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XCIIE JOURNÉE
Venez, bénis : Allez, maudits. Ibid.
« Alors le roi dira à ceux qui sont à la droite : Venez? ; » aux autres : « Allez; » à ceux-ci : « Venez : » vous étes déjà avec les justes : venez avec moi : « venez à mon tróne, dans lequel vous serez assis avec moi * : » car je l'ai promis..
O paroles qu'on ne peut assez méditer! « Venez : Allez : » taisons-nous : tais-toi, ma langue : tes expressions sont trop foibles : mon ame, pèse ces mots qui comprennent tout le bonheur et le malheur, et toute l'idée de l'un et de l'autre : « venez : allez : » venez à moi, où est tout le bien : allez loin de moi, où est tout le mal.
«Venez, les bénis, les bien-aimés de mon Père : » autrefois maudits et hais des hommes; mais dés lors bénis de mon Pére, dont la bénédiction se déclare en ce jour : « venez posséder le royaume qui vous étoit préparé * : » venez, « petit troupeau : ne craignez plus rien, puisqu'il a plu à votre Père de vous donner son royaume ° : » venez, venez, venez: « entrez dans la joie de
1 Psal. xciv, 6. — ? Matth., xxv, 34, M. — To >» I, 21. — Matth., xxv; 24:1— 8 ue. XI, 92. :
votre Seigneur! : » jouissez de son royaume éternel. O venez, venez : quelle parole! quelle joie! quelle douceur! quel transport !
« Un royaume : » quelle grandeur ! « Un royaume préparé de Dieu » et de Dieu comme Père : et préparé pour un Fils unique, éternellement bien-aimé : car c'est le même qui est aussi préparé pour les élus : enfans de dilection et d'élection éternelle, vous avez assez souffert, assez attendu : venez maintenant le posséder. On ne possede que ce qu'on a pour l'éternité : le reste échappe et se perd.
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XCIV* JOURNÉE
J'ai eu faim : j'ai eu soif. Nécessité de l'aumóne : son mérite et sa récompense. Ibid.
« J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai été nu, j'ai été malade et en prison? : » c'est par la méme raison qui lui fait dire : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Et : « Je suis Jésus que tu persécutes* : » c'est par la société, ou plutôt par l'unité qui est entre le chef et les membres, c'est paree qu'il est le cep et que nous sommes les branches *. Mais il faut ici remarquer que les pauvres sont de tous ses membres ceux dans lesquels il est le plus.
Tous les Pères relèvent ici l'avantage et le mérite de l'aumóne, qu'il vante tant et qu'il vante seule dans le siége de sa majesté, dans son dernier jugement, à qui seule il attribue la vie éternelle. Ils démontrent aussi par le méme endroit la nécessité de l'aumóne, puisque manquer de la faire est un crime, et le seul crime qu'il allègue pour la cause de la damnation. Et la raison en est évidente, en ce que
Premièrement, si le précepte de la charité est l'abrégé de la loi et des prophétes, comme il dit lui-méme, il étoit juste de renfermer dans la charité toutes les bonnes ceuvres, et dans la privation de la charité toutes les mauvaises.
Deuxièmement, comme dit saint Jean, « celui qui n'aime pas
* Matth., xxv, 21, 23. — 2 [bid., 35, 36.— ? Act,, 1x, 4, 5.— ^ Joan., xv, 1, 5.
SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XCIVe JOURNÉE. AT son frère qu'il voit, comment aimera-t-il Dieu qu'il ne voit past?» Ainsi la méme justice qui l'oblige à punir le monde pour le défaut de la charité, l'oblige aussi à marquer le défaut de la charité dans son effet le plus sensible, qui est la charité envers les frères.
Troisiémement, les deux préceptes de la charité, dans lesquels, comme on vient de dire , consistent la loi et les prophètes, sont renfermés manifestement dans ces paroles : « J'ai eu faim, j'ai eu soif; » et : « Toutes les fois que vous l'avez fait à un de mes frères, vous me l'avez fait à moi-méme?,» puisqu'il nous montre par là que le motif d'exercer la charité envers le prochain, est la charité envers Dieu.
