Voyez la note a de la page 114 du llli^ volume
2 Voyez la note d de b page 114 du III« volume.
LA ROUSSETTE ET LA ROUGETTE
« fort longtemps, si rien ne tes effarouclie; il y en a cepenJant tonjonrs « quelques-unes, de temps en temps, qui se détachent et font compagnie. « Mais qu’un oiseau de proie passe au-dessus de l’arbre, que le tonner re (( vienne à éclater, qu’il se lire un coup de fusil ou sur elles ou dans le « canton, ou que déjà, pourchassées et effarouchées elles entrevoient au-des- « sous d’elles quelqu’un, soit chasseur ou autre, elles s’envolent tontes à la K fois, et c’est pour lors qu’on voit en plein jour de ces compagnies, qui, « quoique bien fournies, n’obscurcissent point l’air; elles ne peuvent voler « assez sei’rées pour cela ; l’expression est au moins hyperbolique. Mais dir-e « on voit sur les arbres une infinité de grandes chauves-souris qui pendent « attachées les unes aux autres sur les arbres', c’est dire assez mal une faus- « seté ou du moins une absurdité. Les roussettes sont trop hargneuses « pour se tenir ainsi par la main; et en considérant leur forme on recon- « liait aisément l’impossibilité d’une pareille chaîne. Elles branchent ou « au-dessus ou au-dessous, ou à côté les unes des autres, mais toujours « une à une.
« Je dois placer ici le peu que j’ai à dire des rougettes. On n’en voit « point voler de jour; elles vivent en société dans de grands creux d’arbres « pourris, en nombre quelquefois de plus de quatre cents. Elles ne sortent a que sur le soir à la grande brune et rentrent avant l’aube. L’on assure, « et il passe en cette île pour constant, que quelle que soit la quantité d’in- « dividus qui composent une de ces sociétés il ne s’y trouve qu’un seul « mâle : je n’ai pu vérifier le fait. Je dois seulement dire que ces animaux « sédentaires parviennent à une haute graisse; que dans le commencement « de la colonie, nombre de gens peu aisés et point délicats, instruits sans « doute par les Malacasses, s’approvisionnaient largement de cette graisse « pour en apprêter leur manger. J’ai vu le temps où un bois de chauves- « souris (c’est ainsi qu’on appelait les retraites de nos rougettes) était une « vraie trouvaille. Il était facile, comme on en peut juger, de défendre la « sortie de ces animaux, puis de les tirer en vie un à un, ou de les étouffer « par la fumée, et de façon ou d’autre de connaître le nombre de femelles « et de mâles qui composaient la société : je n’en sais pas plus sur cette « espèce. Je reviens à la note... Autre hyperbole. Le bruit que ces animaux « font pendant la nuit en dévorant en grande troupe les fruits mûrs quils
« savent discerner dans l'épaisseur des bois ^ En lisant cela , qui n’at-
« tribuera ce prétendu bruit à fade tie mastication? le bruit que l’on « entend de fort loin, et de jour comme de nuit, est celui naturel à ces « animaux quand ils sont en colère et quand ils se disputent la pâture; et il « ne faut pas croire que les roussettes ne mangent que la nuit. Elles ont « l’œil bon ainsi que l’odorat, elles voient très-bien le jour; il n’est point