‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 81 sur 96 · CHAPITRE XXXIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIIL

Du temps et du jour de lu maladie , dans lesquels on doit attendre

les excrétions annoncées par les cliangemens critiques du

Il est important de savoir connoître et annoncer l’espèce d’évacuation critique que la nature prépare dans une maladie ^ il ne l’est guère moins de pouvoir conjecturer dans quel temps on doit attendre ces excrétions.

Il étoit naturel d’essayer si les variations du pouls qui annoncent les évacuations critiques , n’annoncent pas de même le temps de ces évacuations. Solano avoit déjà commencé de traiter cette matière , comme on le verra à la fin de ce chapitre.

Voyons donc si chaque espèce de pouls critique n’a point de différences particulières qui puissent faire juger assez solidement du temps , plus ou moins éloigné , des crises qu’il dénote , et prenons d’abord pour exemple le pouls pectoral.

Il y a certainement divers degrés ou diverses nuances dans le pouls pectoral, puisqu’il se trouve simple , composé ou compliqué. Quelques remarques sur le pouls pectoral simple , amèneront naturellement ce qu’il faut penser de ce pouls composé ou compliqué , par rapport à la question proposée.

Le pouls pectoral simple peut être constant, continuel, bien soutenu , ou , au contraire , ne se montrer que par intervalles j s’il est continuel, bien constant dans son développement , et qu’il se soutienne ainsi un jour entier, les crachats arriveront vers le quatrième jour de la maladie , à compter de celui dans lequel le pouls pectoral a paru bien déterminé et bien continuel.

Voilà une vérité confirmée par l’observation y mais il faut bien prendre garde aux conditions exigées dans le degré favorable du pouls pectoral , qui doit être sûrement suivi de crachats vers le quatrième jour.

Le pouls pectoral doit être premièrement continuel , c’est-à-dire fel que toutes ses pulsations, ou tout au moins la plus grande partie , b doivent être redoublées , ou avoir le caractère qui rend le pouls pectoral ; ce pouls doit être encore constant dans son développe-jj ment, et se soutenir au moins un jour entier ^ car s’il vient à ï changer ou à s affaiblir , c’est une preuve qu’il y a quelque emfl barras qui s’oppose à la marche de l’évacuation : elle n’arrivera t) point , ou ne sera point complète au quatrième jour • ce dont on Ij trouvera la confirmation à la suite de ce chaj)itre.

! Si le pouls pectoral n’est pas bien constant , bien continuel , et t qu’il soit pourtant simple , ou qu’il y ait quelques pulsations f pectorales qui se montrent par intervalles , et que , dans ces ini tervalles , le pouls reste développé , on pourra juger , par la plus ou B moins grande longueur de ces intervalles , du retardement qu’ils ), doivent apporter à l’expectoration.

I Quelques pulsations pectorales presque isolées , c’est-à-dire sé- ^ parées par des intervalles considérables , n’annoncent les cra- |! chats tout au plus que pour le dernier période de la maladie : il i s’en faut beaucoup que , d’après ces pulsations ainsi isolées , on P puisse compter sur une crise parfaite , parce que ce n’est pas là b une cause assez déterminée pour produire certainement son effet , f et qu’il arrive ordinairement que d’aussi foibles essais d’effort ^ critique se trouvent croisés par d’autres révolutions , toujours ^ fréquentes dans un mécanisme critique peu décidé.

1 Mais deux , trois ou quatre pulsations pectorales , et davantage ,

Iqui sont immédiatement jointes les unes aux autres , et séj)arées ensuite par des intervalles à peu près égaux , annoncent en général l’expectoration assez sûrement, et on peut compter qu’elle arrivera vers le septième jour, à compter de celui auquel elles ont commencé à se montrer : au reste , plus les pulsations pectorales sont fréquentes , et plus les intervalles qui les séparent sont pe- ! tits , plus l’expectoration est prête à se décider.

