CHAPITRE II
blées, et celui qui les écoute «prosterné à terre, reconnoit que Dieu est en vous. »
A l'ange de l'église d'Ephèse : à son évêque, selon la commune interprétation de tous les Péres. Il ne faut pourtant pas croire que les défauts qui sont marqués dans cet endroit et dans les autres semblables soient les défauts de l’évêque; mais c'est que le Saint-Esprit désigne l'église par la personne de l'évéque qui y préside, et dans laquelle pour cette raison elle est en quelque facon renfermée ; et aussi parce qu'il veut que le pasteur qui voit des défauts dans son troupeau, s'humilie et les impute à sa négligence.
De l'église d' Ephése. On croit que c'étoit alors saint Timothée, très-éloigné sans doute des défauts que saint Jean va reprendre dans les fidèles d'Ephése. D'autres disent que c’étoit saint Onésime, à qui je ne voudrois non plus les attribuer, apres le témoignage que lui rend saint Paul dans l’Zpître à Philémon : mais il y a plus d'apparence que c'étoit saint Timothée, qui fut établi par saint Paul évêque d'Ephése, et qui gouverna cette église durant presque toute la vie de saint Jean. .
Celui qui tient les sept étoiles... qui marche au milieu des sept chandeliers : Tout cela signifie les sept églises, 20. Le Saint-Esprit va reprendre toutes les diverses qualités qui viennent d'étre attribuées à Jésus-Christ les unes aprés les autres. Voyez ci-dessus, 1, 13, 16.
9. Qui se disent apôtres, et ne le sont point : le nombre de ces faux apôtres étoit grand. Saint Paul en parle souvent, et principalement I| Cor. xi, 13, et saint Jean lui-même, III* Epit. 9, lorsqu'il parle de Diotréphes qui ne vouloit pas le reconnoitre.
5. J'ôterai ton chandelier de sa place : Je t'óterai le nom d’église, et je transporterai ailleurs la lumière de l'Evangile. Lorsqu'elle cesse quelque part, elle ne s'éteint pas pour cela, mais elle est transportée ailleurs, et passe seulement d'un peuple à un autre.
6. Des Nicolaites : hérétiques trés-impurs qui condamnoient le mariage, et làchoientla bride à l'intempérance, ci-dessous, 14, 15.
7. A manger du fruit de l'arbre de vie qui est dans le paradis
de mon Dieu : dont quiconque mangeoit ne mouroit point, dont Adam fut éloigné, de peur qu'en mangeant de son fruit, il ne vécüt éternellement, Gen., 11, 9; 111, 22. Jésus-Christ noüs le rend lorsqu'il dit: « Voici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. » Joan., vr, 50. C'est le fruit de larbre de vie, c'est-à-dire Jésus-Christ attaché à la croix pour notre salut, Prim. Amb.
8. A l'ange de l'église de Smyrne: c'étoit alors saint Polycarpe, «établi par les apôtres évêque de Smyrne, » comme le raconte saint Irénée !, et, selon Tertullien ?, par saint Jean méme, homme apostolique, dont le martyre arrivé trés-longtemps après dans son àge décrépit, a réjoui toutes les églises du monde.
Qui est le premier et le dernier : repris du chapitre 1, 17, 18.
9. Tu es calomnié par ceux qui se disent Juifs. On voit ici la haine des Juifs contre les églises, et en particulier contre l'église de Smyrne, et on en vit les effets jusqu'au temps du martyre de saint Polycarpe, contre lequel ils animèrent les gentils, comme il paroit par la lettre de l'église de Smyrne à celle de Vienne à. Voyez Apoc., ii, 9, et remarquez que les persécutions des églises chrétiennes étoient suscitées par les Juifs, comme il sera dit ailleurs.
10. Le diable mettra bientôt quelques-uns de vous en prison : sur la fin de Domitien, lorsque saint Jean écrivoit, la persécution étoit encore languissante : c'est pourquoi il ne parle ici que de « quelques-uns mis en prison,» et d'une souffrance «de dix jours, » c'est-à-dire courte, surtout en comparaison de celles qui devoient venir bientót aprés, comme on verra.
41. De la seconde mort : c'est l'enfer et la mort éternelle, comme il sera expliqué , xx, 6, 14. C'est cette seconde mort qu'il faut craindre seule, et qui l'aura évitée ne doit point appréhender la mort du corps: ce que saint Jean remarque ici, afin qu'on ne craignit point de souffrir la mort dans la persécution qui alloit venir.
12. Celui qui porte l'épée à deux tranchans, repris du chapitre r, 46.
1 Iren., Ill, r1. — ? De Presc., xxxi. — 3 Euseb., LI, xiv.