CHAPITRE XIX
De la combinaison des supérieurs avec le pouls întestinaî.
Il est plus ordinaire de trouver l’espèce de combinaison ou de composition dont il s’agit ici , que celle qu’on a examinée dans le chapitre précédent.
Le dérangement des fonctions des viscères du bas-ventre entrant toujours pour beaucoup dans la plupart des maladies , il n’est pas .surprenant que les changemens du pouls qui annoncent ou qui suivent ces dérangemens et leurs effets , soient très-fréquens y ainsi on trouvera facilement les occasions de reconnoître la combinaison des pouls supérieurs avec le pouls intestinal.
On verra dans les observations les diverses espèces de pouls critiques , tantôt se succéder l’une à l’autre dans les redoublemens ou dans les divers temps des maladies , tantôt se présenter presque en même temps ou se succéder très-rapidement.
Au reste , on les trouve plus ou moins dominantes les unes sur les autres , selon les déterminations plus ou moins difficiles de l’effort critique. Tout cela se présentera d’une manière très-sensible au doigt d’un observateur attentif.
Obs. XCJ^I. Le pouls est vif , fréipænt , rebondissant jeune sujet , au cinquième jour d’une fièvre continue. Il y avoit eu cinq saignées du bras , qui n’empêchèrent pas que le saignement de nez annoncé par le rebondissement ne parut vers la fin du sixième jour. Au milieu du septième le pouls change subitement y sans qu’on puisse l’attribuer à l’action d’aucun remède y
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îî devient inégal, sautillant avec quelques intermittences ^ le ventre grouille ^ un purgatif léger, placé heureusement le lendemain , huitième de la maladie , produit des évacuations considérables J le pouls redevient peu à peu supérieur les jours suivans ; ses pulsations sont égales , dilatées , redoublées avec souplesse ; le ventre se resserre malgré Tusage des apozèmes légèrement purgatifs , et les crachats paroissent vers le onzième jour ^ les crachats sont plus cuits et plus ahondans vers le quatorzième , et vers le vingt la maladie est terminée.
Obs. XCJ^ II. Fièvre assez considérable , mais sans aucun fâcheux accident, dans un vieillard que je n’ai eu occasion de voir que le onzième jour. Il y avoit eu au septième un dévoiement spontané très-abondant : ce dévoiement dure encore au onzième ; le pouls est lent, petit, inégal, avec quelques sautillemens ÿ il y paroît au douze quelques légers rehondissemens , les pulsations deviennent ensuite plus pleines, plus molles, redoublées et égales ; on en trouve jusqu’à quatre de cette espèce, après quoi les puisa» lions inégales recommencent. Au treizième jour le pouls est supérieur, plus décidé y le malade prend deux verres d’eau de casse avec deux grains de tartre stibié , il vomit assez abondamment 5 le lendemain , c’est-à-dire le quatorzième , le pouls est évidemment pectoral ) la toux paroît deux jours après , elle devient grasse , les crachats sont ahondans vers le seize , il n’y a plus de dévoiement depuis la fin du quatorze ^ la maladie finit par l’expectoration vers le dix-huit. Cette expectoration n’a pas été dérangée par l’action de l’émétique ^ elle l’avoit été par celle d’un purgatif dans l’observation XCIIL
Obs. XCy iII. Fluxion de poitrine , crachement de sang dans un autre vieillard ) malgré plusieurs saignées et l’usage des remèdes ordinaires, le pouls reste toujours serré, non critique jusque vers le onzième jour ^ alors il commence à se développer , les pulsations deviennent en peu de temps fort inégales ^ il j a des intermittences auxquelles succèdent des saiitillemens vifs de r artère. J’annonçai les évacuations du ventre , elles sont abondantes du treizième au quatorzième jour • les crachats qui ne venoient jusqu’alors que difficilement, sont supprimés pendant ce temps-là ) le pouls devient bien pectoral malgré un léger purgatif qui eut peu d’effet au seize ^ la toux reparoît , les crachats sont bien cuits , ahondans , et viennent facilement ; le ventre se resserre 3 la maladie finit heureusement vers le vingt-unième.
Obs. XCIX. Pouls nasal et pectoral dans un jeune sujet, sur îa fin d’une fièvre double-tierce continue pour laquelle on avoit fait plusieurs saignées , et employé des purgatifs et des apozèmes fébrifuges. Le malade tousse et crache abondamment , le ventre est resserré^ le pouls devient inégal, sautillant, intermittent^ il survient dans la nuit un dévoiement considérable ) le pouls redevient supérieur , et trois jours après il est bien pectoral ^ les crachats reparoissent bien conditionnés , et le malade entre en convalescence.
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06s. C. Pouls nasal et pectoral vers la fin d’une fièvre ma'» ligne y le malade crache et mouche pendant quelques jours beaucoup de matières muqueuses , puriformes et sanguinolentes : on empîoyoit pendant ce temps , les apozèmes légèrement purgatifs : le pouls se concentre , il devient irrégulier , sautillant et trèsinégal , il est bientôt suivi d’un dévoiement ; les crachats cessent , et le malade reste dans un état de langueur.