Il résulte donc de ce que nous venons d’établir , deux vérités , qui sont comme deux points fixes auxquels on peut rapporter tous les cas possibles au sujet du pouls pectoral simple. V y emiérement ^

' si le pouls pectoral simple est continuel , bien développé , bien ^ soutenu , et qu il dure dans cet état plus d’un jour , V expectoration arrivera vers le quatrième jour , à compter de celui auquel le pouls a été décidé pectoral et bien continuel.

En second lieu , si le pouls pectoral simple a est pas continuel , et qu il ait duré plus d’un jour , il faut attendre les crachats vers ff septième jour, à compter de celui auquel les pre'mières pulsations pectorales se sont montrées, surtout s’il n’y a pas eu de jour d’interruption , c’est-à-dire des redoublemens pendant lesquels les pulsations pectorales n’aient point paru 5 car alors les jours dans lesquels ces redoublemens se sont montrés , ne doivent point entrer dans le nombre des jours qu’il faut compter pour la révolution critique des maladies , congjiie on le verra dans la suite de ce chapitre.

Il est rare que le pouls pectoral simple se présente d’abord dans

un état perfection , et par conséquent qu’on puisse compter sur une crise au quatrième jour ; et il arrive communément que , j dans les premiers temps qu’il se manifeste , il est souvent séparé r par, des intervalles plus ou moins considérables : c’est ce qui fait [î que , pour l’ordinaire , il ne faut attendre l’expectoration que vers le septième jour , à compter de celui auquel le pouls s’est h montré pectoral. . '

Mais pourquoi le pouls pectoral doit-il avoir duré plus d’un jour, ou tout au moins un jour entier, afin que l’évacuation des crachats puisse être annoncée sûrement pour le septième jour à i peu près , ou bien pour le quatrième , lorsque le pouls pectoral i est continuel dès le premier jour?

Le pouls étant bien dé<^eloppé , ou bien critique , il est , ainsi > qu’on l’a remarqué au chap. HI , indiff érent ou indéterminé pour f toute espèce d’évacuation particulière ^ s’il survient alors quelques f pulsations pectorales passagères , elles indiquent sans doute qu’une t partie de la crise va se porter du côté de la poitrine; mais il | peut arriver, et il arrive souvent, qu’une autre évacuation , qui j| se décide pendant que le pouls est encore plus indéterminé que t déterminé , c’est-à-dire qu’il y a plus de pulsations simplement I développées , qu’il n’y en a de pectorales ; il arrive qu’une autre S évacuation qui se décide rem]3orte sur celle de la poitrine, du | moins pour un temps ; et dans ce cas, le pouls change assez promp- itement , et devient , par exemple , intestinal.

Si le pouls est resté pectoral pendant l’espace d’un jour en- * tier , c’est-à-dire pendant l’espace de vingt-quatre heures ou environ , cela indique que le redoublement de ce jour-là a fixé la i crise du côté de la poitrine. i

Ce n’est pourtant pas à dire que le pouls qui a paru pectoral \ assez décidé , et même continuel pendant deux ou plusieurs jours , \ ne puisse être changé par une autre sorte de pouls critique ; mais ! cette dernière modification du pouls ne fait alors que retarder les \ crachats sans les supprimer entièrement, parce qu’un , deux , et I à plus forte raison plusieurs redoublemens critiques qui ont porté i à la poitrine , y ont fait une impression , ou , pour mieux dire , établi une détermination qui, pour être favorablement terminée, doit être suivie de l’expectoration; d’ailleurs, le cas dont il est ici i question , rentre dans la classe des pouls compliqués et composés , sur lesquels il nous reste quelques observations à faire.

Il y a plusieurs combinaisons remarquables dans le pouls pec-^ ioral composé • prewon?, pour exemple le pouls pectoral combiné ou composé avec V intestinal : le pouls pectoral se montre d’abord seul , et dure pendant deux ou plusieurs jours , de manière que le pouls intestinal lui succède ensuite ; ou bien ce dernier précède le premier. Il arrive aussi que le pouls pectoral et V intestinal se trouvent ensemble , et dans le même redoublement , mêlés l’un avec l’autre , pendant tout le temps du redoublement , ou distingués en ce que l’un se montre au commencement, et l’autre à la fin du redoublement.

