PARTIE IT, CHAPITRE XL
fonctions, qui est la consécration des saints mystères. Que si celle du corps sacré n'est pas de ce jour, celle du sang n'en est pas davantage; et si l'on eût fait la dernière, l'autre n'eüt pas dà être omise. Aussi voyons-nous que tous les auteurs nous disent unanimement, que l'on ne faisoit ni l’une ni l'autre ; et Raban, archevéque de Mayence, le plus savant homme d'alors , dit « qu'en ce jour du Vendredi saint, on ne célèbre en aucune sorte les sacremens; mais, dit-il, aprés avoir achevé les lecons et les oraisons avec la salutation de la croix, on recoit l'Eucharistie consacrée au jour de la Cène de Notre-Seigneur t. » Il est done clair, quand il dit qu'on ne célèbre les sacremens en aucune sorte, qu'il ne l’entend pas de la communion, comme on le faisoit du moins à Rome du temps de saint Innocent, puisqu'il raconte la manière dont on communioit avec l'Eucharistie consacrée la veille; mais de la consécration , qui par conséquent selon lui ne se faisant en aucune sorte le Vendredi saint, celle qu'on imagine par le mélange demeure tout à fait exclue. Amalarius marque aussi comme une chose qui répugne à la tristesse de ce jour, d’y faire le corps de Notre-Seigneur ? ; et comme il n'y répugne pas moins de faire le sang, il dit que ceux qui consacrent , c'est-à-dire qui eroient consacrer par le mélange ; car pour lui nous venons de voir combien il est éloigné de ce sentiment : « Ceux-là, dit-il, n'observent pas la tradition de l'Eglise dont parle le pape Innocent, qui défend de célébrer en aucune sorte les sacremens ?; » c'est-à-dire de les consacrer, comme Raban de Mayence nous l'a fait entendre.