile du palais est trèsrepoussé vers les orifices de l’arrière-narine , est fort sujet à l’enciiifrenement et aux excrétions muqueuses du nez • le sang paroît souvent se porter à la tête : le pouls est naturellement fréquent , plein, assez fort, tendant au rebondissement : la fièvre le prit, le pouls devint bientôt tres-redoublé presque à chaque pulsation ; vers le cinquième jour il devint tres-dur et très-fort, j’annonçai que le saignement de nez viendroit incessamment ) il arriva en £Êfet d U six au sept^ et très-abondamment.
Obs. XXJ^I. Érysipèle au visage dans une fille : le pouls est dur, fréquent , vigoureux , rebondissant presque à chaque pulsation au quatrième jour de la maladie : le pouls étant dans cet état , je présumai que malgré l’érysipèle il falloit s’attendre à un saignement de nez* il arriva en effet fort abondamment, et à plusieurs reprises, du neuf au onze ^ la malade entra en convalescence dès le treizième jour, l’érysipèle ayant parcouru tous ses temps.
Obs. XXXIÏ. Un homme tomba d’un lieu élevé : il eut une contusion considérable à la tête , et un côté du visage fort meurtri : le pouls devint, trois jours après la chute, dur, tendu, redoublé presque à chaque pulsation ^ il se soutint dans cet état malgré trois saignées , deux du bras , une du pied y il survint vers le septième jour de la chute un saignement de nez qui dura plusieurs jours à diverses reprises y les accidens diminuèrent à pro-
SUîl LE POULS. a;9
portion , et le pouls redevint dans son état naturel. {P^ojez les cii-apitres XXI , XXVII , XX^III. )
Le pouls nasal simple qui nest suivi ni d’hémorrhagie ni d’ au^
cime excrétion par le nez.
Obs. XXJ^IIÎ. Une fille âgée de vingt ans étoit vers le seizième ^oiir d’une fièvre continue avec des redoublemens ; le pouls devint tout d’un coup assez plein et rebondissant presque à chaque pulsation ; il étoit cependant moins dur que lorsqu’il est certainement suivi du saignement de nez ; clifiérence qui ne m’empêcha point d’annoncer ce saignement : au lieu de l’iiémorrliagie , il survint du dix-sep tieme’^au dix-liuitième jour, sur tout le visage, un érysipèle considérable qui dura plusieurs jours.
Obs. XXIX. Douleur sourde qui subsiste depuis quatre jours dans un homme très-bien constitué ^ elle occupoit les gencives supérieures et inférieures du côté droit : le pouls fut au quatrième jour vif , fréquent , mais médiocrement rebondissant., et seulement par intervalles : j’attendois un saignement de nez qui ne vint point ^ il survint, du six au sept, une grosseur considérable à la parotide , qui vint à suppuration • le pouls resta rebondissant pendant les premiers jours de l’engorgement de cette glande.
Obs. XXX. Une fille Agée de trente-cinq ans, très-bien constituée , ou du moins qui le paroissoit , n’avoit jamais eu ses règles qu’une fois j elle avoit chaque mois, à la place de cette évacuation, une espèce de tumeur générale du visage, qui avoit l’air d’un érysipèle , et qui restoit dans cet état pendant deux ou trois jours : elle avoit habituellement le pouls développé , fort , un peu redoublé f et pendant l’accident il devenoit décisivement rebon-' dissant, nasal, avec une certaine mollesse qui ne m’empêchoit pas de soupçonner qu’il arriveroit un saignement de nez • ce saignement ne paroissoit pourtant que très-rarement : le pouls revenoit dans son état ordinaire après chaque paroxysme , et souvent l’épiderme du visage tornboit par écailles dans les endroits oh il avoit été fort afi'ecté.
Obs. XXXI. Un jeune homme très-vigoureux , ayant cependant la peau d’un jaune rembruni , eut une fièvre continue dans laquelle le pouls se montra un peu rebondissant vers le quatrième jour J il sorloit en même temps quelques gouttes de sang de la narine droite : le rebondissement augmenta vers le quatorzième jour J il annonçoit par conséquent un saignement de nez plus considérable ; mais il en arriva tout autrement j la tête s’embarrassa avec un léger délire vers le dix-huitième ^ deux jours après il survint un assoupissement léthargique , auquel succéda une hémiplégie du côté droit.
Il faut observer que ce malade fut saigné plusieurs fois du bras et du pied, et qu’il avoit eu l’année précédente une maladie à peu près du même genre , mais beaucoup moins considérable , qui s’étoit heureusement terminée par un saignement de nez fort abondant.