Ces combinaisons se rencontrent frévquemmcnt d.ans la pra-

tique : il est certain que chacune de ces deux especes de poqls sera suivie de son effet , c’est-à-dire qu’il y aura de l’expectoration et une excrétion intestinale ^ mais dans quel ordre et dans quel temps? C’est ce qu’il s’agit declaiicii. ^

Si les deux pouls excréteurs sont meles 1 un avec 1 autre pendant tout le cours des redoublemens , et qu’ils paroissent à peu près également décidés, c’est une marque que la crise se fera à peu près en même temps par deux endroits ; il faut donc attendre ces deux espèces d’évacuations , ou pour le quatrième jour , ou pour le septième , selon que les deux pouls ont paiu dans les commencemens plus ou moins évideiis , et soutenus plus ou moins

constamment. .

Mais comme il est assez rare que deux pouls exciéteurs aient

autant de force l’un que l’autre, il arrive que l’un l’emporte sur l’autre , au moins pour un temps ; et l’excrétion qu annonce le pouls plus fort et plus constant que l’autre , arrive avant celle qui est annoncée par le moins /ori et le moins constant; bien entendu que cet ordre ne soit point troublé par quelque révolution extraordinaire : c’est ainsi que .< de deux douleurs survenues » en même temps, et non en même lieu, la plus forte fait eva-

» Tîouir la plus fbible (i) • r ■

Or ce degré supérieur de force dans un pouls qui tait cesser

pour un temps considérable l’effet de l’autre , se trouve le plus Luvent dans celui qui s’est montré le premier , sunout s’il a ete seul pendant un jour ou environ; cependant celui qui lui succède devient quelquefois plus fort , et empêche ou retarde au moins ta crise du premier ; c’est un effet que produisent ordinairement les purgatifs placés dans le temps où le pouls est tout a la fois pectoral et intestinal ^ ces remèdes déterminent alors la crise par les intestins j mais celle de la poitrine n en est presque jamais que différée; il est même fort commun d’observer que , lorsque les forces se trouvent trop affoiblies par le trop grand ellet ou Y inopportunité des purgatifs, la crise par les crachats a de la peine à s’établir en son temps; elle se fait lentement , diflicilement , ou , qui pis est , la poitrine tombe dans un état de suppu-

C’est ici le lieu de rappeler un Aphorisme d Hippocrate déjà cité • « Si, avant que la maladie soit déclarée, on a senti de la .. douleur en quelque partie , c’est là même que la maladie se

» fixera (?0 »• . . , , ,

Mercuriaîis remarque aussi que la partie qui a été la première

afjeelée dans les maladies , est la dernière à se dégager. C est ainsique , comme nous l’avons déjà dit, il n’est pas rare d observer que le pouls, qui a paru d’abord pectoral , et qui même s est soutenu tel pendant deux ou trois jours, mais avec des intervalles considérables, devient tout d’im coup intestinal^ l’évacuation du ventre , qui avoit commencé dès les premiers temps de la mala-

(i) Hipp. Aptioi’. s sçct. a.

384 RECHEÏÏCHES

die, devient abondante , et les crachats n’arrivent qu’après cette* évacuation.

Il est bon de remarquer qu’en ces cas-là , les jours pendant lesquels l’évacuation du ventre s’est faite, semblent ne devoir point être comptés par rapport au temps pour lequel le pouls pectoral annonce l’évacuation des crachats : c’est une sorte d’in-, termittence dans la crise de la poitrine ; la nature , croisée par le mécanisme compliqué de la maladie, a abandonné celle-ci, la laissant suspendue pour quelque temps , mais néanmoins sans presque rien prendre sur le fond d’impression et de détermination qui doit la ramener lorsque l’autre sera épuisée.

