‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 248 sur 387 · LIVRE X, N. LXIX · texte numérisé non relu

LIVRE X, N. LXIX

maine, leur attribuant toujours une manière de communier charnelle et sanglante, comme s'ils dévoroient de la chair crue. Après avoir condamné les papistes et les luthériens, ils parlent d'autres errans qu'ils appellent sacramentaires. « Nous rejetons, disentils, la réverie de ceux qui croient que la Cène est un signe vide du Seigneur absent 1, » Par ces mots ils en veulent aux sociniens comme à des gens qui introduisent une Cène vide, quoiqu'ils ne puissent montrer que la leur soit mieux remplie, puisqu'on ne trouve partout, à l'égard du corps et du sang, que « signes, commémoration et vertu ?. » Pour mettre quelque différence entre la Cène zuinglienne et la socinienne, ils disent « premièrement que la Cène » n’est pas la « seule mémoire de Jésus-Christ absent, » et ils font un chapitre exprès de la présence de Jésus-Christ dans ce mystère ?. Mais en la voulant expliquer, ils s'embarrassent de termes qui ne sont d'aucune langue, et que je ne puis traduire en la nótre, tant ils sont étranges et inouis. C'est, disent-ils , que Jésus- Christ est présent dans la Cène, et comme Dieu et comme homme. Comme Dieu, enter, presenter :traduise ces mots qui pourra: «par sa divinité Jéhovale, » c'est-à-dire, en termes vulgaires, par sa divinité proprement dite et exprimée par le nom incommunicable, « comme la vigne dans les sarmens, et comme le chef dans les membres. » Tout cela est vrai, mais ne sert de rien à la Cène, où il s'agit du corps et du sang. Ils en viennent donc à dire que Jésus-Christ est présent comme homme en quatre manières. « Premièrement, disent-ils, par son union avec le Verbe, en tant qu'il est uni au Verbe qui est partout. Secondement, il est présent dans sa promesse par la parole et par la foi, se communiquant à ses élus comme la vigne se communique à ses branches, et la téte à ses membres, quoiqu'éloignés d'elle. Troisiemement , il est présent par son institution sacramentelle et l'infusion de son Saint-Esprit. Quatriémement, par son office de dispensateur, ou par son intercession pour ses élus *. » Ils ajoutent qu'il n’est pas présent « charnellement, ni localement, » ne devant étre « corporellement que dans le ciel jusqu'au jour du jugement universel.»

1 Cap. de Sacramentartis, p. 155. — ? Ibid., p. 153, 154. — 3 Cap. de Pres., in Con., p. 155. — * P. 155.

L'ubiquité enseignée

par les Polonois zuingliense

Page 1