Quatriémement, tous les péchés sont en quelque sorte renfermés dans le défaut de l'aumóne, parce que dans l’aumône étoit renfermé le remède de tous les péchés, conformément à cette parole : « Rachetez vos péchés par l'aumóne ?; » et encore : « La charité couvre la multitude des péchés *; » et encore : « laites l'aumóne, et tout sera pur pour vous 5. » Ainsi tous les hommes étant pécheurs et par là exclus en rigueur du royaume des cieux, ce qui les en exclut en dernier lieu, c'est de négliger le remède,
Cinquièmement, la vie éternelle nous étant donnée à titre de miséricorde et de grace,la justice demandoit que cette miséricorde nous füt accordée au prix de la miséricorde , conformément à cette parole : « Bienheureux les miséricordieux , parce qu'ils obtiendront la miséricorde 5! » et encore : « Jugement sans miséricorde à celui qui ne fera pas miséricorde "! »
Sixièmement, comme «les miséricordes de Dieu éclatent audessus de toutes ses ceuvres ?, » selon ce que dit David : ainsi en est-il des miséricordes de l'homme ; et les œuvres de miséricorde devoient principalement étre célébrées au jugement dernier, comme les plus éclatantes de toutes les autres, et comme celles qui nous rendent le plus semblables à Dieu , conformément à cette parole : « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ?. » Ce qui répond à cette parole : « Soyez parfaits
1 | Joan., 1v, 20.— ? Matth., xxv, 35, 40.— 5 Dan., IV, 24. — * I Petr., IV, 8. — 5 Luc, X1, 41. — * Matth., v, 1. — " Jacob., 11, 43. — 8 Psal. CxLIV, 9. —
9 Luc., VI, 36.
comme votre Père céleste est parfait! : » ainsi que la conférence des deux passages le fera paroître. Ainsi la perfection où nous devons tendre principalement et par là nous rendre semblables, comme le doivent de vrais enfans , à notre Père céleste, est celle d'exercer la miséricorde.
Pour ces raisons, tout est renfermé dans les œuvres de miséricorde, et on en pourroit rapporter une infinité d'autres que chacun pourra suppléer.
Tl reste donc à s'examiner sur l'obligation de l'aumóne; et sans écouter les vaines excuses dont se flatte notre dureté, considérer sérieusement si nous pouvons apaiser véritablement notre conscience sur un point si décisif de notre éternité.
Da Va Pa VV Va Va Va Vi Va Va Va ARV Vua ARA Va Va a YAARAARAAAARATV AAA VVMVVUVA AARARVARARARAAARVUMM AAVARAARAAVARA AVV
XCV* JOURNÉE
J'ai eu faim, j'ai eu soif, transportés en la personne de Jésus-Christ. Ibid.
Seigneur Jésus, ma vie et mon espérance, je me mets en votre sainte présence, pour voir et considérer dans votre lumiére , en foi et en perpétuelle reconnoissance de vos bontés, comment vous avez transporté en vous nos misères et nos infirmités, jusqu'à pouvoir dire : « J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai été nu , prisonnier, malade, » en la personne de tous ceux qui ont eu à souffrir des maux semblables.
Le fondement de ce transport, à Jésus, c'est l'amour qui vous a porté à prendre notre nature, et à la prendre non point immortelle et saine, comme vous l'aviez faite dans son origine : car vous êtes le « Verbe par qui tout a été fait *; » vous êtes celui à qui le Père a dit :« Faisons l'homme? : » et vous l'avez fait avec lui et avec votre Saint-Esprit, qui est avec le Père et avec vous un seul Dieu souverainement parfait. C'est donc vous qui avez fait la nature humaine; et quand vous l'avez prise, vous n'avez pris que votre propre ouvrage. Mais vous ne l'avez pas prise, encore un coup, saine, parfaite, immortelle et selon l’ame etselon lecorps, telle qu'elle
