AUX CURÉS, VICAIRES ET CATÉCHISTES DE SON DIOCÈSE
JacouEs-D£xicwE, par la permission divine Evêque de Meaux, aux curés, vicaires et catéchistes de notre diocèse , salut et bénédiction.
Vous n'ignorez pas, mes frères, qu'une des principales fins que l'Eglise se propose dans l'institution des fêtes, c'est l'instruction des fidèles ; et c'est une vérité que vous devez trèssouvent inculquer et répéter à vos paroissiens dans vos prónes, dans vos sermons et dans vos catéchismes.
Vous leur devez faire entendre que l'année chrétienne, aussi bien que l'année ordinaire , est comme distribuée en ses saisons; et que les solennités sont répandues en divers temps, afin de nous instruire par ce moyen de ce que Dieu a daigné faire pour notre salut, et de ce qu'il y a de plus nécessaire pour y parvenir.
En effet si les chrétiens prenoient bien seulement l'esprit des fétes , ils n'ignoreroient rien de ce qu'ils doivent savoir , puisqu'ils trouveroient dans ces fétes tous les bons enseignemens, et ensemble tous les bons exemples.
C'est ce qui nous a porté à vous donner ce Catéchisme des fêtes, à l'exemple de plusieurs diocèses où on le fait avec une
grande utilité.
On marquera à chaque endroit de ce catéchisme en quels - jours ces instructions doivent être faites; et pour les rendre plus utiles, vous y pourrez joindre un catéchisme qu'on appelle celui des images, ou en proposant des images pieuses attachées à la chaire, ou en quelque autre lieu apparent; on s'en sert pour rendre le peuple et les enfans attentifs.
Il n'y a que la fête de la Trinité dont il n'est pas à propos de proposer aucune image , paree qu'encore que les figures qu'on en voit quelquefois dans les églises, puissent avoir leurs raisons et puissent étre expliquées en un bon sens, il faut prendre garde que les enfans ne soient frappés d'abord de ces idées, dont l'impression demeure trop dans leurs esprits, et qui leur . meltent dans la pensée quelque chose de corporel. Mais au lieu que dans les autres fêtes dont le mystère s'est accompli visibleinent, on peut concilier l'attention par les images qu'on en donne , quand il s'agit de parler de la divinité ou d'expliquer la Trinité adorable; on doit commencer à rendre le peuple attentif, en lui faisant remarquer qu'en cette fête on ne lui propose aueune image sensible, parce que ce qui regarde la Divinité et la Trinité des personnes, est tout à fait au-dessus des sens et de l'intelligence humaine.
Le fondement de ce catéchisme doit étre un court récit de ce qui s'est passé dans la féte , ou une courte exposition de ce qui en fait le principal sujet : et ici il faut éviter la sécheresse des narrations ordinaires, en y mélant de temps en temps des affections et des réflexions pieuses.
Ge Catéchisme des Fétes, que nous vous mettons entre les mains, vous paroitra s'élever un peu au-dessus des catéchismes : précédens : aussi le proposons-nous principalement pour les personnes plus avancées; par exemple, pour ceux qui ont communié, et dans les derniers temps de l'instruction. Mais :
vous devez si bien faire, qu'il soit aussi soigneusement appris que les catéchismes précédens , parce que c’est un fondement qui servira à ceux que vous instruirez , dans tout le reste de leur vie , pour entendre utilement les sermons , et assister avec fruit au service divin.
A vertissez souvent les personnes âgées de lire attentivement ce catéchisme, puisqu'il a de si grands usages ; et vous le pou- .vez regarder vous-mémes comme devant faire le fond de l'instruction que vous ferez les jours de féte.
Au reste si vous voulez expliquer à votre peuple la doctrine chrétienne d'une maniere qui lui profite, dites peu de choses à la fois; répétez-les souvent , et inculquez-les avec force. Tournez-les en différentes manières , afin de faire toujours de nouvelles et de plus profondes impressions dans les esprits. Faitesen l'application à quelque chose de pratique , selon qu'on en a ici donné l'exemple ; et songez que celui qui est préposé pour
parler toute sa vie à un méme peuple, doit être aussi court dans
ses instruclions que soigneux et assidu à les faire. Donné à Meaux, dans notre Palais épiscopal, le sixiéme jour du mois d'octobre mil six cent quatre-vingt-six.
t J. BENIGNE, Ev. de Meaux.
Par mondit seigneur, Royer.
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