On trouvera quelquefois le pouls pectoral et V intestinal telle-' ment disposés, que l’un Se présentera au commencement, et l’autre à la fin de chaque redoublement; et les évacuations qu’ils indiquent suivent à peu près le même ordre jusqu’à la fin de la maladie : cette espèce de combinaison paroît même plus avantageuse que celle dans laquelle les deux pouls se succèdent à plusieurs reprises et à des distances peu considérables* dans le même redoublement.

On trouve aussi des combinaisons dans lesquelles le pouls pec^ est d’abord suivi de quelques expectorations, et bientôt après survient le pouls intestinal , également suivi de son excrétion propre ; c’est dans cette espèce de fréquentes alternatives , qu’on voit la plus grande partie des mouvemens critiques se passer pendant la durée de la maladie.

Si cette variation subsiste continuellement , et surtout si elle a commencé à se manifester dès le second temps de cette maladie , elle doit être regardée comme suspecte ; car l’effort critique ne s’établit favorablement qu’à proportion qu’il se tourne , pour ainsi dire , à un objet fixe; il n’est pas même rare d’observer que , lorsque cet effort s’est ainsi fait bien complètement , la crise devient ensuite presque générale^ ce qui fait la plus favorable de toutes les terminaisons.

On observe , en général , dans les maladies compliquées , que le mécanisme critique est , dans les commencemens de ces maladies , sujet à d’assez fréquentes interruptions, ou , pour ainsi dire , à des essais infructueux^ c’est ainsi que , par un effort naturel , ou par l’effet d’une méthode convenable de traitement, l’établissement de la maladie commence à s’ébranler , et que le mouvement critique parvient peu à peu à devenir dominant; aussi voit-on ces maladies avoir une terminaison favorable lorsque ces mouvemens critiques sont prudemment ménagés , et qu’à plus forte raison ils ne sont point troublés par des méthodes contraires de traitement.

-- Quant au temps pour lequel le pouls pectoral compliqué avec celui à’ irritation annonce les crachats , on ne peut pas se flatter de le déterminer exactement , au moins par les observations faites jusqu’ici; il est bien vrai qu’en général ces excrétions ont lieu dans les derniers temps des maladies , mais il y en a dans lesquelles les crachats paroissent dès les premiers jours ^ elles sont

moitié critiques , moitié symptomatiques , ce qu’il n’est point fa,-' cile de décider ; tout dépend , dans ces cas , de l'a disposition ancienne qui entretient la complication : deux ou trois pulsations pectorales , jointes à une quantité indéterminée de pulsations non critiipies ^ précèdent les crachats, quelquefois d’un jour, quelquefois de plusieurs ; la marche des excrétions est aussi irrégulière dans les maladies compliquées que tous les autres symptômes ^ si dès les premiers jours critiques , ou vers le deuxième temps de la maladie, auxquels le pouls paroît pectoral, il ne fait totalement disparoître le pouls irritation , la maladie n’a qu’une marche incertaine et fort suspecte.

C’est ici le cas de craindre des suppurations , qui arrivent ordinairement vers la fin du deuxième temps des maladies , lorsqu’une évacuation critique , qui devroit se décider, ne se décide point : c’est donc principalement vers la fin de ce deuxième temps qu’on doit craindre une suppuration , à moins que la maladie ne soit entée sur une ancienne mauvaise disposition très -aisée à tourner à la suppuration.

Il faut remarquer qu’on s’est borné dans ce chapitre , et dans tout le cours de cet ouvrage , à partager les maladies en trois temps , celui éé irritation , celui de coction , et celui à' évacuation (i). Les excrétions critiques n’arrivent ordinairement que vers les derniers temps ^ et l’espèce de pouls qui les annonce, les précède de quatre , de sept ou de douze jours à peu près.