1 Matth., v, 48, — 2 Joan., I, 2, — 8 Genes., 1, 26.
étoit d'abord sortie de vos mains : vous l'avez prise telle que le péché et votre justice vengeresse l'avoient faite, mortelle, infirme, pauvre : parce que vous vouliez porter notre péché : vousle vouliez porter sur la croix, victime innocente : vous le vouliez porter durant tout le cours de votre vie, « Agneau qui ôtez les péchés du monde *, » mais qui ne les Ótez qu'en les transportant premièrement sur vous. Mais vous êtes le Saint des saints, « oint d'une huile excellente au-dessus de tous ceux qui prennent avec vous » et en figure de votre personne «le nom de Christs ? : » car cette huile dont vous êtes oint et sanctifié , c'étoit la divinité, qui unie à votre sainte ame et par elle à votre corps virginal, les sanctifioit d'une manière ineffable : en sorte qu'étant le vrai Christ de Dieu, le Juste par excellence et le Saint des saints, comme vous ne pouviez pas transporter sur vous liniquité et la tache de notre péché, vous en avez seulement transporté sur vous la peine, le juste supplice, c’est-à-dire la mortalité et toutes ses suites. Par là done vous étes devenu sensible à nos maux , « Pontife compatissant ?, » qui les avez expérimentés : car comme dit votre Apótre, « il falloït que vous vous fissiez en tout semblable à vos frères, afin que vous devinssiez un pontife miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du monde. » Car qui doute que vous ne puissiez nous aider dans les choses que vous avez éprouvées, puisque vous ne les avez éprouvées que parce qu'il vous a plu, et parce que vous vouliez en les souffrant, faire naitre en vous la compassion secourable que vous avez pour ceux qui ont aussi à les souffrir *?
Soyez donc loué à jamais, ó grand Pontife, qui avez pitié de nos maux, non pas comme les heureux ont pitié des malheureux, mais comme les malheureux ont pitié les uns des autres par le sentiment de leur commune misère : non que vous vous soyez jamais tenu pour malheureux parmi les maux que vous avez soufferts, vous qui n'avez souffert ni la douleur ni la mort que parce que vous le vouliez; à qui aussi personne n'a Ôté son ame, mais qui l'avez donnée de vous-méme : mais parce qu'il vous a plu de vous mettre au rang de ceux que le monde appelle mal-
1 Joan., 1, 29. — ? Psal. xLIV, 9. — 8 Hebr., v, 1, 2. — * Hebr., 11, 11. — 5 Ibid., 18.
heureux ; qu'on vous a vu « comme un lépreux : comme un homme chargé de plaies, que Dieu a frappé et humilié, » en un mot « comme un homme de douleurs et qui savoit par expérience ce que c'est que l'infirmité et la foiblesse *. » En sorte qu'ayant passé par toutes les misères de notre nature pécheresse « et ayant tout éprouvé excepté le péché, vous ressentez tous nos maux, et vous y compatissez ? » comme à des maux qui vous ont été communs avec nous. Et quoique vous n'ayez point été malade de ces maladies particulières dont nous sommes si souvent exercés : vous avez porté la faim, la soif, la lassitude, la défaillance, qui sont les maladies communes de notre nature : vous avez porté la frayeur , la crainte, l'ennui, la détresse jusqu'à l'agonie , qui sont d'autres maladies des plus terribles : vous avez porté des plaies, qui ont comme mis en pièces votre saint corps et vous ont fait dire par la bouche de votre prophéte que vous n'aviez plus de figure humaine 5, et que vous étiez «un ver et non un homme *.» Ce qui a fait dire encore à un autre de vos prophétes : « Nous nous sommes approchés de lui, nous l'avons regardé de prés, et nous ne l'avons pas connu : il nous a paru le dernier des hommes, et un homme abimé dans la douleur *. » Vous avez done ressenti les plus grandes, les plus terribles et les plus douloureuses infirmités du genre humain malade; et si vous n'avez pas eu la fièvre et les maladies de cette nature, qui pouvoient ne convenir pas àla perfection de votre tempérament, parce qu'elles viennent d'un déréglement des humeurs, que peut-étre vous n'avez pas voulu souffrir en vous; vous les avez toutes éprouvées dans la mortalité qui en est la source. C'est pourquoi par cette méme sensibilité qui vous a fait compatir à nos autres maux , vous avez aussi compati à nos maladies; et vous n'avez jamais guéri les malades ou ressuscité les morts, ou considéré nos maux que cette tendre compassion de votre cœur attendri ne vous ait ému. Ainsi vous pleurâtes avant que de ressusciter le Lazare. Ainsi: vous multipliâtes les pains, touché de compassion du peuple épuisé de travail *. Dans une occasion semblable , vous dites encore : « J'ai
; 1 [sa., LIT, 2-4, — 2 Hebr., 1v, 45. — 8 Isa., LITE, 2. — * Psal Xx. Me Isu-, UN 25 356 Matth., 1x, 36. ;
pitié d'une si grande multitude d'hommes : et je ne veux pas les renvoyer sans manger, de peur que les forces ne leur manquent!. » Ces aveugles, qui connoissent combien vous étes sensible à nos maux , vous disoient à cris redoublés : « Ayez pitié de nous, Seigneur, Fils de David. » Vous écoutâtes leur voix : touché de compassion vous mites votre main miséricordieuse sur leurs yeux privés de la lumière, et ils recurent la vue ?. Lorsque vous vites ce sourd et ce muet , vous commencátes par gémir en levant les yeux au ciel ?. Vous pleurâtes sur les malheurs prochains de Jérusalem *. Ce sentiment de compassion vous suit toujours, quoiqu'il ne soit pas toujours exprimé. C'est ce cœur tendre et compatissant, ce cœur ému de pitié qui sollicitoit votre bras tout-puissant en faveur de ceux dont vous voyez les souffrances. Ainsi cette compassion fut la source de vos miracles. Ce qui a fait dire à votre évangéliste que lorsque vous « guérissiez tous les possédés et tous ceux qui se trouvoient mal, cela se faisoit pour accomplir cette prédietion du prophéte : Il a pris nos infirmités et il a porté nos maladies *. » Vous les portiez véritablement par la compassion, et vous soulagiez votre cœur en les guérissant.
