‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 112 sur 392 · Voyez la note de la page 27S du II® volume · texte numérisé non relu

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CHIENS-MULETS

preuve que l’on ne peut récuser. Nos animaux métis, par leurs facultés intérieures, ainsi que par l’odeur et par plusieurs autres caractères extérieurs, avaient tant de rapport avec le loup, qu’il n’est guère possible de croire qu’ils en différaient dans un des points les plus essentiels, qui est la fécondité 2“ Pour un loup que l’on tue, il y a peut-être cent chiens qui subissent le même sort, et néanmoins cette dernière espèce est encore infiniment plus nombreuse que celle du loup, quoique, selon toute apparence, elle ne soit que quatre fois plus féconde. 3° On peut encore remarquer que lorsqu’on a vu dans une forêt une portée de jeunes louveteaux avec leur mère, il n’est pas ordinaire d’y en voir l’année suivante , quoique cette mère n’ait pas changé de lieu, à moins qu’il n’y ait encore d’autres louves avec elle; et si la louve mettait bas tous les ans, on verrait chaque année, au contraire, les petits conduits par leur mère, se répandre au printemps dans les campagnes pour y chercher leur nourriture ou leur proie ; mais comme nous n’avons pas d’exemple de ce fait, et que d’ailleurs toutes les raisons que nous venons d’exposer nous paraissent fondées, nous persistons à croire que la louve ne produit tout au plus qu’une fois en deux ans^, comme les femelles de nos animaux métis ^

Le 4 mars 1779, la femelle métisse de la seconde génération mit bas ses petits qui étaient au nombre de sept, et qui parurent être de couleur brune ou noirâtre comme le père, ou comme de jeunes louveteaux qui viennent de naître; et comme cette femelle avait été couverte le 30 ou 31 décembre précédent, il est évident que le temps de la gestation n’a été que de soixantetrois jours comme dans l’espèce du chien et non pas de trois mois et demi, comme on le dit, mais peut-être sans fondement, de l’espèce du loup ; car en prenant encore ici l’analogie pour guide, il n’est guère posssible de se refuser à croire que la gestation ne soit pas de même durée dans l’espèce du chien et dans celle du loup, puisque ces animaux se ressemblent à tant d’égards et ont tant de rapports entre eux qu’on ne peut pas douter qu’ils ne soient de même genre et d’espèces beaucoup plus voisines que celles de l’âne et du cheval; car ces derniers animaux ne produisent ensemble que des êtres qui ne peuvent se perpétuer par la génération , c’est-à-dire des êtres imparfaits auxquels la nature a refusé le plus précieux de ses dons, celui de vivre ou d’exister dans une postérité même au delà du terme de sa

1. C’est précisément par ce point, qui n’est pas seulement l’un des plus essentiels, qui est le plus essentiel , que les animaux métis diffèrent des espèces pures : les animaux métis ra’ont qu’une fécondité bornée; les espèces pures ont une fécondité continue, (Voyez la note de la page 202. )

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