CHAPITRE XI
mot de temps, familière à l’Ecriture et à Daniel, ce prophète détermine le temps donné à Antiochus pour persécuter les enfans de Dieu à trois ans et demi en tout : ce qui fut en effet le temps précis de cette persécution, ainsi qu'il a été dit, Réflex. sur les perséc., n. 3.
Nous voilà done très-distinctement renvoyés par saint Jean à la prophétie de Daniel et à la persécution d'Antiochus, pour y trouver le vrai caractère des persécutions de l'Eglise, c'est-à-dire pour y entendre un terme arrêté de Dieu, un terme abrégé exprès pour le salut des élus, un terme qui finisse ordinairement par le chátiment éclatant des persécuteurs, et souvent méme par un aveu public de leur faute avant leur supplice, comme en effet il est arrivé presque toujours, et constamment de la dernière persécution que saint Jean avoit principalement en vue !.
Il ne faut pas ici s'émouvoir de ce que trois ans et demi excèdent de quelques jours le nombre de mille deux cent soixante jours. On sait assez que l'Ecriture arrondit les nombres. On a vu que saint Jean règle celui-ci, dont il fait le caractère de la persécution, sur le pied de douze fois trente jours; et au surplus la justesse des prophéties se doit trouver dansles grands caracteres, et non pas dans les minuties.
Dieu a voulu que quelques-unes des persécutions, par exemple celle de Valérien, eüt précisément le nombre de trois ans et demi, comme on a dit?. Les autres, qui durérent ou un peu plus ou un peu moins, n'eurent pas moins un terme abrégé et fixé par le doigt de Dieu, et n'en finirent pas moins par une conclusion pareille.
Ce temps de trois ans et demi est encore celui de la mémorable sécheresse qui arriva sous Elie, III Reg., xvu, xvi ; Luc., 1v, 25; Jac., v, 17; sécheresse qui revient assez à la persécution, comme il sera remarqué sur le verset 6.
C'est donc à dire, en un mot, que l'Eglise sera réduite au méme état où fut autrefois le peuple de Dieu trois ans et demi, et durant cette effroyable famine, et depuis encore sous la tyrannie d'Antiochus; et s'il faut aller plus avant, comme on voit dans toute
1 Réflex., n. 3 etsuiv. — ? Réflex., n. 5.