O mon Sauveur, vous avez porté ces sentimens dans le ciel ; et quoique vous n'y ayez pu porter ces larmes , ces gémissemens , ces émotions de vos entrailles, ces souffrances intérieures , que vous ressentiez à la vue de tant de maux dont notre nature est accablée, vous y en avez porté le souvenir, qui vous rend tendre, miséricordieux, compatissant envers tous vos membres et envers tous ceux qui souffrent sur la terre. Car vous êtes ce charitable Samaritain*, qui avez pitié de tous les blessés, de quelque nation qu'ils soient, plus que les prétres et les lévites de la loi. Je ressens donc, mon Sauveur, la vérité de cette parole : « J'ai eu faim ; j'ai eu soif; j'ai été infirme » dans tous ceux que tous ces maux onf affligés : Ótez-moi, Óó mon Sauveur, ce cœur de pierre : que je sois compatissant comme vous : que je puisse dire avec votre Apôtre : « Qui est infirme, sans que je le sois? Qui est troublé et scandalisé, sans qu'un feu intérieur me consume "? Que je me réjouisse, »
1 Matth., xv, 32. — ? Matth., xx, 30 et seq. — ? Mare., vir, 24.— * Luc., XIX; 11.— 5 Matth., vur, 46, 17; Isa., LII, 4. — 6 Luc., x, 33. — " II Cor., xt, 29.
selon son précepte, «avec ceux qui se réjouissent , » ce qui est facile et agréable à la nature. Mais « que je pleure » sincérement «avec ceux qui pleurent ! : » que je puisse dire avec vous : « J'ai faim, j'ai soif, je suis étranger et sans logement; je suis prisonnier, je suis malade» en ceux et avec tous ceux qui le sont : que ma compassion ne soit pas vaine, et qu'elle me porte au secours : que je les soulage efficacement comme cherchant moi-méme à me soulager : mais que je porte ma vue plus loin : que je médite sans cesse que vous avez transporté en vous leurs infirmités : que vous souffrez en eux tous : enfin que vous avez dit et que vous répéterez en votre dernier jugement : « Toutes les fois que vous avez donné ce secours à un de mes fréres, » et encore « des plus petits, » afin que vous ne méprisiez aucune sorte de petitesse , «vous me l'avez donné à moi-méme?. » À vous la gloire, à vous la louange, à vous l'action de graces de tous ceux qui souffrent, c’est-à-dire de tous les hommes, pour la bonté que vous avez eue de vous approprier et d'adopter leurs souffrances , et de les recommander à tous vos enfans par un précepte qui est le seul dont vous parliez, sur votre tróne, à la face du ciel et dela terre, en présence des hommes et des anges! Amen. Amen.
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XCVI JOURNÉE
Venez, les bénis de mon Pére : récompense des justes. Ibid.
