CHAPITRE XXIX
Les pénitens m'étoient pas les seuls qu'on communioit dans la maladie, al étoit ordinaire de donner la communion à tous les malades.
Les ministres veulent croire qu'avant saint Ambroise, c'est-àdire qu'avant l'an 397, aucun malade n'avoit communié, si l'on en excepte les pénitens; et voici comment raisonne M. de la Roque : « Eusébe raconte la mort d'Hélène, mère du grand
1 Traité de la Commmun., 1 part. n. 6, p. 294.
Constantin : saint Athanase, celle de saint Antoine : Grégoire de Nazianze, celle de saint Athanase, dont il représente les vertus et les priucipales actions; celle de son pére Grégoire, celle de Gorgonie sa sœur, et enfin celle de saint Basile son intime ami, comme fait aussi Grégoire de Nysse son frere ; mais ni les uns ni les autres n'ont rien dit de l'Eucharistie recue.* » On voudroit insinuer par là que la communion de saint Ambroise étoit extraordinaire et nouvelle , mais il n'y a rien de plus vain que cette preuve; et il est bon de démontrer une bonne foisla foiblessede ces argumens négatifs, quand on les fait indiscrètement et sans choix.
Premièrement, de tous ces discours qu'on nous objecte, où il n'est point parlé de communion, il n'y en a que deux qui soient vraiment historiques; savoir, l'Histoire d'Eusébe et la Vie de saint Antoine par saint Athanase. « Saint Grégoire de Nazianze raconte, dit-on , la mort de saint Athanase, dont il représente les vertus et les principales actions, celle de son pére saint Grégoire, celle de Gorgonie sa sœur, et celle de saint Basile, comme fait aussi Grégoire de Nysse son frère. » Ce ne sont point des histoires, ce sont des éloges funèbres, où l'on représente les grandes, et comme le remarque M. de la Roque, les principales actions, sans s'arréter aux choses communes, à moins qu'il n'y soit arrivé quelque événement particulier : et s'il falloit rejeter de la Vie de saint Athanase, de saint Basile et de saint Grégoire le père, tont ce qu'on ne trouve pas dans le discours de saint Grégoire de Nazianze, il faudroit nier tout d'un coup toutes leurs occupations les plus ordinaires. Ils n'auroient ni administré le baptéme, ni donné la Confirmation ou la Pénitence, ni offert le sacrifice, ni distribué l'Eucharistie, puisqu'à peine trouvera-t-on qu'il soit parlé de tout cela; et que si quelquefois il en est parlé, ce n'est qu'incidemment et par hasard. Mais loin qu'on reléve ces choses communes dans les discours panégyriques, ou dans les histoires générales, telle qu'étoit celle d'Eusébe, on ne les raconte méme pas dans les vies. Aussi ne saurions-nous pas la communion de Sérapion, ni celle de saint Ambroise, sans les circonstances particulières et les miracles visibles dont elles furent accompagnées. Qu'ainsi ne soit;
! La Roq., Rép., p. 39.