LIVRE PREMIER
Depuis l'un 1517 jusqu'à l'an 1520.
SOMMAIRE
Le commencement des disputes de Luther. Ses agitalions. Ses soumissions envers l'Eglise et envers le Pape. Les fondemens de sa Réforme dans la justice imputée; ses propositions inouies; sa condamnation. Ses emportemens, ses menaces furieuses, ses vaines prophéties et les miracles dont il se vante. La Papauté devoit tomber tout à coup sans violence. Il promet de ne point permettre de prendre les armes pour son évangile,
I Il y avoit plusieurs siècles (a) qu'on désiroit la réformation de
La réfor-
mation à là discipline ecclésiastique : « Qui me donnera, disoit saint Ber-
V Eglise
étoit dés. nard, que je voie, avant de mourir, l'Eglise de Dieu comme elle oocws étoit dans les premiers jours ! ?» Si ce saint homme a eu quelque “chose à regretter en mourant, c'a été de n'avoir pas vu un ehangement si heureux. Il a gémi toute sa vie des maux de l'Eglise. Il n’a cessé d'en avertir les peuples, le clergé, les évêques, les Papes mêmes : il ne craignoit pas d'en avertir aussi ses religieux, qui s'en affligeoient avec lui dans leur solitude, et louoient d'autant plus la bonté divine de les y avoir attirés , que la corruption étoit plus grande dans le monde, Les désordres s'étoient encore augmentés depuis. L'Eglise romaine, la Mère des églises, qui durant neuf siècles entiers, en observant la première avec une exaclitude exemplaire la discipline ecclésiastique , la maintenoit de toute sa force par tout l'univers, n'étoit pas exempte de mal ;
1 Bern., Epist. 251 ad Eugen. Papam.
(a) Are édit. ; Depuis plus d'un siècle.