‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 54 sur 257 · Mais pour moi, j'ai marché · texte numérisé non relu

Mais pour moi, j'ai marché

1 Lorsqu'on se laisse aveugler par l'amour des biens de la terre, et qu'on en fait tout le sujet de sa prière, on croit être pieux ; et il semble qu'on veuille chercher de vaines excuses à Ses passions déréglées, en les portant jusque devani Dieu.

? Pour corrompre les personnes puissantes, et s'en servir à opprimer Ses ennemis innocens.

dans l'innocence : délivrez-moi , et ayez pitié de moi.

19. Mon pied est demeuré ferme dans la droite voie : je vous bénirai, Seigneur, dans les assemblées.

Gloire soit au Pére, au Fils, etc.

Autre Priére.

O Seigneur, les innocens mêmes ont besoin de se laver; purifieznous de nos moindres fautes, et ne permettez pas que nous vous offrions un sacrifice si pur avec des mains souillées.

Aprés le Lavabo, pendant que le prétre retourné à l'autel, s'incline de nouveau

devant Dieu pour lui offrirles dons proposés.

Priére.

Très-sainte Trinité , Père, Fils, et Saint-Esprit : nous vous offrons cette oblation sainte en mémoire de la passion, de la résurrection et de l’ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en honorant tous vos saints que vous cvez sanctiliés par ce sacrifice, et vous demandant leurs prières, particulièrement celles de la sainte Vierge Marie.

A l'Orate, fratres.

Cet endroit de la messe est très-important. Le prétre prét à entrer dans l'action du sacrifice, se retourne pour avertir les assistans que c'est en leur nom qu'il va offrir, et il demande la Société de leurs priéres dans le sacrifice qu'ils doivent offrir avec lui : il leur dit done :

Orate, fratres, priez, mes frères , que mon sacrifice, qui est

MANIÈRE DE BIEN ENTENDRE LA MESSE

aussi le vôtre, soit agréable à notre | monde lui fait, est comprise toute l'in

Dieu tout-puissant.

I faut répondre de cœur et de bouche:

Que le Seigneur recoive de vos mains le sacrifice pour l'honneur et la gloire de son nom, pour notre utilité particulière et pour le bien de toute son Eglise.

A l'Oraison qu'on appelle Secrète, devant le premier Per omnia.

Le prétre dans cette oraison, prie Dieu d'accepter les dons qu'on lui offre, et explique ordinairement le sujet de l'oblation, surtout dans les fétes particuliéres, où il lui rend graces, ou pour les mystères qu'il a accomplis en Jésus- Christ, ou pour les merveilles quil a faites dans ses saints.

O Dieu, rendez-moi digne d’assister à ces saints et redoutables mystères. O Dieu, combien est terrible l'ouvrage que vous commencez! O Dieu, achevez-le et agréez nos offrandes, par Jésus - Christ Notre-Seigneur votre Fils, qui vit et régne avec vous en lunité du Saint-Esprit.

Par tous les siécles des siécles.

Ainsi soit-il.

Que le Seigneur soit avec vous.,

Et qu'il soit avec votre esprit.

Elevez vos cœurs.

Nous les tenons élevés vers le Seigneur.

- Rendons graces au Seigneur notre Dieu.

I! est juste et raisonnable.

Dans ces deux avertissemens du prêtre et dans les deux réponses que tout le

struction de ce mystère,

Avoir le eceur en haut, c'est s'élever au-dessus des sens pour ne voir plus dans ce mystère ce qu'ils nous-suggerent, mais ce que Jésus-Christ y va dire et faire.

Rendre graces à Dieu, c'est commencer en effet le sacrifice de l'Eucharistie, qui veut dire action de graces.

La Préface, aprés le premier Per omnia.

Vere dignum et justum est,etc.

Pour élever les cœurs en haut selon que l'Eglise nous en avertit, on se joint avec tous les esprits célestes. La priére et l'action de graces par laquelle on le fait s'appelle Préface, parce que c'est par là qu'on commence le sacrifice ; et on dit avec le prétre :

Il est bien juste, Ô Dieu, Père tout-puissant; il est bien raisonnable de vous rendre graces en tout lieu et en tout temps, de tant de biens que nous avons recus et que nous recevons continuellement de votre bonté. Nous vous en rendons graces par Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui les anges mêmes, et tous les esprits célestes louent et glorifient votre sainte et redoutable Majesté; nous unissons avec eux nos cœurs et nos voix, et nous chantons de toutes nos forces avec les séraphins :

Sur le Sanctus.

C'est le cantique que le prophète Isaie ouit chanter aux séraphins avec un respect étonnant de la Majesté divine, L'Eglise y ajoute le Benedictus , qui est le cri de réjouissance qu'on chanta à Notre-Seigneur, lorsqu'il fit son entrée dans Jérusalem.

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

Hosanna , en langue sainte, est un eri | thodoxes, tout l'Ordre sacré et tout

de réjouissance, comme qui diroit : Bén?

soit Dieu qui nous délivre.

Saint, saint, saint estle Seigneur, le Dieu des armées.

