I. Un seul Dieu tu adoreras, etc
Dites-moi ce qu'il y a à considérer en général en chaque commandement de Dieu.
U'est qu'en chaque commandement, il faut entendre quelque chose qui nous est commandée , et quelqu'autre chose qui nous est défendue.
Expliquez chaque commandement de Dieu en particulier.
Que veut dire le premier, Un seul Dieu tu adoreras ?
Le premier commandement nous oblige à aimer et adorer Dieu de tout notre cœur.
Que nous défend-il ? ;
Il nous défend toute idolâtrie, magie, hérésie, et toutes superstitions.
Qu'appelez-vous superstition ?
Une fausse dévotion.
Que dites-vous de ceux qui guérissent , ou font guérir les hommes ou les animaux par certaines paroles?
Ils pèchent contre ce commandement.
Pourquoi ?
Parce qu'ils ont recours au démon.
Mais si ces paroles sont saintes ?
C'est toujours une tromperie du malin esprit, qui nous fait abuser des saintes paroles.
Mais si l'on a intention d'honorer Dieu?
C’est une superstition, parce que Dieu n’a pas attaché une telle vertu à ces paroles.
Est-il défendu par ce commandement d'honorer les saints?
Non, parce que nous n’honorons pas les saints comme Dieu, mais comme les amis de Dieu.
Est-il défendu d'honover les images de Jésus-Christ ou des saints?
Non, parce qu'on ne les a qu'en mémoire des originaux , et que l'honneur qu'on rend aux images se rapporte à eux.
Et les reliques des saints ?
On les honore de méme en mémoire des saints.
LEÇON VIII
Du second et du troisieme commandement de Dieu.
Dans les lecons suivantes, pour récit, quelques exemples des châtimens de Dieu contre ceux qui violent ses commandemens , comme pour celui des fêtes, l'exemple d'Achan. (Jos., vit.)
Expliquez le second commandement, Dieu en vain tu ne jureras. Par ce commandement, sont défendus les juremens faits sans respect et sans nécessité, les parjures , les reniemens, et les blasphémes contre Dieu et contre les saints.
Qu'est-ce qui nous est ordonné par ce second commandement ? Il nous est ordonné d’accomplir nos promesses et nos vœux. Expliquez le troisième commandement, Les dimanches tu. garderas.
Il est commandé de sanctifier les dimanches et les fêtes. Que faut-il faire pour cela ?
Il faut entendre la messe, la prédication, et le service de l'E-
glise avec dévotion et respect, et vaquer aux bonnes œuvres.
Et que nous est-il défendu ?
Il est défendu de faire aucune œuvre servile.
Qu'appelez-vous les œuvres serviles ?
Les œuvres mercenaires, par où ordinairement on gagne sa vie.
Quelles autres œuvres faut-il particulièrement éviter, pour bien sanctifier les fêtes ?
I] faut éviter principalement le péché, et tout ce qui porte au péché, comme le cabaret, les danses, les assemblées de brelans et des jeux défendus.
Et pour les jeux et exercices permis?
ll se faut bien garder d'y donner trop de temps, et surtout d'y passer le temps de la messe paroissiale, de la prédication, ou du catéchisme et du service divin. s
LECON 1X
Du quatrième, cinquième, sixième et neuvième commandement.
Récit. Le feu descendu sur Sodome (Genes., xix) ; ou le zèle de Phinées contre les impurs (Num., xxv, 6) ; ou le rigoureux châtiment de David , adullére et homicide (IL Reg., xit, 1, 8, etc.; xv, 13, etc.) ; ou quelque autre exemple de chátiment qui imprime de la terreur.
E'xpliquez le quatrième commandement, Père et mère honoreras.
Il est commandé aux enfans d'honorer leurs pères et leurs mères, de leur obéir, et de les aider en leurs nécessités corporelles et spirituelles.
Que nous prescrit encore ce commandement ?
De respecter tous supérieurs, pasteurs, rois, magistrats, et autres.
Et que nous est-il défendu?
Il nous est défendu de leur être désobéissans, de leur faire peine, et d’en dire du mal.
E'xpliquez le cinquième commandement , Homicide point ne seras.
