‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 223 sur 387 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Depuis 1558 jusqu'à 1510.

SOMMAIRE

Réformation de la reine Elisabeth. Celle d'Edouard corrigée, et la présence réelle qu'on avoit condamnée sous ce prince tenue pour indifférente. L'église anglicane persiste encore dans ce sentiment. Autres variations de cette église sous Elisabeth. La primauté ecclésiastique de la reine adoucie en apparence, en effet laissée la méme que sous Henri et sous Edouard malgré les scrupules de cette princesse. La politique l'emporte partout dans cette réformation. La foi, les sacremens et toute la puissance ecclésiastique est mise entre les mains des rois et des parlemens. La méme chose se fait en Ecosse. Les calvinistes de France improuvent cette doctrine, et s'y accommodent néanmoins. Doctrine de l'Angleterre sur la justification. La reine Elisabeth favorise les protestans de France. Ils se soulèvent aussitôt qu'ils se sentent de la force. La conjuration d'Amboise sous Francois ll. Les guerres civiles sous Charles IX. Que cette conjuration et ces guerres sont affaires de religion, entreprises par Pautorité des docteurs et des ministres du parti, et fondées sur la nouvelle doctrine qu'on peut faire la guerre à son prince pour la religion. Cette doctrine expressément autorisée par les synodes nationaux. Illusion des écrivains protestans, et entre autres de M. Burnet, qui veulent que le tumulte d'Amboise et les guerres civiles soient affaires politiques. Que la religion a été mélée dans le meurtre de Francois duc de Guise. Aveu de Bèze et de l'amiral. Nouvelle confession de foi en Suisse.

L'Angleterre bientót revenue aprés la mort de Marie à la réfor-

La reine

mation d'Edouard VI, songeoit à fixer sa foi, et à y donner la züisweu

croit ne dernière forme par l'autorité de sa nouvelle reine. Elisabeth fille

pouvoir

isurer de Henri VIII et d'Anne de Boulen, étoit montée sur le trône , et

son règne à . egt

ue par à gouvernoit son royaume avec une aussi profonde politique que religion 5 - : ^ 2 " prctestan- les rois les plus habiles. La démarche qu'elle avoit faite du côté

le. Quatre

ront: qui de Rome incontinent après son avénement à la couronne , avoit

lui fai-

wie. donné sujet de penser ce qu'on a publié d'ailleurs de cette prinisis. cesse, qu'elle ne se seroit pas éloignée de la religion catholique, A si elle eüt trouvé dans le Pape des dispositions plus favorables. Mais Paul IV, qui tenoit le Siége apostolique, reçut mal les civilités qu'elle lui fit faire comme à un autre prince, sans se déclarer davantage, par le résident de la feue reine sa sœur. M. Burnet nous raconte qu'il la traita de bâtarde !. Il s'étonna de son audace de prendre possession de la couronne d'Angleterre , qui étoit un fief du Saint-Siége, sans son aveu; et ne lui donna aucune espérance de mériter ses bonnes graces, qu'en renoncant à ses prétentions et se soumettant au Siége de Rome. De tels discours, s'ils sont véritables, n'étoient guère propres à ramener une reine. Elisabeth rebutée s’éloigna aisément d’un Siége dont aussi bien les décrets condamnoient sa naissance, et s'engagea dans la nouvelle réformation : mais elle n'approuvoit pas celle d'Edouard en tous ses chefs. Il y avoit quatre points qui lui faisoient peine ? : celui des cérémonies, celui des images, celui de la présence réelle, et celui de la primauté ou suprématie royale : et il faut ici raconter ce qui fut fait de son temps sur ces quatre points.

ul. Pour ce qui est des cérémonies , « elle aimoit, dit M. Burnet, 1. Celles que le roy son père avoit retenués; et recherchant l'éclat ét """* Ja pompe jusques dans le service divin, elle estimoit que les ministres de son frére avoient outré le retranchement des ornemens extérieurs, et trop dépouillé la religion *. » Je ne vois pas néan-

moins qu'elle ait rien fait sur cela de considérable. nl. Pour les images, « son dessein estoit surtout de les conserver

11e point.

Lesimages dans les églises et dans le service divin : elle faisoit tous ses efforts n à pour cela; car elle affectionnoit extrémement les images, qu'elle "'""' eroyoit d'un grand secours pour exciter la dévotion, et tout au-

moins elle estimoit que les églises en seroient bien plus fréquen-

1 Burn,, liv. III, p. 558. — Ibid., p. 558. — 3 Ibid., p. 557.

Page 1