PRÉFACE, N. XXIX
ensuite des égaremens si fréquens et si manifestes dans les hommes qui paroissent grands , parce qu'ils entraînent les autres. On déplorera les misères de l'esprit humain, et on connoitra que le seul reméde à de si grands maux est de savoir se détacher de son propre sens; car c'est ce qui fait la différence du catholique et de l'hérétique. Le propre de l'hérétique, c’est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de s'attacher à ses propres pensées; et le propre du catholique, c'est-à-dire de l'universel, est de préférer à ses sentimens le sentiment commun de toute l'Eglise : c'est la grace qu'on demandera pour les errans. Cependant on sera saisi d'une sainte et humble frayeur , en considérant les tentations si dangereuses et si délicates que Dieu envoie quelquefois à son Eglise et les jugemens qu'il exerce sur elle; et on ne cessera defaire des voeux pour lui obtenir des pasteurs également éclairés et exemplaires, puisque c'est faute d'en avoir eu beaucoup de
-semblables que le troupeau racheté d'un si grand prix a été si indignement ravagé.