CHAPITRE IV
l'empire, ni l’idolâtrie n'en sont jamais relevés, et Dieu vouloit que l'un et l'autre périt par un méme coup.
C'est ce que célèbre saint Jean dans l'Apocalypse; c'est où il nous mene par une suite d'événemens qui durent plus de trois cents ans, et c'est par où se termine enfin ce qu'il y a de principal dans sa prédiction. C'est là aussi la grande victoire de l'Eglise. Mais, avant que d'y arriver, il faudra voir tous les obstacles qu'elle | a surmontés, toutes les séductions qu'elle a dissipées, et toutes les violences qu'elle a souffertes. Satan a été vaincu en toutes manières, et Rome qui le soutenoit est tombée. Pendant que les chrétiens gémissoient sous la tyrannie de cette ville superbe, Dieu les tenoit dans cette attente, et leur faisoit mépriser l'empire et la gloire des impies. Saint Jean leur montroit aussi celle des martyrs, joignant, selon la coutume des prophètes, les consolations avec les vengeances et les menaces, sous des figures si admirables, qu'on ne se lasse point d'en contempler la variété et la magnificence. Nous en entendrons le détail, en appliquant les paroles dé la prophétie aux événemens qu'on vient de voir, et selon l'idée générale que j'en ai donnée.