XXVIII: JOURNÉE
Du jene. Matth., vr, 16-18.
Jésus-Christ joint ici la doctrine du jeüne à celle de l'oraison et del'aumóne. Ce sont trois sacrifices qui vont ensemble, selon cette sentence de Tobie : « L'oraison est bonne avec le jeûne et l'aumóne ?. » Par l'aumóne on sacrifie ses biens : par le jeüne on immole son corps : par l'oraison on offre à Dieu les affections et pour ainsi dire le plus pur encens de son esprit.
Ce qui est dit ici du jeüne, est semblable à ce qui est dit de
1 Jacob., 1, 44. — ? Tob., xit, 8.
l'oraison et de l'aumóne ; qu'il ne faut le faire que pour Dieu seul et à ses yeux, sans aucune vue des hommes. Lors pourtant qu'on a mal édifié l'Eglise en négligeant ce qu'on devoit observer, il est bon de l'édifier en l'observant plus sévèrement. Mais cela demande beaucoup de précaution ; et il y faut éviter l'ostentation , comme la peste des bonnes œuvres.
Par le jeüne il faut entendre toutes les autres austérités par où l'on mortifie son corps. Il les faut soigneusement cacher, « et n'avoir pas un air triste comme les hypocrites , mais oindre sa tête et laver sa face, » témoigner à tout le monde de la douceur et de la joie; n'étre pas comme ceux qui portant impatiemment les austérités, semblent s'en prendre à tous ceux à qui ils parlent, en les traitant durement et leur devenant fàcheux. L'austérité qu'on à pour soi-même doit rendre plus doux, plus traitable ; corriger, et non exciter la mauvaise humeur. C'est ce que signifie cette onction de la tête et ce visage lavé : c’est la douceur et la joie.
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