‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 160 sur 257 · SUR LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

SUR LA SAINTE COMMUNION

La fin de la communion est de

renouveler le fidéle , et de toujours |

changer sa vie en mieux, jusqu'à ce qu'il parvienneà la perfection chrétienne, et enfin à la vie éternelle.

Il faut done qu'aprés la communion

il paroisse par sa manière de vivre |

qu'il a recu la grace de Jésus-Christ, et qu'il a été admisau plus saint de

tous les mystères. Que doit-on espé- |

rer d'un homme à qui Jésus-Christ recu, ne sert de rien? Et qu'y aurat-il aprés cela qui soit capable de le toucher? Le plus grand de tous les objets, le plus grand de tous les sacremens , les plus grandes de toutes les graces, c'est ce que contient l'Eucharistie. Si des remèdes si puissans ne changent point le malade en mieux, sa santé est désespérée. Mais afin qu'un si grand mystère opère en nos cœurs ce qu'il y doit opérer, on a besoin d'une grande préparation.

Elle doit commencer par linstruction. Il y a cinq choses principales à apprendre sur cet adorable sacrement : À. ce que c’est; 2. pourquoi il a été institué; 3. ce qu'il faut faire devant que.de le recevoir; 4. ce qu'il faut faire en le recevant ; 5. ce qu’il faut faire après lavoir recu.

de

Qu'est-ce que le saint Sacrement? -

Jésus-Christ nous l'apprend par ces paroles : « Ceci est mon corps livré pour vous, » ( Luc., xxx, 19, ) ou selon saint Paul , « MERE pour vous:» (I Cor., xt, 24.) « Ceci est mon sang du Nüuiet Testament , répandu pour la rémission des péchés.» ( Matth., xxvr, 28.)

C'est donc.ce même corps conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, crucilié, ressuscité, élevé aux cieux, placé à la droite du Pére, avec lequel Jésus-Christ viendra juger les vivans et les morts.

C'est ce méme sang infiniment précieux, qui a été répandu pour nous, et par lequel nos péchés ont été lavés.

Ce corps et ce sang, aprés la résurrection, sont inséparables.

Ainsi avec le corps, on recoit le sang; avec le sang, on recoit le corps; et avec l'un et l'autre, on recoit l'ame et la Divinité de Jésus- Christ, qui ne peuvent en être séparées; en un mot, on reçoit Jésus- Christ entier, Dieu et homme tout ensemble.

Avec Jésus-Christ vont toutes les graces , toutes les lumières , toutes les consolations, enfin toutes les richesses du ciel et de la terre. Tout

[nous est donné avec Jésus-Christ;

et qui se donne soi-même , ne peut plus rien refuser.

Voilà ce qu'il faut croire d'une ferme foi. N'importe que nos sens et notre raisonnement naturel ne comprennent rien dans ces mystéres : le chrétien n'a rien à écouter que Jésus-Christ. «Celui-ci est mon Fils bien-aimé dans lequel je me suis plu, écoutez-le. » ( Matt., xvir, 5. ) Il est la vérité méme; il fait tout ce qu'il lui plait par sa parole. Il est cette parole éternelle par qui tout a été tiré du néant.

Exercons ici notre foi par le mépris du rapport que nous font nos sens.

Il n'y a rien ici pour eux : c'est un exercice pour la foi ; n'écoutons que Jésus-Christ, et jouissons du bien infini qu'il nous présente.

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