Voilà pourquoi on s’est toujours contenté d’avancer , en pronosticant quelque évacuation , qu’elle arriveroit à peu près vers tel ou tel jour, sans déterminer précisément ce jour, comme faisoient les anciens.

C’est le parti qui a paru le plus propre à concilier, autant qu’il étoit possible , les anciens et les modernes , ou plutôt les partisans des crises et des jours critiques , et ceux qui n’ont fait aucune attention , ni aux crises , ni aux jours auxquelles elles arrivent (2).

Les anciens , fort attachés aux jours critiques , ont donné , par un préjugé fondé sur la philosophie de Pithagore , une vertu particulière et intrinsèque à de certains jours plutôt qu’à d’autres : c’est un excès , c’est un système qui , étant adopté trop généralement , ne peut conduire qu’à des erreurs même grossières.

Mais on ne peut nier qu’il n’y ait des périodes , des temps, des jours et des raomens respectables , très-nécessaires à remarquer ■ dans le cours des maladies : ce ne sont pas les jours par eux-mêmes , et comme pairs ou impairs , qui ont une vertu particulière ; ce sont les maladies qui ont des périodes ou des états un peu plus , ou un peu moins longs dans les différens sujets. Il n’est pas douteux que les temps êé irritation , de coction et excrétion , ne soient à peu près aussi manifestes dans la plupart des maladies \ aiguës, et vraisemblablement des maladies chroniques , que dans la petite-vérole : ces temps peuvent avoir , et ont souvent à peu [ près la même durée dans les dilférens sujets ^ mais il y en a beau-

(i) Consultez à cet é^ard le cliapitre XXV.

(9.) Fojez Eucyclopédie , vol- IV, au mot Crise.

coup ou ils sont ou plus courts ou plus longs sans qu’il faille les négliger pour cela.

Le point capital est de saisir dans une maladie les signes qui annoncent le plus constamment ces révolutions ou ces états , V irritation , la coctionei V excrétion / c’est ce que les cliangemens du pouls paroissent annoncer, comme on peut le conclure des observations rapportées dans cet ouvrage ; de mapière qu’on doit suivre , favoriser et attendre les crises , suivant les fonds du système des anciens , sans pourtant s’attacher à les attendre pour un jour fixe et déterminé : il est vrai qu’il y en a dont là décision et la durée peuvent être déterminées à quelques heures près y mais il V en a aussi qui sont avancées , retardées , ou allongées de quelques heures et de quelques jours. Encore une fois , un observateur sage et instruit sera toujours forcé de se relâcher sur les temps ou les jours fixés par les anciens • mais il trouvera toujours dans une maladie, des périodes ou des temps très-bien marqués, qui ont été trop négligés par les ennemis des crises et des jours critiques.

11 faut remarquer, en second lieu , qu’on n’a jamais rien déterminé dans le cours de cet ouvrage , au sujet de la quantité des excrétions annoncées par leurs signes particuliers^ c’est-à-dire qu’on n’a pas trouvé de méthode fixe pour décider si une évacuation critique doit être abondante , ou peu considérable.

La force du pouls , l’âge et le tempérament du malade , ainsi que la manière dont une maladie aura été traitée , peuvent servir en général à déterminer la quantité des excrétions annoncées par les changemens critiques du pouls ; mais il faut attendre à cet égard , des observations ultérieures , et faites avec le soin nécessaire.

On ne doit point oublier qu’Iîippocrate a prononcé sur cette matière , que des excrétions peu abondantes ne sont pas bien critiques ^ c’est ce qu’il est surtout important de faire remarquer à ceux qui ont toujours en vue de diminuer la quantité de la matière morbifique , de la rendre plus fluide , plus mobile. Ces lois trop généralisées méritent beaucoup de restrictions , qu’il ne faut pas attendre de la part de ceux qui les ont reçues comme des axiomes dans les écoles j mais seulement de ceux qui se sont convaincus par l’expérience, de V indifférence , de V inutilité, du danger même des remèdes aqueux , évacuans , dél ag' ans , fond ans , regardés comme propres à épuiser les- foj'crs , à éuacuer les matières par tous les couloirs.

