Nous les mettrons à une distance immense
4. La ressemblance n’est pas si parfaite. (Voyez la note 3 de la page 38.)
5. J’ai fait voir (Journal des savants , année 1853, page 326) que le nombre des espèces va toujours en diminuant.
DES MULETS
que l’univers se déploie; l’homme peut donc et doit tout tenter, il ne lui faut que du temps pour tout savoir. Il pourrait même, en multipliant ses observations, voir et prévoir tous les phénomènes, tous les événements de la nature avec autant de vérité et de certitude que s’il les déduisait immédiatement des causes; et que! enthousiasme plus pardonnable ou même plus noble que celui de croire l’homme capable de reconnaître toutes les puissances, et découvrir par ses travaux tous les secrets de la nature * !
Ces travaux consistent principalement en observations suivies sur les différents sujets qu’on veut approfondir, et en expériences raisonnées, dont le succès nous apprendrait de nouvelles vérités : par exemple, l’union des animaux d’espèces différentes, par laquelle seule on peut reconnaître leur parenté n’a pas été assez tentée^. Les faits que nous avons pu recueillir au sujet de cette union volontaire ou forcée se réduisent à si peu de chose, que nous ne sommes pas en état de prononcer sur l’existence réelle Aqs jumarts^ ,
On a donné ce nom jimart d’abord aux animaux mulets ou métis , qu’on a prétendu provenir du taureau et de la jument; mais on a aussi appelé le produit réel ou prétendu de l’âne et de la vache. Le docteur Shaw dit que, dans les provinces de Tunis et d’Alger, « il y a une « espèce de mulet nommé kimrach qui vient d’un âne et d’une vache, que « c’est une bête de charge, petite à la vérité, mais de fort grand usage; « que ceux qu’il a vus n’avaient qu’une corne au pied comme l’âne, mais « qu’ils étaient fort différents à tous égards, ayant le poil lisse et la queue « et la tête de vache, excepté qu’ils n’avaient point de cornes »
Voilà donc déjà deux sortes de jumarts, le premier qu’on dit provenir du taureau et de la jument, et le second de l’âne et de la vache. Et il est encore question d’un troisième jumart, qu’on prétend provenir du taureau et de l’ânesse. Il est dit dans le Voyage de Mérolle que, dans l’île de Corse:
« Il y avait un animal, portant les bagages, qui provient du taureau et « de l’ânesse, et que pour se le procurer on couvre l’ânesse avec une peau « de vache fraîche afin de tromper le taureau »
Mais je doute également de l’existence réelle de ces trois sortes de jumarts, sans cependant vouloir la nier absolument. Je vais même citer quelques faits particuliers, qui prouvent la réalité d’un amour mutuel et d’un accouplement réel entre des animaux d’espèces fort différentes , mais dont néanmoins il n’a rien résulté. Rien ne paraît plus éloigné de l’aimable caractère du chien que le gros instinct brut du cochon ; et la forme
а. Voyage du docteur Shaw en Afrique , t. I®'', p. 308.
б. Voyage de Mérolle au Congo, en 1682.
1. Quel homme a jamais pu se croire, plus que Buffon : « capable de reconnaître toutes les « puissances , et de découvrir par ses travaux tous les secrets de la nature ? »