‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 87 sur 96 · QUATRIÈME FAIT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME FAIT

La comparaison des humeurs des adultes et de celles des enfans prouve que celles-ci sont moins élastiques et plus glaireuses ^ le poids respectif de ces liqueurs, la différence de leur ténacité, et j les changemens par où elles passent lorsqu’on les expose à l’air i libre , démontrent ce que nous avançons ; les humeurs des enfans ! auroient trop peu de ressort pour les adultes , et celles des adultes 1 seroient trop lourdes , trop massives , trop actives pour les enfans.

Supposons que la partie rouge du sang soit le résultat de l’union I des parties miicilagineuses et séreuses jointes au phlogistique ^ il 1 paroît qu’il y a plus de phlogistique dans le sang des adultes que i dans celui des enfans j il est plus intimement uni , ses parties sont 1 plus rapprochées , elles sont moins liées , et elles s’opposent da- ■ vantage à la désunion à laquelle le sang des enfans est plus sujet.

Supposons encore que la bile soit un recrement dont les parties I sont essentielles pour donner aux humeurs la tournure qui leur ; convient : celles des adultes sont plus bilieuses que celles des enl fans J elles ont aussi communément plus de penchant à tomber 1 dans les changemens que souffre la bile , tandis que les autres sont I beaucoup plus disposées aux mouvemens sjoontanés auxquels les ] sucs bilieux peuvent résister.

Bien des gens trouveront peut-être à redire aux suppositions ) que nous faisons ici ; mais qu’on les réduise à leui? juste valeur : (nous ne les donnons que comme un moyen d’expliquer un fait I qu’on ne sauroit désavouer, c’est que les liqueurs dies jeunes sujets tont plus de penchant à devenir acides que celles des adultes.

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