Il est défendu, 4° de tuer, blesser, frapper, nuire au prochain en son corps par soi, ou par autrui; 2 de l'offenser par des paroles injurieuses; 3° de lui souhaiter du mal.
À quoi nous oblige ce commandement ?
A pardonner à nos ennemis, et à bien vivre avec, tout le monde.
Expliquez le sixième commandement , Luxurieux point ne seras.
Dieu défend par là tous les plaisirs de la chair, hors l'usage légitime du mariage.
Est-il permis de les désirer?
Non, et Dieu le défend expressément par le neuvième commandement , où il est dit: L'euvre de chair ne désireras.
Expliquez un peu davantage le sixième et le neuvième commandement.
C'est-à-dire que Dieu défend toutes actions, paroles, pensées volontaires, désirs et attouchemens déshonnétes.
Et quoi encore ?
Tout ce qui donne de mauvaises pensées, comme les tableaux, les livres, les chansons, les danses, et les entretiens impudiques.
Que faut-il faire pour bien garder ce commandement ?
Il faut étre honnéte et modeste dans ses paroles, habillemens, contenances et postures du corps; et pides la modération dans le boire et le manger.
LECON X
Du septième et huitième commandement.
Expliquez le septième commandement, Le bien d'autrui tu ne prendras.
Il est défendu de prendre le bien d'autrui, et de le retenir contre la volonté du maitre.
Et que nous est-il commandé dans ce précepte?
Il est commandé de rendre le bien d'autrui, soit dérobé, soit trouvé, et de faire l'aumóne aux pauvres selon ses moyens.
Dites quelques-unes des manières dont on prend, ou dont on retient le bien d'autrui.
Les plus ordinaires sont l'usure et les tromperies.
Qu'est-ce que l'usure ?
C'est le profit qu'on tire du prét.
Qu'entendez-vous par les tromperies ?
C'est comme quand on trompe dans la quantité, ou dans la qualité des choses qu'on vend.
Qu'appelez-vous la quantité ?
Le poids, le nombre et la mesure.
Et la qualité, qu'est-ce que c'est ?
C'est comme quand on vend de mauvais blé, ou de mauvais vin, comme bon. .
N'y a-t-il pas d'autres moyens de prendre ou de retenir le bien d'autrui ?
Oui, comme quand on retient le salaire d'un serviteur ou d'un ouvrier, et quand un manouvrier ou artisan ne travaille pas loyalement, ou exige ce qu'il n'a pas gagné.
Expliquez le huitième commandement, Faux témoignage ne diras.
Il est défendu de porter faux témoignage en justice contre son prochain, de médire de lui, d'en juger témérairement, de mentir, et il est commandé de dire la vérité.
LECON XI
Du dixieme commandement.
Qu'est-ce qui est défendu par le dixième commandement, Bien d'autrui ne convoiteras ?
C'est-à-dire que Dieu défend, non-seulement l'effet, mais encore la volonté de s'approprier le bien d'autrui.
Qw'est-ce que Dieu défend encore ?
Il défend de souhaiter d'acquérir les biens de la terre par des voies injustes.
Et quoi encore ?
De laisser languir de faim les pauvres, plutót que de leur faire part de ce qu'on a moyen de leur donner.
À quoi est-on obligé par ce précepte ?
A se contenter de l’état où il plait à Dieu de nous mettre, et à souffrir la nécessité avec patience, quand il lui plait de nous l'envoyer.
Comment faut-il accomplir ce précepte ?
En souhaitant que la volonté de Dieu soit accomplie, et non pas la nôtre.
Qui sont ceux qui contreviennent à ce commandement ?
Ceux qui portent envie à l'élévation et au profit du prochain, comme quand les ouvriers ne voudroient pas que d’autres qu'eux fussent employés dans leur art.
Les marchands et les autres hommes ne pèchent-ils pas aussi contre ce précepte ?
Oui, quand ils souhaitent la disette, afin de débiter plus chèrement ce qu'ils ont à vendre.
LECON XII
Des commandemens de l'Eglise, et de la récompense de ceux qui gardent ces commandemens. ?
- Combien y a-t-il de commandemens de l'Eglise?
Il y en a six, savoir :