CHAPITRE X
Suite des preuves de la réserve sous la seule espéce du pain : saint Optat : Jean Moschus.
Un auteur du méme temps que saint Ambroise, c'est saint Optat, évêque de Milève en Afrique, reproche à Parménien et aux donalistes, «qu'ils avoient détruit, qu'ils avoient óté , qu'ils avoient raclé les autels » où leurs pères avoient offert, « où le corps et le sang de Jésus-Christ habitoient par certains momens *, » c'est-àdire au temps du sacrifice. I1 ajoute un peu après, « qu'ils avoient brisé les calices qui portoient le sang de Jésus-Christ *. » Voilà une expression distincte du corps et du sang. Mais lorsque le méme saint Optat fait voir que ces hérétiques, pour montrer qu'ils irouvolent profane tout ce que les catholiques consacroient, et méme l'Eucharistie, avoient jeté aux chiens celle qu'on réservoit, il ne parle plus que du corps. Il ne dit pas que les hérétiques aient jeté à terre ce sang précieux; mais seulement «qu'ils donnèrent l'Eucharistie à leurs chiens, dont aussitôt la dent vengeresse déchira les coupables du saint corps *. » Pourquoi en parlant du corps et du sang, dans le lieu où ils ont été tous deux profanés, ne parle-t-il ici que du corps, si ce n'est parce que dans la réserve il n'y avoit que le corps seul, et que le corps seul fut ici exposé au sacrilége ?
. Et quand, au commencement du septième siècle, nous voyons parmi les histoires de Jean Moschus *, que dans une province d'Orient chaque fidèle gardoit les particules de la communion qu'on lui confioit le Jeudi saint jusqu'au même jour de l’année suivante; qu'on les gardoit dans un linge très-propre; qu'un particulier les ayant oubliées dans l'armoire où on les mettoit, on trouva quelque temps après que toutes les saintes particules, $i. dq ueptdc, loin de s'étre corrompues, comme on le craignoit, avoient miraculeusement produit un épi ; faut-il encore ici, sous le bénéfice de la figure synecdoque, dire qu'on gardoit le sang
! Lib. VI, n. 1. — ? Jbid., n. 2. — 3 Lib. ll, n. 19. — * Prat. spirit., cap. LXXIX.