PARTIE II, CHAPITRE XXVI
voir , ni le sacrement de l'Extréme-Onction, ni celui du corps et du sang; ce qui est indubitable. Savoir maintenant si étant par l'absolution rendus dignes du corps et du sang, ils recevoient l'un et l'autre, ou l'un des deux seulement, il a été démontré que la ehose dépendoit du temps et des autres circonstances : tant au fond elle étoit tenue pour indifférente.
Le chapitre Officium dans les Décrétales :, sous le nom du pape Léon, sans dire lequel, ne conclut pas davantage. M. de la Roque estime ? qu'il est de Léon IV, et j'en suis d'accord ; puisqu'il revient parfaitement au style du temps, et aux autres décrets que nous avons de ce pape. Nous lisons aussi dans sa Vie, que ce grand homme fut très-zélé pour « rétablir les anciens usages et les ordres du sacré palais ?*. » [1 n'y a rien qui convienne mieux à ce dessein, que de régler l'office et la fonction de chaque ministre ecclésiastique. Ainsi ce que nous lisons dans ce titre des Décrétales, sousle nom du pape Léon, touchant l'office de l'archiprétre, doit étre un extrait du réglement général que fit ce grand pape, des devoirs de tous les officiers de l'Eglise. Mais enfin, que dit ce chapitre? « L'archiprétre, dit-il, doit ordonner au coustre ou au sacristain de l'église, cusronr, que l'Eucharistie ne manque pas pour les malades. » J'en conviens, et nous avons vu que ce pape ordonne qu'on y garde le corps seul dans une boite. Voilà done une première partie de l'ordonnance de Léon IV, qui s'accommode parfaitement à notre sentiment pour la réserve. Dans la seconde, ce pape ajoute, touchant le méme archiprétre : « Il doit pourvoir aux malades; et en y pourvoyant, commander aux prétres qu'ils ne meurent pas sans confession, et sans étre fortifiés du corps et du sang de Notre-Seigneur. » C’étoit en effet l'esprit de l'Eglise, comme nous l'avons dit souvent et comme nous le verrons plus amplement dans la suite, de pourvoir de bonne heure aux malades; en sorte qu'on leur püàt dire la messe pour les communier, auquel cas ils recevoient le corps et le sang, et c’est de quoi ce pape charge l'archiprétre. Ainsi en distinguant deux parties de l'ordonnance de ce pape, que M. dela Roque, peu
! Lib. I Decret., tit. xxiv, de Off. Arch., cap. ii. — ? La Roq., p. 80, 81, — 5 Anast., Vit. Leo. IV.
instruit du style et des coutumes de l'Eglise, a confondues, tout y revient manifestement aux deux maniéres de communier les malades que nous avons observées. Mais la suite fera mieux connoitre la vérité de notre remarque.
Je passe aux Sacramentaires du P. Ménard, d’où nos ministres tirent plusieurs argumens , qui tous vont tomber sur leurs tétes.