‹ Œuvres complètes de BordeuChapitre 88 sur 96 · CINQUIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUIÈME FAIT

Il en est des liqueurs comme des parties solides elles-mêmes ; ‘ chacun peut éprouver que celles-ci , surtout les glandes , les ligaimens elles extrémités des os > fournissent dans les jeunes animaux :un suc gélatineux qui devient beaucoup plus tôt acide que celui

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que fournissent les vieux ; l’acide est moins masqué dans les parties des jeunes animaux 3 il s’y démontre davantage et plus longtemps.

On est donc en droit d’avancer que les glandes , les os et les tendons des enfans livrés à eux-mêmes , et arrosés d’une liqueur qui ne s’oppose pas directement aux mouvemens spontanés dont ils sont susceptibles , permettent le développement d’un acide plus ou moins rapproché , qui peut aisément faire beaucoup de ravages.

Or, c’est précisément dans cette disposition des parties que consiste , à notre avis , l’état écrouelleux.

Tout ce que nous avons dit jusqu’ici, et dont chacun peut faire les applications convenables , fournit au moins des présomptions qui favorisent une opinion que nous ne donnons pas pour nouvelle , et qu’on pourra trouver dans dilférens auteurs; ce que nous dirons encore l’établira plus évidemment, et nous mettra à portée de la développer de plus en plus.

En effet, on convient {premier fait) que les gens qui habitent les bords des rivières et les montagnes , et qui se nourrissent de mauvais alimens , sont plus sujets aux écrouelles que tous les autres ; il n’est point d’auteur qui n’ait fait cette observation î Dionis a remarqué de plus , que de cent écrouelleux qui se pré-sentent, les trois quarts sont pajsans , ce qui est plus vrai en France que dans d’autres pays; il est pourtant assuré que quoique les habitans des villes soient sujets à cette maladie , elle doit être regardée comme appartenant plus particulièrement aux gens de la campagne, surtout aux montagnards.

Or l’eau , l’air et les alimens des montagnes concourent à disposer la machine aux écrouelles et à leur suite ; elles favorisent l’état des humeurs et des solides dont nous parlions plus haut, ( quatrième fait. )

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