Votre gloire remplit le ciel et la terre. Le salut nous soit donné du plushaut des cieux.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Le salut nous soit donné du plus haut des cieux.

Aprés le Sanctus.

C'est alors que l'on commence l'action du sacrifice qui s'appelle aussi dans le style ecclésiastique l'Action, comme étant la plus grande action , et la plus divine qui se puisse faire dans l'Eglise. On appelle cette prière Canon, c'est-à-dire régle, pour exprimer qu'on va offrir à Dieu, selon la régle de son Evangile, le sacrifice institué par Jésus-Christ, avec la prière réglée par les apôtres et par la tradition perpétuelle de l'Eglise.

- En cet endroit il est à propos de parler plus du cœur que de la bouche, et de se tenir attentif au mystère incompréhensible qu'on và opérer.

. Néanmoins pour se conformer à l'intention de l'Eglise, on peut dire :

Prière aprés le Sanctus.

Te igitur.

Nous vous prions, Pére trés-clément, par Jésus-Christ votre Fils, Notre-Seigneur, de recevoir cette oblation pour toute votre Eglise catholique. O Dieu, qu'il lui plaise de Punir, de lui donner votre paix, et de la sanctifier avec notre saint Père le pape N., et notre évéque N., et notre roi N., ettous les évêques or-

le peuple fidèle.

Au premier Memento.

O Seigneur, nous recommandons à votre bonté nous et nos amis, nos proches, nos bienfaiteurs et tous vos fidéles, sans oublier nos ennemis, que nous voulons toujours regarder comme nos chers frères.

O Seigneur, nous nous unissons de tout notre cœur tous ensemble dans la communion de vos Saints, avec la glorieuse Marie toujours vierge, Mére de notre Dieu et sauveur Jésus-Christ, et avec vos saints martyrs et tous vos Saints. Faites que par les priéres de ceux qui sont en si grand honneur et considération devant vous, nous soyons toujours assistés de votre secours; au nom deJésus-Christ Notre-Seigneur.

Quand le prétre étend les mains sur les dons proposés.

Cette action signifie qu'on s'unit avec ces dons pour étre consacré à Dieu, c'est-à-dire changé avec eux ; et il faut dire avec le prétre :

O Seigneur, ayez agréable cette oblation de toute votre famille, en témoignage de notre dépendance absolue. Faites coulernos jours dans votre paix ; délivrez-nous de la damnation éternelle, et mettez-nous au nombre de vos élus, par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Pendant que le prétre bénit les dons, faisant dessus des signes de croix.

Alors il ne faut plus parler que du

MANIERE DE BIEN ENTENDRE LA MESSE

cœur. Il faut être attentif à ce que fit Jésus-Christ la veille de sa mort dans sa sainte Cène, à sa passion et à sa mort, dont tant de signes de croix nous rappellent la mémoire.

Pendant la Consécration.

Il faut tenir son esprit attentif au grand et miraculeux changement qui se va faire, oà le pain deviendra le propre corps, et le vin le propre sang de Jésus- "Christ, le méme corps livré pour nous, le méme sang répandu pour nous.

Pendant qu'on élève le corps adorable etle calice du sang précieux, c'est mieux fait de le regarder en silence et avec une profonde humilité en disant seulement du cœur : « Je crois, Seigneur, je crois : fortifiez ma foi, changez-moi : vivez en moi, et moi en vous. »

Quand aprés la consécration le prétre répéte ces paroles de Jésus-Christ :

« Toutes les fois que vous ferez ces choses, faites-les en mémoire de moi : »

obéissons à sa parole, et disons :

Priére aprés la Consécration.

O Seigneur, nous nous souviendrons éternellement de tout ce que vous avez fait pour notre salut; de votre passion douloureuse; de votre obéissance jusqu'à la mort de la croix; de votre glorieuse résurrection; de votre ascension triomphante; et en actions de graces de tous ces mystéres, nous vous offrons cette hostie sainte, cette hostie pure, cette lhostie sans tache, ce pain de vie éternelle, et ce calice où est contenu notre salut perpétuel.

O Seigneur, de si grands dons voussont agréables par eux-mémes ; mais parce que la manière impure dont nous vous les offrons vous

pourroit déplaire, nous vous prions d'avoir notre oblation agréable, comme vous avez eu agréable celle du juste Abel votre serviteur, et le sacrifice de notre pére Abraham, et celui de votre saint pontife Melchisédech; et si vous avez regardé en pitié ceux qui vous offrirent des figures, recevez-nous maintenant, nous qui vous offrons Jésus-Christ, qui est la vérité méme.

O Seigneur, sanctifiez ceux qui doivent communier et recevoir de ce saint autel le sacré corps et le sang de votre Fils Jésus-Christ, et daignez leur accorder toute bénédiction spirituelle; par le méme Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Á second Memento.

O Seigneur, devant qui ceux qui sont morts dans la paix et dans la communion de votre Eglise sont vivans, en sorte que leur mort n'est quun sommeil : donnez à nos fréres, amis, bienfaiteurs, et à tous les fidéles trépassés, avec la parfaite rémission de leurs péchés, le rafraichissement qu'ils espérent et votre paix éternelle; par Jésus- Christ Notre-Seigneur.

