XVII. — La Trinité annoncée dans l' Apocalypse
J'ajouterai en finissant que le perpétuel objet de l'amour et de l'adoration de l'Eglise, un seul Dieu en trois personnes, est célébré dans l' Apocalypse. Le Père, qui est assis dans le trône, y recoit les hommages de toutes les créatures : le Fils, qui y porte aussi le nom du Verbe‘, sous lequel saint Jean a marqué sa divinité, recoit les mêmes honneurs, et il est, comme on a vu, traité d'égal avec le Pére : le Saint-Esprit est montré comme celui qui est l'auteur des sacrés oracles, et qui parle dans tous les cœurs avec une autorité souveraine : les Eglises sont invitées par sept fois à entendre ce que dit l'Esprit?; l'Esprit prononce souverainement que les travaux de ceux qui meurent au Seigneur sont finis?; l'Esprit parle dans tous les cœurs pour appeler Jésus-Christ*; cet Esprit qui parle est toujours unique en son rang et toujours incomparable; un comme le Père et le Fils, intime coopérateur de l'un et de l'autre, et consommateur de leur ouvrage : ce qui confirme en passant que les sept Esprits au nom desquels les églises sont saluées *, ne sont pas cet Esprit égal au Pére et au Fils, à qui le caractere de l'unité est attribué partout, mais des anges, à qui aussi le nombre de sept est attribué dans tout le livre.
XVIII. — Economie de lApoca/ypse. Conclusion de l'explication. Passage à la suite.
On peut entendre maintenant toute l'économie de l' Apocalypse. Saint Jean va d'abord à ce qui étoit le plus proche et le plus pressant, qui étoit le commencement de l'Eglise et ses premières souffrances. [1 s'y attache partout aux événemens les plus grands, aux caractères les plus marqués, aux circonstances les plus impor-
tantes et les plus particulières. Chaque chose a son caractère : ce qui est long est marqué par un grand nombre ; ce qui est court est marqué comme court, et la brièveté dans cet ouvrage se prend toujours à la lettre. Ce qui est marqué comme devant arriver
1 Chap. xIx, 13. — ? Chap. i1, 111. — ? Chap. xiv, 13. — * Chap. xxu, 17. — $ Chap. I, 4.
bientót, commence en effet à se déployer incontinent aprés le temps de saint Jean. Le livre n'est pas scellé, comme s’il devoit demeurer longtemps fermé, parce que l'accomplissement de .ses prédictions devoit éclater bientót. C'est ce que j'ai cru devoir ajouter à cette explication de l'Apocalypse pour la remettre tout entiére, comme en un moment, sous les yeux, et afin que le lecteur attentif en imprimant dans sa mémoire tous les caractères marqués par saint Jean, commence à y reconnoitre les principes dont nous allons nous servir pour la conviction des protestans.