DE LA MULE
EXEMPLES d’accouplement PROLIFIQUE DE LA MULE AVEC LE CHEVAL.
Nous avons dit, dans plusieurs endroits de notre ouvrage, que la mule produit quelquefois, surtout dans les pays chauds. Nous pouvons ajouter aux exemples que nous en avons donnés une relation authentique que M. Schiks, consul des états-généraux de Hollande à Murcie en Espagne, a eu la bonté lie m’envoyer, écrite en espagnol, et dont voici la traduction :
« En 1763, le 2 août à huit heures du soir, chez le sieur François Carra, Labitant de la ville de Valence, une de ses mules très-bien faite et d’un poil bai, ayant été saillie par un beau cheval gris de Cordoue, fit une trèsbelle pouline d’un poil alezan avec les crins noirs : cette pouline devint très-belle, et se trouva en état de servir de monture à l’âge de deux ans et demi. On l’admirait à Valence, car elle avait toutes les qualités d’une belle bêle de l’espèce pure du cheval; elle était très-vive, et avait beaucoup de jarret : on en a ofl'ert six cents écus à son maître, qui n’a jamais voulu s’en défaire. Elle mourut d’une échaulfaison, sans doute, pour avoir été trop fatiguée, ou montée trop tôt.
En 1765, le 10 juin, à cinq heures du matin, la même mule de François Carra, qui avait été saillie par le même cheval de Cordoue, fit une autre pouline aussi belle que la première, et de la même force, d’un poil gris sale et crins noirs, mais qui ne vécut que quatorze mois.