Quand le prétre frappe sa poitrine, en disant : Nobis quoque peccatoribus.

Cette action de se frapper la poitrine signifiela componction d'un cœur quis'accuse et s'afflige de ses péchés. Il faut faire cette action avec le prêtre, en disant :

Nous vous prions, ó Seigneur, de

nous regarder en pitié, nous quine sommes que des pécheurs et des serviteurs inutiles, mais qui mettons notre espérance en vos grandes miséricordes. O Seigneur, metteznous dans la compagnie. de vos saints apôtres et martyrs, ne prenant pas garde à ce que nous méritons, mais nous pardonnant par votre grace, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Pendant que le prêtre fait des signes de croix avec la sainte hostie sur et devant le calice, on dit avec lui :

O Seigneur, qui nous avez fait tant de graces, et qui créez aujourd'hui pour nous une chose si excellente; qui avez donné la vie aux choses inanimées que nous avons mises sur vos saints autels, et qui en avez fait le corps et le sang de votre Fils que vous nous donnez, ce n'est pasà nous qu'il appartient de vous glorifier pour de tels bienfaits; mais que par le méme Jésus- Christ, et avec lui et en lui, honneur et gloire vous en soit rendue en l'unité du Saint-Esprit; par tous les siècles des siècles.

A ces dernières paroles et en disant :

Omnis honor et gloria , le prêtre élève un peu le calice et la sainte hostie. C'étoit une cérémonie du sacrifice , d'élever la vietime pour l'offrir à Dieu. On éléve dans ce méme esprit le corps et le sang de Notre-Seigneur , qui sont notre véritable victime.

Au second Per omnia, où l'on dit l'Oraison Dominicale, il faut profiter de l'avertissement du prêtre qui dit : Oremus,

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

« Prions, » disons la plus excellente de toutes les prières, puisque c’est celle que le Sauveur nous a lui-même enseienée : le prêtre ajoute : Audemus dicere:

« Nous osons dire. » À ces mots, il faut admirer la bonté de Dieu, qui permet à des pécheurs comme nous de l'appeler notre Pére.

O Seigneur, pécheurs que. nous

sommes, assurés sur votre parole, nous osons vous appeler notre Pére, et nous vous disons. :

Pater noster, etc. « Notre Pére, »

ete.

Il fant dire de cœur avec le prêtre cette divine oraison, et à la fin répondre de toute l'étendue de son affection : Sed libera nos à malo : « Délivrez-nous du mal. » Puis ajouter avec le prêtre :

Priére aprés le Pater.

Seigneur, nous sommes tout environnés et tout pénétrés de mal :

délivrez-nous de tous les maux passés, présens et à venir : c'est-à-dire des maux que nous nous sommes faits à nous-mémes par le péché, des maux dont nous sommes accablés parmi les misères de cette vie, et des maux encore plus grands que nous méritons en punition de nos crimes; et par les priéres de la sainte Vierge et de tous les Saints, faites régner la paix en nos jours; délivrez-nous de tout trouble; affranchissez- nous du péché, et rendez-nous vraiment libres; par Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et régne avec vous , et le Saint- Esprit, par tous les siécles des siècles.

MANIÈRE DE BIEN ENTENDRE LA MESSE

Au troisième Per omnia, le prétre dit : Pax Domini sit semper vobiscum.

« Que la paix de Notre-Seigneur soit toujours avec vous. »

Priére au troisième Per omnia.

O Seigneur Jésus-Christ, qui avez dit à vos saints apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, donnez-nous cette vraie paix que vous seul pouvez donner, la paix de la conscience, la paix avec vous, en nous délivrant du péché qui nous en sépare, la paix et une parfaite union avec tous nos frères.

Donnez la paix à votre sainte Eglise catholique; délivrez-la de tout schisme, de toute oppression et de tout mal.

C'est en ce temps qu'on donne la paix , un peu devant la communion.

Cette cérémonie est mise à la place du saint baiser, du baiser de paix dont parle saint Paul, que les fidéles se donnoient mutuellement, selon la coutume du temps, en signe d'union.

On donnoit donc la paix , et on la donne encore devant la communion, pour faire voir que la plus nécessaire disposition à communier, c'est d’être en paix et dans une parfaite réconciliation avec ses frères, conformément à cette parole de l'Evangile : « Lorsque vous offrez votre présent à l'autel, s'il vous souvient que votre frére a quelque chose sur le cœur contre vous, laissez là votre présent devant l'autel, et allez vous réconcilier premièrement avec votre frére, et aprés vous viendrez faire votre offrande. » Matth., v, 23, 24.

A. la Communion.

Pendant que le prétre communie , il faut faire avec lui la communion spirituelle, en se souvenant de la mort que Jésus-Christ à endurée pour nous, et désirant de participer à sa sainte table , suivant ce qui est écrit dans le Catéchisme, lecon v, de P Instructionsur l'Eucharistie.

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