28o recherches
Obs. XXXÎI, Une fille âgée de vingt ans , bien constituée et bien réglée , se plaignoit d’un peu de mal à la tête , et eut un peu de fièvre le jour avant d’avoir ses règles ; elle se fit saigner du bras, et elle tomba dix heures après la saignée en une sorte d’apoplexie. Je fus appelé ; je trouvai le pouls un peu rebondis-sant, mais petit , fréquent , fort couifulsif ^ ^e fis faire plusieurs saignées du pied avec peu de succès ) il sortit quelques gouttes de sang du nez , mais la malade mourut bientôt après. On trouva la base du crâne et les ventricules du cerveau pleins de sang : les tégumens de la tête étoient ecchjmosés ^ comme meurtris.
Obs. XXXIJI, Un homme de forte constitution eut un accès de colère si violent , que quatre personnes pouvoient à peine le retenir, et il paroissoit être en phrénésie ^ après s’être fort tourmenté , il tomba dans une espèce d’assoupissement j il avoit le visage fort rouge , aiiisi que les oreilles et toute la peau de la tête 'y le pouls étoit extrêmement vif , fréquent , concentré ^ rebondissant presque à chaque pulsation ^ cet homme eut quelques heures de sommeil y il se releva se portant mieux , et n’eut point de saignement de nez. On trouvera l’explication de cet événement dans le chapitre qui regarde le temps pour lequel le pouls annonce les évacuations.
Obs. XXXI . Une femme âgée de trente ans , qui n’avoit point eu ses règles depuis trois mois , devint sujette à un mal de tête presque habituel ; elle saigna très-peu du nez ; on la saigna du pied , et deux jours après elle eut une attaque de convulsion fort approchante de l’épilepsie , à laquelle succéda une légère attaque d’apoplexie ; la malade revint de cette attaque , et resta dans un état d’étonnement et d’égarement pendant lequel elle avoit le pouls rebondissant presque à chaque pulsation , mais tre s-convulsif ^ elle fut saignée du pied , et quelque temps après elle eut une autre attaque dont elle mourut sans avoir eu de saignement de nez.
On trouve souvent le pouls rebondissant à la suite des coups violens à la tête , et des fractures du crâne j mais il n’y a pas toujours de saignement de nez : ce pouls redoublé se trouve aussi quelquefois dans les apoplexies sans saignement de nez.
Ces observations prouvent que le pouls rebondissant n’est pas toujours suivi du saignement de nez : mais elles prouvent aussi que ce pouls est certainement l’effet d’un abord extraordinaire d’humeurs vers la tête. C’est ce que M. Nihell a bien remarqué dans l’ouvrage cité dans la préface.
Au reste , il paroît qu’il y a si peu de différence entre le saignement de nez et celui des oreilles , qu’on ne rappelle ce dernier qu’en passant; on l’a quelquefois vu se joindre au saignement de nez , et je l’ai trouvé deux fois précédé du pouls rebondissant , sans qu’il y eut de saignement de nez ; avec ceci de singulier, que le pouls du côté de l’oreille par laquelle se faisoit l’hémorrhagie j, étoit beaucoup plus fort et plus redoublé que l’autre (i)..
(i) Voyez cLapitre XXXL.
Le pouls nasal simple suivi d' excrétions muqueuses.
Celte esjîèce de pouls nasal simple n’est pas moins rare que celle qui précède les saignemens de nez : on la trouve , ainsi que Fautre , presque toujours compliquée avec le pouls d'irritation{i).
Obs. XXXV. Une fille âgée de quinze ans , qui n’a pas encore été réglée , est fort sujette à l’enchifrenement ^ il y a même quelque chose de périodique dans cette incommodité j elle revient à peu près tous les mois , et elle finit constamment par une excrétion abondante de sucs muqueux par les narines. Le pouls est toujours nasal pendant le temps qui précède et qui accompagne cette excrétion 5 il est .surtout plus redoublé vèrs la fin du jour : les pulsations sont bien moins dures que pour le saignement de nez * elles le sont plus que dans les excrétions critiques de la poitrine.
Obs. XXXVI. Le pouls devient redoublé et bien nasal vers le quatorzième jour d’une fièvre continue : j’annonçai un prochain saignement de nez : le surlendemain le pouls fut moins dur , le rebondissement moins vif ^ il survint vers le vingtième une sorte de fluxion catarrheuse qui se jeta également sur le nez et sur les yeux , avec une excrétion fort abondante de pituite ou de mucosité purulente par le nez ; cette mucosité n’étoit que jaune et point teinte de sang , comme cela arrive souvent j c’est par là que la maladie fut terminée.
Obs. XXXVII. Érysipèle au visage : le pouls est nasal vers le quatrième jour : il sort au sixième trois ou quatre gouttes de sang de la narine du côté le plus affecté , qui étoit le droit y vers le douzième et le seizième , il sort du nez beaucoup de mucosités purulentes , et beaucoup de glaires ou de sucs pituiteux , et la maladie fut heureusement terminée par cette excrétion.