Nous l’avons déjà fait remarquer au chapitre XXîX, ces sortes de remèdes, ces méthodes mises en œuvre , ne tiennent point ce €[u’elles promettent ; elles trompent. Enfin , tout ce qui vient d’être détaillé au sujet du pouls pectoral , et du temps pour lequel il annonce l’expectoration , peut être appliqué à toutes les autres espèces de pouls excréteurs.

On doit seulement observer, que le saignement de nez étant ^aussi souvent symptomatique que critique , arrive aussi quelquefois pendant le temps à' irritatioi^ d’une maladie , par conséquent sans suivre un ordre bien déterminé ; un seul redoublement

diiit souvent à l’égard du saignement de nez , ce qu’il ne fait point à l’égarù d’une excrétion critique • c’est-à-dire qu’il le retarde ou qu’il l’accélère prodigieusement.

. Plus l’évacuation naturelle d’un organe se fait à de longues distances , plus il faut reculer le temps pour lequel elle arrivera depuis qu’elle est désignée par le pouls : ceci regarde les règles des femmes; elles sont souvent annoncées par le pouL , des mois entiers avant qu’elles arrivent. Il faut en dire autant des hémorrhoïdes.

D’ailleurs , la force du pouls et celle de la fièvre accélèrent les évacuations ; elles sont aussi plus promptes dans la jeunesse que dans un âge plus avancé , et dans les tempéraniens sanguins que dans d’autres.

4"^* Enfin , il ne faut jamais perdre de vue les effets que les remèdes peuvent produire sur la marche des évacuations : en général , la saignée , les lavages et les purgatifs retardent souvent les crises i il en est de meme des lavemens , surtout par rapport aux évacuations du ventre. On a souvent observé que le pouls étant intestinalhi^YL décidé , les lavemens donnés en ce temps-là , ont épuisé peu à peu la matière des évacuations ; ce qu’il est bon de remarquer, afin qu’on n’en tire pas une preuve contre ce que nous avons établi sur les pouls critiques , ordinairement suivis de l’évacuation qu’ils annoncent.

Ces observations et autres semblables , ne peuvent être bien évaluées et mises à leur place , que lorsqu’on aura perfectionné la matière qui fait l’objet de ce chapitre , et qui n’est ici qii’ébaii-cbée ^ et présentée à ceux qui se livreront à ce genre de recbercbes.

Solano jngeoit qu’une hémorrhagie étoit plus ou moins prochaine , suivant que les rebondis semens étoient plus ou moins fréquens ; il attendoit de même une diarrhée critique dans plus ou moins de temps, suivant la distance des intermitiences er\\ve elles; il suîvoit la même règle an sujet du pouls inciduiis , ou de la sueur» Ces règles ne sont pas entièrement conformes à l’observation.

Quant à la quantité des évacuations critiques ^da force du rebùn-' dissement , celle surtout du second coup , comparée avec le premier, annonçoit à Solano une abondante hémorrhagie : la longueur du temps qui s’écoule dans l’intermission , marquoit, selon lui, la quantité de matière qui doit s’évacuer par la diarrhée : et la quantité de la sueur étoit en raison composée du nombre et de la force des pulsations élevées. Toirt cela exige des examens ultérieurs.

Il faut nécessairement consulter l’ouvrage de cet auteur sur toutes ces propositions , afin d’avoir une idée exacte de son système. M. Nihell , qui semble n’être pas à cet égard de son ayis , laisse juger aux personnes prudentes et exemptes de préjugé , ce qu on doit accorder sur ce sujet à Solano. Nous attendrons de même le jugement des observateurs sur cette matière , et sur les différences du système de Solano, que nous ne croyons pas devoir adopter, aVec ce qui a été exposé dans ce chapitre , et qui paroît exactement conforme à l’obseryation.

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