Pour manger la chair des rois. Ezéchiel, xxxix
19. Et je vis la béte... C'est une récapitulation et répétition abrégée de ce qui a été représenté au long dans les visions précédentes. |
20. Ces deux furent jetés... C'est aprés la vengeance sur la terre, le supplice éternel de l'autre vie. Remarquez ici l'effet le plus terrible du dernier V, où par des malheurs extrêmes on est précipité dans l'enfer. Remarquez encore qu'il ny a ici que la bête et le faux prophète qui y soient jetés : le dragon qui les animoit n'y est jeté qu'au chapitre xx , 9, dont nous dirons alors la raison.
21. Tués par l'épée qui sortoit de sa bouche , comme il a été dit ci-dessus, 1, 16.
Objections des protestans contre l'interprétation précédente.
Nous avons avec la grace de Dieu conduit les prédictions de saint Jean, depuis les temps de Trajan et d’Adrien jusqu’à la destruction de Rome , qui étoit comme le terme de sa prophétie. Que ‘si les protestans doutent encore que ce ne soit à ce grand événe- ‘ment qu'elle se termine, j'ai encore à leur opposer ce raisonnement tiré de leurs propres principes : car ils sont tous demeurés
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d'aecord que le démembrement de l'Empire romain étoit marqué dans les dix rois du chapitre xvi : donc la ruine de Rome, qui suit incontinent aprés dans le chapitre xvn, est la ruine qui accompagne ce démembrement, c’est-à-dire la ruine causée par Alaric; autrement il n'y aura plus ni suite, ni enchainement dans la prophétie; et pour en faire le commentaire, il n'y aura quà jeter en l'air tout ce qu'on voudra. Par conséquent il faut croire que saint Jean a eu en vue cet événement, et les protestans ne l'ont pu nier sans se démentir eux-mémes. Mais parce qu'ils prétendent avoir des raisons pour montrer que cette prise de Rome par Alaric et les Goths ne répond pas suffisamment à ce que dit saint Jean de la chute de cette ville, les voici en peu de mots, comme on les trouve ramassées par ordre de tous les auteurs protestans dans la Synopse d'Angleterre *.
are Objection. La chute dont parle saint Jean est une chute derniere et irréparable.
Réponse. Au contraire nous avons fait voir que c'est une chute semblable à celle de Babylone, qui resta encore longtemps avec gloire. Voyez chapitre xvii, verset 2.
2° Objection. Saint Jean dénonce sa perte à une Rome idolâtre et prostituée , et non pas à une Rome devenue chrétienne.
Réponse. Nous avons fait voir comment Rome étoit encore la prostituée, Hist. abr., n. 43, 44, et sur le chapitre xvu, verset 6. Il faut aussi se souvenir que pendant méme que les empereurs étoient chrétiens, l'idolátrie dominoit dans le sénat, et qu'on y regardoit la religion chrétienne comme la dévotion particulière des princes, mais l'idolátrie comme la religion de l'Empire , ibid.
Je passe ici la troisième et la cinquième objection , que je mettrai à la fin comme les plus fortes , et que je détruirai, s'il plait à Dieu, avec la dernière évidence.
Mais, dit-on pour quatriéme raison, les Saints sont avertis de sortir de Babylone. Il est vrai : mais visiblement cet ordre du ciel ne signifie autre chose, sinon que Rome étoit une ville encore
pleine d'impiété, et qu'elle alloit être saccagée ; de sorte qu'il en
1 In cap, XVIII. Apoc., vers. 16, p. 1960.