Obs. XXXVIII. Fièvre maligne avec une sécheresse considérable de la bouche , noirceur de la langue , tension et gonflement du ventre , rebondissement évident du pouls , qui étoit d’ailleurs petit , vif, fréquent , trés-convulsif : cette maladie paroît jugée vers le vingt-cinquième jour par une copieuse excrétion de mucosité purulente qui sort du nez : le pouls reste néanmoins dans le niême état : le malade meurt vers le trentième * il sort du nez , pendant l’agonie et même après la mort , une quantité prodigieuse de la même mucosité.
Il est assez ordinaire de voir finir les fièvres putrides par une excrétion des narines • tout le monde sait que lorsqu’elles sont sèches , c’est un mauvais signe , et que lorsqu’elles commencent à s’humecter , ainsi que la langue , la maladie entre dans ses derniers temps.
On a souvent trouvé dans ces sortes de maladies , quelle qu’en ait été la terminaison, que le pouls avoit été rebondissant vers le commencement, sans être suivi de saignement de nez. Lorsqu’à la fin de la maladie , le pouls ayant perdu de sa force et de sa dureté , il se faisoit par les narines des excrétions muqueuses ou
(1) roy€z chap, XVÎI; ? «'iv.
aSz RECHERCHES
purulentes , le pouls nasal cîemeuroit plus ou moins rebondissant , plus ou moins dilaté et souple , selon qu’il y avoit plus ou moins d’obstacles à la crise.
Obs. XXXIX. ÏJn jeune homme a l’intérieur des narines plein de croûtes ou de gales qui augmentent en de certains temps ; il survient alors des maux de tête violens j le pouls est évidemment Tedouhlé y le mal de tête cesse lorsqu’il coule parles deux narines une grande quantité de sérosité et de mucosité : ce flux muqueux est pour ainsi dire périodique. II n’est pas rare d’en trouver de cette espèce.
Obs. XL. Un jeune homme , âgé de dix-neuf ans , a un polype au nez • ce polype devient douloureux périodiquement ^ le pouls est rebondissant pendant la fin de ces accès de douleur , et quel" quefois vers les comrnencemens j ces sortes d’accès finissent par une abondante évacuation muqueuse , et quelquefois légèrement teinte de sang.
Obs. XLI. Un homme âgé de quarante ans est sujet à des rhumatismes passagers , mais fort douloureux • il a de temps en temps , pendant l’accès , des douleurs vives au fondement : il survient ensuite un enchifrenement qui est suivi d’une abondante évacuation <ie pituite par le nez; ce qui termine le paroxysme; cet homme paroît avoir habituellement le pouls tendant au rebondissement , qui devient évident lorsque l’évacuation du nez se décide.
Obs. XLII. Une femme qui s’exposa trop tôt à l’air à la suite de sa troisième couche , ne fut point réglée comme elle avoit accoutumée de l’être le deuxième mois; elle fut attaquée d’une violente douleur, comme rhumatismale , vers les parties supérieures des épaulés et celles du sternum ; la douleur s’étendit peu à peu jusqu’aux oreilles et jusqu’à la tête , surtout vers les sinus frontaux ; la fièvre étoit vive avec des redoublemens tous les soirs ; le pouls parut rebondissant en quelques pulsations vers le quatorî’ième jour; les redoublemens de la fièvre diminuèrent; le pouls fut presque continuellement rebondissant , et un peu mou vers le vingtième ; du vingt-cinquième au trentième il sortit par le nez , à différentes reprises , une grande quantité de matière ,
purulente , mêlée de beaucoup de matière séreuse ; la malade demeura pourtant avec un enchifrenement considérable ; ses yeux étoient très-chargés ; le derrière des oreilles étoit fort humide ; l’évacuation des na; "nés se soutenoit toujours : le pouls étoit continuellement rebondissant ^ il changea enfin, il devint inférieur , et les règles parurent , qui terminèrent la maladie.
Obs. XLIIT. Un malade qui avoit les os propres du nez cariés , ainsi que rethmoïde , et une portion des os du palais , é\ acuoit de temps en temps beaucoup de pus et de matières ichoreuses par le nez ; il avoit souvent le pouls rebondissant.
La même chose arrivoit à un homme qui s’étoit fracture les os du nez ; mais quoique récoiileraeiit des matières fût presque constant , le pouls n’étoit pas toujours rebondissant.
Un homme qui a reçu un coup violent sur la tempe gauche ,
rend souvent par îa narine de ce côté beaucoup de matière punforme , et quelquefois du sang ^ il a très-souvent et presque habituellement le pouls redoublé et nasal.
On voit au reste , par toutes ces observations , la comparaison qu’il y a à faire dans le pouls nasal , comme dans toutes les autres espèces de pouls critiques , entre les mouvemens qui les caractérisent et la nature de îa maladie. Il paroît que dans les maladies graves , ou dans celles qui arrivent à des corps mal constitués , il ne faut pas toujours absolument compter sur les événemens qui semblent être annoncés par les divers pouls critiques.