‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 529 sur 588 · Le sixième ange répandit sa coupe sur ce grand fleuve · texte numérisé non relu

Le sixième ange répandit sa coupe sur ce grand fleuve

-» d'Euphrate; et ses eaux furent séchées pour ouvrir un chemin aux rois d'Orient.

13. Et je vis sortir de la bouche du dragon, de la bouche de la béte et de la bouche du faux prophéte , trois esprits impurs semblables à des grenouilles.

14. Ce sont les esprits des démons qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre pour les assembler au combat au grand jour (a) du Dieu tout-puissant.

15. Je viens comme un larron. Heureux celui qui veille et qui garde ses vétemens, de peur qu'il ne marche nu et qu'il ne découvre sa honte.

16. Et il les assemblera ()) au lieu qui, en hébreu, s'appelle Armagedon.

17. Le septième ange répandit sa coupe dans l'air, et une voix forte se fit entendre du temple, venant du tróne, qui dit : C'en est fait.

48. Aussitôt il se fit des éclairs , des bruits et des tonnerres , et un grand tremblement de terre; et ce tremblement fut si grand, que jamais les hommes n'en ont ressenti de pareil depuis qu'ils sont sur la terre.

19. Et la grande cité fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombérent ; et Dieu se ressouvint de la grande Babylone, pour lui donner à boire le vin de l'indignation de sa colere. í

20. Toutes les iles s'enfuirent, et les montagnes disparurent.

21. Et une grande grêle , comme du poids d'un talent, tomba du ciel sur les hommes; et les hommes blasphémérent Dieu à cause de la plaie de la grêle, parce que cette plaie étoit trèsgrande. :

Les calamités de l'empire de Valérien. Les rois d'Orient vainqueurs , et les batailles funestes aux empereurs romains. La chute de Rome proposée en gros. Economie de ce chapitre ; son rapport avec le chapitre 1x depuis le verset 14.

4. Et j'entendis une grande voix. Saint Jean aprés avoir pro-

(a) Grec : De ce grand jour. — (^) Et ils les assemblèrent (au pluriel) en le rapportant aux esprits, vers. 14 : và mvebpara Éxmopeurat xod. auyiepazyey.

posé comme en gros la chute de Rome, la va expliquer plus en détail et sous des images plus claires : c'est ce qui paroitra bientót dans les chapitres xvir et xvi. Pour commencer ici à en expliquer les causes , il reprend les choses de plus haut, et revient au commencement du second Vc, dont il a parlé chapitre 1x, verset 44. Mais ici il nous en apprend des particularités remarquables, et nous montre mieux le rapport qu'il a avec la chute de Rome. Une grande voix qui sortit du temple : la voix qui sort ici du temple sans qu'il y paroisse aucun ministère des anges, est de celles qui marquent un ordre venu plus immédiatement de Dieu méme, selon la remarque du chapitre 1, verset 10. On en entendra une semblable, verset 47, et il faudra bien prendre garde à ce qu'elle dira. Une grande voix qui sortit du temple et qui dit aux sept anges. Remarquez ici soigneusement que l'ordre vient en méme temps à tous les sept anges; de sorte qu'il faut entendre qu'ils versèrent leurs coupes ensemble, à peu prés dans le méme temps et comme coup sur coup. Lorsque lAgneau ouvre les sceaux , on les lui voit ouvrir successivement , et à chacune des quatre premières ouvertures , un des animaux avertit saint Jean de regarder , vi, 1, 3, 5, 7. On ne voit pas moins clairement dans les trompettes que les sept anges en sonnent l'un après l'autre : les trois Vc, qui sont réservés pour les trois dernières trompettes, viennent avec une manifeste succession, vui, 43; 1x, 49; x1, 44; et un ange jure expressément qu'au temps de la septième trompette, le mystère de Dieu s'accompliroit, x, 6, 7. La succession nous est donc trés-distinctement marquée dans tous ces endroits. On ne voit rien de semblable dans ce chapitre xvi, ni à l'effusion des sept coupes : au contraire on n'entend qu'une seule voix pour les sept anges : l'ordre part en méme temps pour tous; et le Saint- Esprit, qui veut qu'on apporte une attention extréme dans la contemplation de ces mystères, nous avertit par là que ces sept plaies regardent un certain temps fort court, où Dieu devoit faire sentir tous ces fléaux à la fois. Cet état effroyable où tous les maux se rassemblent est l'empire de Gallien , incontinent aprés que l'empereur Valérien eut été pris par le fier Sapor, roi de Perse; car c'est alors que Dieu irrité des violences qu'on faisoit souffrir à son

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