‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 105 sur 392 · Il u’existe de jumarts d'aucune sorte · texte numérisé non relu

Il u’existe de jumarts d'aucune sorte

DES MULETS

En 1767, le 31 janvier, cette mule produisit pour la troisième fois, et c’était un beau poulain, même poil gris sale, avec les crins noirs , de la même force que les autres ; il mourut âgé de dix-neuf mois.

Le 1" décembre 1769, cette mule, toujours saillie parle même cheval, fit une pouline aussi belle que les autres, qui mourut à vingt-un mois.

Le 13 juillet 1771, vers les dix heures du soir, elle fit un poulain, poil gris sale, très-fort, et qui vit encore actuellement en mai 1777. Ces cinq animaux métis, mâles et femelles, viennent d’un même cheval, lequel étant venu à mourir, François Carra en acheta un autre très-bon, du même pays de Cordoue, le 6 mars 1775; il était poil bai brun, avait une étoile au front, les pieds blancs de quatre doigts, et les crins noirs. Ce cheval, bien fait et vigoureux, saillit la mule sans que l’on s’en aperçût, et le 5 avril 1776 elle fit une pouline d'un poil alezan brûlé, qui avait aussi une étoile au front et les pieds blancs comme le père ; elle était d’une si belle tournure, qu’un peintre ne pourrait pas en faire une plus belle ; elle a les mêmes crins que les cinq autres; c’est aujourd’hui une très-bonne bête. On espère qu’elle réussira, car on en a un très-grand soin , et même plus que des autres.

On ajoute que lorsque cette mule mit bas pour la première fois, le bruit s’en répandit par toute la ville, ce qui y attira un concours de monde de tout âge et de toute condition.

En 1774, M. don André Gomez de la Yéga, intendant de Valence, se fit donner la i dation des cinq productions de la mule, pour la présenter au Roi. »

CHIENS-MULET '

PROVENANT d’uNE LOUVE ET d’uN CHIEN BRAQUE.

M. Surirey de Roissy, que j’ai déjà cité m’a fait l’honneur de m’écrire au mois de mars 1776 une lettre par laquelle il m’informe que des quatre jeunes animaux produits le 6 juin 1773 par le chien braque et la louve, deux femelles avaient été données à des amis, et n’avaient pas vécu; que la dernière femelle et le seul mâle, produit de cette portée, ont été conduits alors à une des terres de M. le marquis de Spontin, où ils ont passé l’automne, et qu’après le cruel accident arrivé au cocher de sa maison par la morsure de la mère louve, on l’avait tuée sur-le-champ. M. de Roissy ajoute que, de ces deux métis, la femelle dès sa jeunesse était moins sauvage

1. Ce second article sur les fait partie du VII® volume des de l’édition in-4®

de l’Imprimerie royale, volume publié en 1789.

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