PARTIE II, CHAPITRE XXII
que pour celle des malades, qui étoit comme une suite de la domestique. :
Mais parmi de si foibles preuves, ce que M. dela Roque nous oppose de plus apparent ‘ est un passage de Pélage, chef de l'hérésie des pélagiens. Avec la permission de ces Messieurs et sans dessein de les offenser , on pourroit ici leur répondre qu'outre les grandes erreurs qui ont fait condamner ces dangereux auteurs de sectes, on remarque dans leurs écrits un certain travers secret et des singularités qu'on n'a pas toujours pris la peine de relever. C’est pourquoi on ne voit point que l'ancienne Eglise se serve des autorités des gens condamnés. Quoi qu'il en soit, écoutons Pélage : « Ceux, dit-il, qui s'assembloient dans l’église offroient séparément leurs oblations ; et tout ce qui leur restoit des sacrifices aprés la communion, les fidéles le consommoient ensemble dans l'église en prenant un repas commun ?. » Si l'on veut se donner la peine d'expliquer le sentiment d'un tel homme , on pourra dire que les fidéles portoient à l'autel leurs oblations et leurs sacrifices, qu'on en prenoit ce qu'il en falloit pour la communion du peuple, qu'on séparoit le reste, et qu'aprés la communion on en pouvoit manger une partie dans un repas ordinaire qu'on faisoit au commencement dans l'église. Mais si l’on pense établir par là qu'il n'étoit pas permis ni de porter l'Eucharistie aux absens, comme le raconte saint Justin, ni de la réserver pour quelque cause que ce fût, ou, ce qui est encore pire, qu'après l'avoir eonsaerée on la mangeoit, comme on auroit fait du pain commun dans un repas ordinaire : un seul auteur, et encore un auteur aussi reprochable qu'un hérésiarque , ne suffit pas pour établir une coutume d'ailleurs si mauvaise, et dont on ne trouve aucun exemple.
1 La Roq., p. 60. — * Comm. in | Cor., X1, 20 ; in App. Aug., edit, Antuerp., 4103, p. 371.