Obs. Cl. Pouls dur assez plein, Irés-inégal et sautillant, ycys le quinzième jour d’une maladie de mauvaise espèce , pour laquelle on avoit fait six saignées, donné l’émétique, suivi le lendemain d’une potion purgative , et ensuite d’apozèmes laxalifs : le ventre se gonfle et se tend sans douleur , il j -a beaucoup de grouillemens , et de fréquentes envies d’aller inutiles y la nuit suivante , c’est-à-dire vers le seizième jour , il y eut d’abondantes évacuations , le pouls fut concentré le lendemain et fréquemment intermittent , néanmoins les évacuations discontinuèrent * le pouls se développa au dix-septième jour , il survint une douleur vive entre les deux épaules j le pouls fut pectoral, le ventre resserré, la toux parut vers le dix-neuf, les crachats furent un peu cuits et assez abondans ^ le pouls se roidit et devint un peu rebondissantYers le vingt-un , et le malade cracha et moucha les jours suivans des matières ensanglantées ^ il resta bouffi et ne paroissoit pas bien jugé y on n’avoit cessé de faire couler le ventre par des apozèmes chargés de sels.
Obs. ClI. Fièvre qui a pris par un frisson considérable, accompagne d’un violent mal à îa tête, dans un jeune homme de forte constitution : le pouls est rebondissant vers le quatrième jour , il survient le lendemain un saignement de nez qui dure par intervalles jusque vers le septième : le pouls étant rebondissant et serré , comme stomacal , il devient , après l’effet d’un émétique , inférieur ^ il est irrégulier , intermittent , le ventre coule abondamment les jours suivans , et vers le onzième le pouls se relève / îl est plein , vigoureux , assez souple, redoublé , bien décisive-' ment pectoral • la toux est vive vers le quatorze, les crachats sont très-abondans et très-cuits jusque vers le vingt , et la maladie se termine.
Ce malade avoit été saigné trois fois, deux du bras et une du pied , dans les trois premiers jours. Au sixième il avoit pris l’émétique qui avoit bien opéré , un léger purgatif au huitième, suivi d’évacuations considérables et de bonne espèce y le reste du temps il fut d ans l’usage des remèdes propres à favoriser l’expectoration , et il fut repurgé à la fin de la maladie : la maladie fut traitée suivant les indications tirées du pouls.
Obs. Cm. Fièvre putride maligne , avec saignement de nez dans les premiers jours y le pouls demeure rebondissant après plusieurs saignées du pied • il devient inégal et intermittent vers le septième , le malade étant dans l’usage d’apozèmes aiguisés par de l’émétique qui ne fit jamais vomir } le ventre coule abondaminent vers le dixième,
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On sent évidemment deux espèces de pouls dans l’ordre suivant î à quatre ou cinq pulsations bien rebondissantes , succèdent cinq ou six pulsations irrégulières y brusques , sautillantes , avec une ou deux intermittences. Le pouls est donc en même temps nasal et intestinal , aussi est-il suivi du saignement de nez et du dévoiement , qui durent par intervalles jusque vers le trentième. La maladie fut très-mal jugée , puisque le malade resta dans un état de langueur et une espèce de fièvre lente.
Ohs. Cl Érysipèle au visage avec fièvre considérable dans un jeune homme , saignement de nez vers le quatrième jour • le pouls , de dur et rebondissant qu’il étoit malgré trois saignées du pied , devient vers le sixième inégal et txé?,-saiitillant y et d'une fré-cjuence assez variable. Le malade , qui avoit usé de quelques apozèmes légèrement purgatifs , évacue beaucoup de bile ^ les jours suivans les rebondissemens , qui n’avoient pas entièrement cessé pendant ces évacuations , deviennent plus évidens , le pouls est plus souple y plus dilaté y vers le neuvième , la voix devient rauque ^ la toux survient , et vers le douze il y a en même temps un léger saignement de nez, une expectoration imparfaite, et du dévoiement.
Pendant ce temps-là le pouls étoit composé dans cet ordre : cinq ou six pulsations redoublées aoec égalité et mollesse , qui dénotoient le pouls pectoral ^ elles étoient suivies de deux ou trois rebondissemens brusques y durs et avec roideur de V artere y qui îuarquoient le pouls nasal : venoient ensuite six ou sept pulsations inégales entre elles y sautillantes y tremblantes y et il y en avoit de si peu apparentes , qu’on avoit lieu de soupçonner des inter-mittences , ce qui caractérisoit le pouls intestinal. C’est dans cet ordre que le pouls , toujours suivi par intervalles des évacuations propres à chaque espèce , se soutint jusque vers le vingt-septième ï la maladie n’étoit pas encore jugée,