CHAPITRE VII
mière chose qu'il explique, c’est la raison du délai dont il est parlé au chapitre vi, verset 11. On avoit répondu aux ames qui demandoient la vengeance de leur sang, qu'elles attendissent que le nombre des élus füt accompli. Dieu maintenant va faire connoitre qu'une grande partie de ses élus, dont le nombre devoit étre accompli, étoient parmi les Juifs et en devoient étre tirés. |
Je vis quatre anges... qui retenoient les quatre vents : ... les vents lâchés signifient l'agitation des choses humaines. « J'ai vu quatre vents qui combattoient sur une grande mer,» Dan., vii, 9. C'étoit-à-dire j'ai vu une grande agitation. Par une raison contraire Dieu retient les vents, quand il tient les choses en état.
Pour les empêcher de souffler : Les anges qui avoient le pouvoir de retenir les vents, avoient aussi le pouvoir de les lâcher, comme il paroit par la suite.
Pour les empécher de souffler sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre : ces paroles sont trés-remarquables pour entendre le chapitre suivant, avec lequel elles ont un rapport manifeste, comme on va voir.
2. Je vis encore un autre ange... qui portoit le signe du Dieu vivant : pour l'appliquer à ses élus comme la suite l'explique.
Et il cria aux anges : ... ce eri des anges les uns aux autres lorsqu'ils portent les ordres de Dieu, montre l'ardeur qu'ils ont à les faire entendre, comme un messager envoyé en diligence déclare ses ordres dés qu'il peut faire entendre sa voix en criant.
Aux anges qui avoient le pouvoir de nuire à la terre et à la mer : voilà encore ici la terre et la mer, et ce n'est pas en vain que je le remarque.
3. Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres : car l'heure de lâcher les vents pour les affliger n'est pas encore venue, ainsi qu'on vient de le voir, verset 4. Le Saint-Esprit marque ici manifestement le rapport de ce chapitre avec le suivant, où l'on verra verset 7, au son de la première trompette, «une grêle de feu tombée sur la terre, qui en brüle les arbres; » etau verset 8, «une montagne brûlante tombée sur la mer. » Ce sera donc à ce coup la terre avec les arbres et la mer frappée :
mais ici l'ange l'empêche et les deux malheurs qui devoient venir sont arrêtés pour un temps. |
Jusqu'à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu : c'est la cause du délai expliquée. Marquer les serviteurs de Dieu sur le front, c’est les séparer d’avec les réprouvés par la profession de l'Evangile, confirmée jusqu'à la fin par les bonnes œuvres, conformément à cette parole de saint Paul : « Le fondement que Dieu pose est ferme, ayant pour sceau cette parole : Le Seigneur connoit ceux qui sont à lui; et que celui qni invoque le nom du Seigneur se retire de l'iniquité. » Il Tím., 1,19.
Sur le front: ainsi dans Ezéchiel, 1x, 4, après l'ordre donné pour exterminer ceux qui étoient destinés à la vengeance, il est ordonné de marquer sur le front à la marque Thau ceux qui devoient étre épargnés.
La marque Thau, qui étoit un T, figuroit la croix de Jésus- Christ : mais la marque de ce chapitre de l'Apocalypse est plus clairement expliquée au chapitre xiv, 4, où il est dit « que les cent quarante-quatre mille, » c'est-à-dire ceux qui sont marqués au verset 4 du chapitre vu, que nous expliquons, « avoient le nom de l'Agneau et celui de son Père écrit sur le front, » c'est-à- .dire qu'ils avoient fait une haute et persévérante profession de l'Evangile. C'est la même chose que nous avons ouie de la bouche de Jésus-Christ, Apoc., m, 19 : « J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu... et mon nouveau nom. »
On voit maintenant le dessein de l'ange qui empéche les quatre anges exterminateurs de ruiner quelque peuple ou quelque contrée. C'est qu'il y avoit des élus à en tirer avant sa ruine, et l'ange veut qu'on attende qu'ils se soient rangés dans l'Eglise avec leurs autres fréres, et que comme eux ils soient marqués à la bonne marque du troupeau élu. On n'aura pas de peine à entendre pourquoi cette marque est représentée comme imprimée par un ange, si l'on se souvient que les anges « sont esprits administra teurs, envoyés pour le salut des enfans de Dieu, » Hebr., 1, 44. x
4. Etj'entendis que le nombre de ceux qui avoient été marqués, étoit de cent quarante-quatre mille de toutes les tribus des enfans d'Israël. Aprés ce qui nous avoit été expliqué, il ne res-