« Venez, les bénis de mon Père : Allez, maudits *. Venez : » parole d'amour et d'union : parole de l'Epoux : « Venez, mon épouse, ma bien-aimée * : » venez dans ma couche nuptiale : venez à la jouissanee de mes immortelles beautés : car tout cela , sous une autre figure, c'est «le royaume qui vous a été préparé : » c’est un trône, pour signifier la magnificence et la gloire : c'est la couche nuptiale, pour signifier l'abondance de la joie et l’accomplissement de l'amour divin, en faisant avec Dieu un méme esprit. À ce « Venez » de l'Epoux céleste, l'épouse de son côté doit dire un autre « Venez : Venez, mon bien-aimé 5. » C’est ce qu'il faut dire
1 Rom., X11, 45.— ? Matt, XXV, 40.— 9 I5., 34, 44.— Cantic., IV, 8.—9 Ib. v1], M4.
SERMONS DE NOTRE-SEIGNEUR, XCVIe JOURNÉE. 283
en foi, en espérance, en amour , dans l'esprit et avec les sentimens d'une épouse ardente et fidéle. « Et l'esprit, et l'épouse disent : Venez : Que celui qui entend, dise : Venez ‘ : » qu'il appelle à chaque moment et du fond du cœur l'Epoux céleste. « Que votre règne arrive ? : Que celui qui a soif vienne : » qu'il vienne, celui qui a faim et qui a soif de la justice, « et qu'il recoive gratuitement l'eau vive ? » que je lui prépare gratuitement, par pur amour, par pure miséricorde : car encore que je récompense les œuvres, c'est dans les œuvres mes dons que je récompense : c'est à remonter à l'origine , ma grace que je couronne : c'est moi qui préviens, c'est moi qui attire, c'est moi qui donne le premier : il faut donc venir, et en venant m'inviter à venir moi-méme, et à dire ce dernier « venez, » qui consomme la félicité et l’œuvre de la rédemption. « Oui, je viens bientôt : il est ainsi : Amen : » je scelle cette vérité dans les cœurs : « Venez, Seigneur Jésus, venez * : » c'est par oü finit l'Eeriture. C'est le dernier avertissement qu'elle nous donne, comme celui qu'elle veut laisser le plus vivement empreint dans nos cœurs.
« Venez, les bénis, les chéris de Dieu. » O mon Sauveur, que j entende le mystère de cette secrète bénédiction, par laquelle vous nous avez bénis avant l'établissement du monde, en nous préparant votre royaume! Mais qu'est-ce, à Seigneur, votre royaume, sinon votre justice, votre vérité régnante sur les esprits , pour en animer tous les mouvemens? « lorsque Jésus-Christ mettra à vos pieds tout le peuple racheté, se l'assujettissant totalement par l'opération de sa toute-puissance , » en sorte qu'il n'y paroisse « que lui, et que Dieu soit tout en tous et nous avec lui un méme esprit * » par l'effusion de sa gloire et la parfaite conformité de notre volonté avec la sienne. Ainsi ce qui fera notre règne, c’est le règne de Dieu sur nous. Lorsque tout lui sera assujetti , tout ira selon le mouvement de son esprit. Maintenantil y a en nous quelque chose de sujet et aussi quelque chose de rebelle : mais alors tout sera sujet ; et cette sujétion bienheureuse qui est notre parfaite félicité, étant accomplie dans le chef et dans les membres, « l'œuvre de
1 Apoc., XXII, 11. — ? Matth., VI, 10. — ? Apoc., XXII, AT. — * Ibid., 20. — 51 Cor., xv, 24, 25 et seq.; Philipp., 11r, 215.1 Cor., vr, 11.
Jésus-Christ sera parfaite. » Venez donc, Ô bénis de Dieu; venez à ce bienheureux royaume : entrez dans la joie de votre Seigneur.
fVARARARVAAAARAARATVARAVATVARAAAAAAARWUVA VA WVAAARAAAAARARAAAAAAAVARA AA ARA TVA AAA VY VE VA VAY YA At
XCVIF JOURNÉE.
Retirez-vous, maudits : allez au feu éternel : condamnation des impies. Ibid.
