‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 536 sur 588 · EXPLICATION DE LA PREMIERE PARTIE DU CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PREMIERE PARTIE DU CHAPITRE XVII

Sept empereurs idolátres sous qui la derniére persécution est exercée. Maæimien Herculius est un des sept : pourquoi il est aussi en quelque facon le huitième ?

1. Un des sept anges. Get ange exécuteur de la justice de Dieu, en va faire entendre les secrets à saint Jean dans un plus grand détail et lui expliquer en même temps la vision du chapitre xr.

De la grande prostituée. I1 faut voir sur la prostituée ce qui est dit Préf., n. 40, et sur le verset suivant, et encore à la fin de cet ouvrage dans l'Avertissement aux protestans, n. 9. Qui est assise sur les grandes eaux : qui domine sur plusieurs peuples, ci-dessous, 15.

2. Avec laquelle les rois de la terre se sont corrompus. Ils ont adoré, non-seulement les dieux romains, mais encore Rome elleméme et ses empereurs : c'est là aussi leur enivrement, ci-des-

' Sous, verset 4.

3. Dans le désert. Saint Jean est transporté dans un lieu où il ne voit d'autre objet que celui qu'il va décrire. Une femme assise sur une bête de couleur d'écarlate, pleine de noms de blasphème : c'est la bête qui est pleine de ces noms, comme il paroît par le grec.

(a) Grec: Quoiqu'elle soit, xai TÉpÉTy. Une autre leçon du grec porte xoi ataca, et elle doit venir. C est uinsi qu'a lu saint Hippolyte, Demonst. de Ani de” l'édition de Gudius; à Paris, 1660, p. 50. — (5) C'est le huitième , qui

est de ces sept.

Cette bête, par les caractères qui lui sont donnés, est la méme qui paroit au chapitre xr. Elle a comme elle sept têtes , dix cornes avec dix diadèmes et des noms de blasphème, car on l'appeloit la ville éternelle : on l'appeloit dans les inscriptions Rome la déesse : on lui donnoit le titre de déesse de la terre et des nations, Terrarum Dea Gentiumque Roma, Martial., Epigr. xu, 8. Et sur tout cela il faut voir ce qui a été dit au chapitre xir, verset 4. On ajoute ici l'écarlate comme la couleur de l'Empire et des princes, et aussi pour signifier le sang répandu et la cruauté.

Une femme assise sur une bête. Saint Jean explique clairement que la béte et la femme ne sont au fond que la méme chose, et que l'une et l'autre c'est Rome avec son empire. C'est pourquoi la béte est représentée comme celle qui a sept montagnes, verset 9, et la femme «est la grande ville qui domine sur les rois de la terre, » verset 18. L'une et l’autre est donc Rome; mais la femme est plus propre à marquer la prostitution, qui est dans les Ecritures le caractère de l'idolátrie. Il est dit de Tyr « qu'aprés son rétablissement elle se prostituera de nouveau aux rois de la terre,» Isa., xxim, 17. Ninive aussi est nommée «une prostituée, belle et agréable, pleine de maléfices, qui a vendu les nations dans ses prostitutions,» Nah., nr, 4. lsaie parle aussi à Babylone comme à une prostituée : «On découvrira ta honte, on verra ton ignominie, Ô toi qui t'es plongée dans tes délices? » 1sa., XLVII, 3, 8.

En ce sens il n’y eut jamais une prostituée qui ait égalé la vieille Rome : car outre ses dieux particuliers, elle adora tous les dieux des autres nations, qui tous avoient leurs temples dans Rome; et tel étoit son aveuglement, qu'elle mettoit une partie de sa religion dans le culte qu'elle rendoit à tous les faux dieux. Non-seulement elle étoit abandonnée à ces faux dieux, mais encore elle provoquoit tous les peuples par son autorité et par son exemple à de semblables corruptions.

4. La femme étoit vétue de pourpre. La couleur de son habit désigne Rome, ses magistrats et son empire, dont la pourpre étoit la marque : les pierres précieuses et ses richesses immenses paroissent sur elle comme les marques de sa vanité, et comme l'at-

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