Au lieu de ce « venez » si ravissant, plein d'une admirable douceur, qui satisfera le cœur de l'homme sans lui laisser rien à désirer : les méchans , les impénitens entendront cet impitoyable « Allez, retirez - vous! : » et où iront-ils, les malheureux? Où, en s'éloignant du souverain bien, sinon au souverain mal? Où, en s'éloignant de la lumière éternelle , sinon à ces ténèbres extérieures; ténèbres affreuses , plus palpables que celles de l'Egypte ? Où, en perdant la joie éternelle, si ce n'est aux pleurs, au désespoir, à la rage, au grincement de dents, à l'éternelle fureur? « Allez : retirez-vous, ouvriers d'iniquité. Retirez-vous, je ne vous connois pas. » Ma marque n'est point en vous : « je ne vous ai jamais connus ?. » Vos œuvres ont été trompeuses, défectueuses, passagères en tout cas et destituées de persévérance : vous n'étes point de ceux sur lesquels est ce sceau de Dieu : « Le Seigneur connoit ceux qui sont à lui *. Allez, maudits. Vous avez aimé la malédiction, et elle viendra sur vous : elle vous est attachée comme votre habit, comme la ceinture qui vous environne ; elle a pénétré la moelle de vos os *; allez au feu,» arbre infructueux, qui n'étes plus bon qu'à brüler : « allez au feu éternel ? : » nulle goutte de rosée, nul rafraichissement ne viendra jamais sur vous : «allez à ce feu qui est préparé au diable: » à celui qui dès le commencement n'ayant point voulu « demeurer dans la vérité, est menteur et père de mensonge , meurtrier‘, » calomniateur , tentateur et accusateur des saints ; d’où vient toute iniquité : allez en sa détestable compagnie; imitateurs de son orgueil et de son impénitence, participez à ses peines; qu'il soit votre tyran, votre bourreau. Puisque vous avez voulu vous mettre dans son escla-
; * Matth., xxv, 41. — Matth., VH, 295 XXV, ASS IL Timoth.z 39: — Psal. cvnu, 48, 49. — 5 Matth., XXV, 44. — 6 Joan., vim, 44.
vage, portez éternellement ce joug de fer, vous qui avez refusé le doux joug de Notre-Seigneur.
Mais voici le comble des maux : Dieu contre vous avec toute sa justice et sa puissance. Ecoutez, tremblez; c'est lui qui parle : « Si vous ne m'écoutez pas, si vous méprisez mes commandemens, je mettrai ma face contre vous : j'écraserai votre dureté et votre orgueil: je multiplierai vos plaies : comme vous marchez contre moi, je marcherai contre vous avec un cœur d'ennemi'. Vous serez frappé » tout ensemble dans le corps, « de pauvreté, de peste, de froid et de chaud : dans l'esprit, de folie, d'aveuglement et de fureur : le ciel sera de fer sur vos tétes , et la terre d'airain sous vos pieds : votre rosée sera la poussiére?: » vous ne porterez jamais de fruit, « parce que vous n'aurez pas voulu servir le Seigneur en joie et dans l'abondance de toutes sortes de biens, vous serez mis dans l'esclavage de votre ennemi, dans la faim, dans la soif, dans la nudité , dans l'indigence de tout : il mettra sur vos épaules un joug de fer? : outre toutes ces plaies que vous entendez, « Dieu vous en enverra » de plus terribles « qui ne sont point écrites dans ce livre, » et qui passent tout ce qu'on peut exprimer par le langage humain : « et comme le Seigneur s'est réjoui en vous faisant du bien, il prendra plaisir maintenant à vous perdre, à vous renverser *. » Vous serez à jamais sous cette impitoyable verge : sous cette « verge veillante » qu'a vue le prophéte* : car le Seigneur veillera éternellement sur votre iniquité? et «ne cessera de vous briser, de vous mettre en pièces 7. Pourquoi criez-vous inutilement? Votre plaie est incurable : je l'ai faite à cause de votre iniquité et de votre dure malice ?, » dit le Seigneur par la bouche de Jérémie : votre endurcissement a causé le mien : vous m'avez rendu inexorable, impitoyable, inflexible : « Allez. Et ils iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle ?. » C'est par là que Jésus finit sa prédication : c'est ce qu'il nous laisse à méditer, et il n'a rien de plus important à dire
au peuple.
1 Levit., XXVI, 44, AT, 19, 21, 27, 28. — ? Deuter., xxvii, 22, 28, 23, 94. —
3 Ibid., 41, 48. — * Ibid., 64, 62. — 5 Jerem., 1, 11, 12. — 6 Dan., IX, 14, — 1 Deuter., XXVIII, 48, 61. — 8 Jerem., Xxx, 19. — ? Matth., Xxv, 41, 46.
« Après donc qu'il eut fini tous ces discours”, » il ne songe plus qu'aux préparatifs de sa mort : à la pâque ancienne, à la nouvelle : aux dernieres instructions qu'il vouloit laisser à ses apôtres, à la cene, et après la cene à la dernière prière par laquelle il commenca son sacrifice, finalement à sa mort.
MAR VAR AA VUA AURA UV LULU CUAAATATUUTLATUVAUR AURA LU LUUUEL UV LULU ALAVA